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FOLK ACOUSTIQUE  |  STUDIO

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1999 Kauan
2002 Väre
2006 Maaäet
1999 Airut:ciwi

TENHI - Maaäet (2006)
Par MOX le 23 Avril 2006          Consultée 2849 fois

Peu de nouvelles disponibles sur le prochain effort de Tenhi. « Väre » a plus de 3 ans, et depuis ? Depuis, les membres de la formation finlandaise ont décidé de lancer un autre projet, intitulé « Harmaa », dont le premier album est sorti fin 2004. Et il faut absolument que j’y jette une oreille. Mais concernant Tenhi… « Maaäet » s’est déclaré assez brutalement, et la nouvelle est aussi bonne que le contenant.

Pour autant, Tenhi n’est pas un groupe à surprise, les idées sont réutilisées, les rythmes, l’ambiance et les histoires aussi. Le groupe est acoustique, encore une fois. Cependant, Tenhi admet quelques variations, les principales étant : la disparition plutôt étonnante de la flûte (une quasi-totale disparition) et la baisse générale du tempo. Qui plus est, l’importance que vient de prendre le piano sur « Maaäet » renvoie nécessairement à « Kauan », chose qui n’est pas pour me déplaire. Mais quoiqu’il en soit, et même si la musique de Tenhi est toujours folklorique, on ne peut définitivement pas se lancer dans son écoute espérant des rythmiques qu’elles vous paraissent « festives », ou « joyeuses ». L’approche est ici bien plus subtile, bien plus calme. Ou plutôt : encore plus subtile.

« Maaäet » est d’une quiétude incroyable. La batterie se manifeste de moins en moins, les chœurs également. Le chant en a profité pour se rapprocher davantage du micro, il susurre à l’oreille, au choix, des psalmodiements ou des complaintes, calme comme s’il était en fin de vie, gardant l’auditeur près de lui en chuchotant et en laissant s’échapper les bruits de lèvres et de langue du mécanisme de la parole. En l’absence de la flûte, le piano prend ses aises, responsable de l’atmosphère grisâtre que Tenhi dépeint, et des ambiances nocturnes le reste du temps. De manière générale, « Maaäet » évite scrupuleusement les mélodies plus claires, plus ensoleillées. « Rannalta Haettu » conclut l’album sur cette note, « Salain » est, lui, légèrement matinal.

Le reste est apaisant et étrange. On retrouve certes ces mélodies désespérément tristes bâties par le piano, mais on se sent davantage happé par le concept, plus abouti car plus riche, plus changeant et plus varié. Les morceaux prennent diverses formes de folklore, la procession mortuaire, l’incantation, le chant pur et simple. Mais tout est embelli par une teinte moribonde et un langage incompréhensible, comme si on découvrait d’un œil intrigué les rites, les traditions d’un village paumé à la population vieillissante. Toutefois, comme annoncé plus haut, pas de surprise chez Tenhi. Et cette divagation pourrait parfaitement être celle déclenchée à l’écoute de « Kauan », ou « Väre ». Ici, Tenhi traîne moins de fausses notes (moins que sur « Väre », sans doute), alterne les titres d’une lenteur et d’un minimalisme terrible avec ceux plus fouillés et plus rythmés.

On déplorera quelques répétitions, d’accord. Mais l’ensemble abonde de musiques ingénieuses et jamais lourdes. Violons, guitares, piano et chant sont ou non de concert pour concevoir autant de systèmes classiques (couplets doux/refrain plus enjoué) que de schémas plus complexes. Y incorporer l’adjectif « ambient » me semble plutôt inapproprié, et ce même si Tenhi tend à tout diminuer. « Maaäet » est encore trop « descriptif », ce coup-ci. En outre, c’est en y étant attentif que l’on finit par saisir la diversité. Et ainsi le voyage devient intéressant.

Du fait de la réussite dont bénéficient la plupart des mélodies de « Maaäet », Tenhi ne tourne pas en rond. Mais encore une fois, il ne se renouvelle pas. On peut craindre, à juste titre, que cette musique tranquille et lointaine ne suffise plus à insuffler un air neuf aux poumons de la formation. Ce ne sera pas pour maintenant. Ici, on s’en délecte encore.

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- Tyko Saarikko (chant, guitares)
- Ilkka Salminen (chant, guitares)
- Ilmari Issakainen (batterie, basse)
- Eleonora Lundell (alto)
- Janina Lehto (flûte)
- Inka Eerola (violon)
- Jaakko Hilppö (basse)
- Kirsikka (violoncelle)


1. Varpuspäivä
2. Kuoppa
3. Kuulut Kesiin
4. Salain
5. Viimeiseen
6. Vähäinen Violetissa
7. Sarastuskävijä
8. Maa Syttyy
9. Tuulenkaato
10. Aatos
11. Uuvu Oravan Luu
12. Rannalta Haettu



             



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