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GRAVELAND - Immortal Pride (1998)
Par POSSOPO le 22 Mars 2007          Consultée 4113 fois

Comparer GRAVELAND à BATHORY, encore, toujours et à jamais. Comparer "Immortal Pride" à "Twilight Of The Gods". Hormis une ascendance fort différente, seuls de rares tenants du nationalisme de bazar actuel, dont (peut-être) Rob Darken lui-même, pouvant associer étroitement Suédois et Polonais, les deux orchestres comportent tant de traits communs que l’idée de la réincarnation du second en le premier ne peut être taxée de saugrenue, même par ceux qui ne croient nullement en ces foutaises mystico-religieuses. Après tout, les débuts de GRAVELAND datent précisément du décès du vrai BATHORY, et pas son ersatz thrasho-nul des années 90.

Les débuts des deux entités sont sombres et caverneux, le réveil pagano-historique de leurs leaders respectifs leur fait adopter une trajectoire ascendante qui les fera monter jusqu'aux cieux peuplés des dieux et héros de leurs mythologies respectives. Chez BATHORY, le décollage consiste en l’enregistrement de "Blood, Fire, Death", GRAVELAND quittera progressivement le sol fangeux du black primitif sur "Thousand Swords". "Hammerheart" n’est ni plus ni moins que le sommet discographique indiscutable de Quorthon. "Following The Voice Of Blood" est souvent cité, malgré une esthétique décourageante, comme la plus belle déclaration de guerre venue de Pologne. Et si "Twilight Of The Gods" marque l’aboutissement exagéré et décrié des envies viking de monsieur Forsberg, "Immortal Pride" clôt lui aussi la trilogie magnifique de son auteur. Rob Darken continuera dans une veine similaire mais ce quatrième véritable album marque la dernière évolution avant une stagnation accomplie quoique lassante.

"Twilight Of The Gods" manquait de l'acrimonie qui inondait les premiers opus et se focalisait trop sur des atmosphères antérieures à la bataille. Les guerriers vikings tombaient dans une routine contemplative. "Immortal Pride" ne perd pas sa volonté de croiser le fer, il préfigure un combat dantesque. Mais il semble totalement centré sur les préparatifs de l’assaut, un assaut de moins en moins barbare et spontané. Des heures sont passées à polir les armes, lustrer des pelures qui masquent des armures devenues de véritables pièces de technologie, coiffer les crinières de destriers qu’on croirait sortis d’un concours de beauté chevaline. Il suffit de noter la durée des pistes pour se rendre compte de l’inflation qui marque les deux opus. "Immortal Pride" ne comporte même que deux vrais morceaux, une intro de 120 secondes et une outro qui dépasse allègrement les 7 minutes.
"Twilight Of The Gods", n'a rien gardé des effluves noirs des premiers méfaits. Différence majeure, "Immortal Pride" conserve ce chant éraillé et sans ampleur, mais si caractéristique que son absence pourrait s’analyser comme une démission dommageable. Naturellement, les claviers ont pris de l’appétit, leur boulimie se voit plus encore en Pologne qu’en Suède, peut-être à cause d’une robe plus synthétique.
Tous les amateurs de GRAVELAND le savent, le groupe, qui n’est plus depuis longtemps composé que d’un membre unique (ce n'est pourtant pas le cas ici), a toujours connu une assise bancale. C’est justement cette imperfection permanente qui le rend si attachant. Les excès de pompe de l'album inquiètent le quidam, comme avant ce rythme emprunté…à la valse. Et cette pompe sera applaudie des deux mains par l’aficionado.

Incontestablement plus réussi que celui de BATHORY, le passage au 100% épique et païen se veut aussi plus brusque. Car "Following The Voice Of Blood" avait sa part de moins (notamment au niveau de la production) alors que le présent ouvrage n’est que du plus, emphase sublime et toujours guerrière. Et si vraiment vous caressiez l’idée de refuser de vous intéresser à ce disque, tâchez tout de même de jeter une oreille, même inattentive, sur les intros (l’outro n’étant rien d’autre qu’une intro renommée pour des raisons bien normales de sémantique) afin, je l’espère, de vous réconcilier avec cet exercice si particulier et si souvent bâclé.

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- Rob Darken (guitares, basse, claviers)
- Capricornus (batterie)


1. Intro (day Of Fury)
2. Sons Of Fire And Steel - Outro (servants Of War)
3. Sacrifice For Honour
4. Outro (to Die In Glory)



             



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