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POP ROCK / METAL  |  STUDIO

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1991 Blood Sugar Sex Magik
2002 By The Way
2006 Stadium Arcadium
2011 I'm With You
 

 Rhcp France (530)

RED HOT CHILI PEPPERS - By The Way (2002)
Par BAAZBAAZ le 22 Juin 2006          Consultée 7939 fois
Bien sûr, ce n’est plus du métal. Depuis "Californication", les Red Hot sont partis explorer d’autres territoires ; ils sont partis en voyage, loin, très loin. En chemin, ils ont croisé les Beatles et les Beach Boys, et ils ont goûté à leur contact les plaisirs autrefois interdits d’une pop colorée et subtile, certes plus accessible que la musique bruyante d’antan, mais également gracieuse et nuancée. Et sûrement pas plus commerciale. Car c’est tout un bataillon de fans qui est pris ici à contre-pied. Ces fans dont aucun groupe ne veut : ceux qui ne changent pas, qui n’évoluent jamais ; ceux qui réclament toujours le même disque, la même musique. Ceux-là, les Red Hot les ont laissé en plan, quelque part derrière eux. Leur voyage les a emmené hors de portée des esprits chagrins, des réactionnaires, des ayatollahs du gros riff qui tâche. C’est à d’autres fans qu’ils s’adressent à présent : ceux qui ont vieilli, qui ne se font plus avoir par des concepts fumeux – la « fusion » pour décérébrés – et qui attendent à présent de la part d’un groupe aussi talentueux des cadeaux bien plus raffinés et exigeants. Ce n’est plus du métal, juste de la pop. De la pop immense.

La complexité des arrangements, la richesse du son et la densité des émotions font de ce disque l’œuvre d’un groupe qui, arrivé à maturité, libéré par le succès des codes et des contraintes, peut laisser errer son imagination, sa créativité et surtout une formidable inspiration parsemée de trouvailles incessantes. Dans "By The Way", il y a des joyaux entrés par la grande porte dans l’histoire de la pop : "Dosed", cette incroyable merveille, est une pièce d’orfèvrerie qui évoque les KINKS, un instant de grâce absolue qui, à la millième écoute, plonge toujours dans le même état d’incrédulité. Évidemment, ce n’est pas une ballade. Pas que plus que "The Zephyr Song", cette sorte de miracle d’une délicatesse et d’une pureté inouïes. Découvrir pour la première fois ces chansons, c’est – enfin – approcher, même de loin, la sensation d’effroi mêlée d’hébétude et de gratitude qu’a pu être à une autre époque la découverte de "Eleanor Rigby", de "Waterloo Sunset" ou de "Sloop John B" : ces forteresses musicales qui, depuis des années, recèlent encore des trésors cachés. Et qui sont autant de pierres tombales dressées sur les cadavres des concurrents. Finalement, après tant d’albums, les Red Hot ont approché le génie.

Faut-il préciser que "Can’t Stop" est un tube hallucinant ? Le tube parfait, clinquant et chatoyant, mais aussi d’une tristesse sans nom quand survient sa petite cassure rythmique. Quelque chose d’impensable. Et des sons, des sons inépuisables, superposés, cachés dans les moindres recoins, soudain révélés par une écoute attentive et aussitôt perdus, envolés pour laisser place à d’autres. C’est aussi ce qui fâche : ce disque est souvent dansant et entraînant, mais il demande surtout de la concentration. C’est un disque qui s’écoute au casque. Au calme. Et qui nécessite la perception attentive d’une musique minutieuse. Difficile de secouer la tête ou de s’exciter avec "By The Way" : ces chansons-là demandent à être scrutées. Et le temps d’un "Venice Queen", d’une intro en clair-obscur, un peu mélancolique, puis d’un chant maîtrisé et sobre, on se perd dans la contemplation intemporelle de mélodies qui dévoilent des formes, des images et des couleurs. Cette chanson, la toute dernière, achève dans un souffle un album long, dans lequel on peut se perdre facilement, mais où chaque seconde est absolument cruciale. On hoche un peu la tête, et on écoute, on écoute, on écoute encore.

Ce qui frappe est la fraîcheur des compositions. Les Red Hot en sont à leur troisième vie ; à la troisième phase d’une carrière où ils sont parvenus à conquérir des publics très différents. Mais ce qu’ils écrivent n’a rien des gribouillis indiscernables de ces METALLICA – ou de ces U2 – empêtrés au chevet d’un talent à l’agonie. On assiste plutôt à une sorte d’épure, comme si le groupe allait à présent à l’essentiel, et qu’il finissait d’accomplir le polissage patient et méticuleux d’un style qui trouve enfin sa pleine perfection. Comme si tout ce qui avait été fait jusqu’à maintenant n’avait servi que d’expérience en vue d’un seul et unique résultat : "By The Way". Et si cela impliquait pour y arriver de troquer les grosses guitares et les riffs empesés contre ces myriades de sons, contre toutes ces petites constellations musicales égrenées une à une, alors oui, tant mieux. Ce groupe est devenu meilleur au fur et à mesure que sa musique se faisait plus douce et plus légère. Jusqu’à atteindre ce point de non retour, ce moment furtif où son art, devenu presque transparent, a flotté loin hors de porté des critiques, des avis à l’emporte-pièce, des genres codifiés et de leurs carcans rigides.

Des années plus tard, il est encore trop tôt pour juger ce disque. Dans dix ou vingt ans, peut-être.




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   (2 chroniques)



- Anthony Kiedis (chant)
- Flea (basse)
- John Frusciante (guitare)
- Chad Smith (batterie)


1. By The Way
2. Universally Speaking
3. This Is The Place
4. Dosed
5. Don't Forget Me
6. The Zephyr Song
7. Can't Stop
8. I Could Die For You
9. Midnight
10. Throw Away Your Television
11. Cabron
12. Tear
13. On Mercury
14. Minor Thing
15. Warm Tape
16. Venice Queen



             



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