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EMOCORE  |  STUDIO

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ESCAPE THE FATE - Dying Is Your Latest Fashion (2006)
Par ORPHANAGE le 30 Novembre 2006          Consultée 3150 fois

"J'en appelle à tout le lycée! Si certaines personnes parmi vous sont intéréssées pour former un groupe de musique dans un style qu'on appelle Emocore, manifestez-vous, vous aurez tout le soutien de tonnes de labels qui se multiplieront de plus en plus au travers des mois, entièrement dévoués à la cause de ceux qu'on étiquette communément "mécheux". Mais méfiez-vous, il ne faut absolument pas que vous soyez originaux dans votre création musicale, si toutefois on pourra appeller cela création étant donné que vous vous calquerez tous les uns sur les autres! Par ailleurs, si vous êtes trop vieux, ça ne pourra pas coller, donc les redoublants peuvent partir tout de suite. Autre point important : vous serez un peu influencés par le Hardcore old-school pour donner à votre musique un minimum de Punch et d'authenticité, vous balancerez ça et là, si vous le voulez bien, quelques solos de guitares à double-voix inspirés du Heavy ou du Death Mélodique, et si votre chanteur a une voix trop éraillée...vous pouvez partir tout de suite. Il faut que sa voix soit aigue, très aigue, pas forcément juste, hein, et qu'elle fasse mal à la tête tellement il force dessus. Pour ce qui est des textes, vous parlerez majoritairement du monde teenager typiquement américain et des petites déboires sans intérêt qui peuplent votre quotidien. Je sous-entends bien sûr vos innombrables chagrins d'amour qui ont brisés vos petits coeurs siiiii fragiles! Enfin, point le plus important, car la musique n'est pas grand chose là-dedans, vous serez lookés EMO (ça y'est, le grand mot est lâché), c'est à dire que vous ne vous vêtirez que de vêtements beaucoup trop petits pour vous, quelles que soient les couleurs mais ne soyez pas rebutés par le rose, et vous vous coifferez en rabattant une mèche de cheveux plus longue que le reste de vos cheveux sur l'oeil qui lui est opposé. Ce sera tout. Mais...j'imagine que nombre d'entre vous savent déjà très bien de quoi il s'agit, quand je parle de tout cela."

Deux mois après cette annonce, environ 90 000 groupes étaient crées. Et pour une fois, l'autorité du proviseur n'avait pas été bafouée : tout le monde avait écouté à la lettre toutes les directives. Le look, les textes, la musique, tout y était, et l'"emocore" devenait un véritable marché, un phénomène impressionnant que des millions de passionnés suivaient, assoiffés d'énergie rythmique, de chants plaintifs et jeunes et de mélodies efficaces. Les jeunes SILVERSTEIN étaient parmi les plus plébiscités, ayant réussi à accrocher toute la génération en tenant la promesse de n'avoir aucune originalité dans ses chansons. FROM FIRST TO LAST ne s'en est pas mal sorti non plus puisqu'il a trouvé exactement ce que le proviseur voulait dire en parlant du look, et ils ont fait des émules autour d'eux, beaucoup plus que ce qu'on aurait pu imaginer. D'autres élèves se sont réunis sous des patronymes aussi divers et clichesques que BLEED THE DREAM, A HEARTWELL ENDING, A THORN FOR EVERY HEART, CHASING VICTORY, FROM AUTUMN TO ASHES ou encore A DAY TO REMEMBER. Tous des groupes emocore sonnant de manière très semblable, avec des univers graphiques et lyriques quasiment similaires, pourchassant le seul but de pondre en masse des mélodies faciles et accrocheuses, toujours accompagnées de guitares saturées mi-punk mi-hardcore mi-raisin.

Et on en arrive au cas qui nous intéresse ici, ESCAPE THE FATE, et il semblerait malgré tout que la moindre chose que l'on pouvait dire à leur sujet ait déjà été mentionné plus haut. Pourquoi? Parce que pour ceux qui ne seraient pas encore familiarisés avec cet univers, l'emocore tourne en rond, tout le temps, la conscience parfaitement tranquille. Toujours les mêmes mélodies entre dynamisme et mélancolie servies par trois/quatre accords Punk classiques, prévisibles jusqu'au bout des ongles. Toujours la mêmes structure des morceaux avec des refrains huilés juste comme il faut, un peu de hargne pour coller avec l'image quelque peu rebelle, une folie ponctuellement présente (sur cet album, on la perçoit du côté de "There's No Sympathy For The Dead", déjà présente sur le EP précédent, mais légèrement remaniée) et des choeurs vocaux parfois insupportables. Il ne faut pas aller chercher bien loin : ça peut s'avérer efficace de temps en temps, les mélodies sont bien menées quoique complètement téléphonées (sauf peut-être dans le cas de "The Day I Left The Womb", ballade peu intéressante, dans la veine d'un "Emily" de FROM FIRST TO LAST). ESCAPE THE FATE se looke façon nouvelle génération, 100% Emo avec quelques T-Shirts Iron Maiden pour faire plus trve, et c'est accablant pour moi de le dire, mais maintenant, il suffit de jeter un coup d'oeil à la photo d'un de ces groupes pour deviner ce que l'on va entendre si l'on écoute leur musique. Le suspense est minime : soit l'emo sera plus axée du côté de la Pop, avec des groupes comme THE AUDITION ou JUST SURRENDER, soit il intégrera des éléments plus Hardcore et Heavy, tel le font ESCAPE THE FATE, ATREYU et SILVERSTEIN. C'est triste de sombrer dans un conformisme si rébarbatif, de faire de la musique au kilo qui se consomme vite, à la manière du Fast Food. C'est ce que fait ESCAPE THE FATE. Vide, totalement prévisible, des qualités techniques indéniables mises au service de composition sans surprise, quoi qu'on en dise. Evidémment, il est tout à fait normal que l'on puisse apprécier : c'est sucré, ça capte l'oreille et on peut prendre du plaisir (notamment ici avec "The Webs We Weave", tube emocore obsédant), mais il ne faut pas souvent aller plus en profondeur.

Fort heureusement, des groupes axés Emo/Screamo (bien que ce terme, finalement, ne semble plus signifier grand chose) parviennent à donner beaucoup plus, à véhiculer des choses plus intéressantes et fouillées, tels I WOULD SET MYSELF ON FIRE FOR YOU ou (feu-?)FUNERAL DINNER. En tous les cas, ESCAPE THE FATE n'en est qu'un parmi tant d'autres, ayant peut-être l'infime mérite d'être plus énergique et efficace. Not another teen movie!

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- Ronnie Radke (chant)
- Max Green (basse, chant)
- Omar Espinosa (guitare, chant)
- Brian 'monte' Money (guitare, chant)
- Robert Ortiz (batterie)


1. The Webs We Weave
2. When I Go Out, I Want To Go Out On A Chariot Of Fi
3. Situations
4. The Guillotine
5. Reverse This Curse
6. Cellar Door
7. Theres No Sympathy For The Dead
8. My Apocalypse
9. Friends And Alibis
10. Not Good Enough For Truth In Cliche
11. The Day I Left The Womb



             



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