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PELICAN - March Into The Sea (2005)
Par MOX le 30 Juin 2006          Consultée 1488 fois

« Australasia » a fait propager plutôt rapidement le nom de Pelican. Au point que l’on puisse lire ici et là le guitariste Laurent Lebec décréter « we’re a fucking triumphant band ». Et dans l’attente de leur second effort, un EP à balancer aux morfales c’est « du coq au vin pour un poivrot ». C’est donc chose faite, il s’apprécie en avant-goût de l’album et s’accompagne d’un remix pour le moins étrange présidé par Justin Broadrick (GODFLESH, et désormais JESU) avec lequel le groupe a tourné en 2004 (je n’en sais guère plus concernant leur collaboration et à vrai dire ce n’est pas d’une importance capitale). Alors finalement, si j’en suis mon raisonnement qui vise à décrier ce système d’EPs lorsqu’ils ne proposent rien de frais, « March into the Sea » ne devrait avoir pour une unique critique que son inutilité. Hé bien, cette fois-ci, on ne me verra pas venir à 3km à la ronde. Puisqu’utile, il l’est. Pourquoi ?

Premier élément de réponse : « March into the Sea » est réintroduit dans l’album que cet EP annonce. Certes, mais la version sera différente. Tronquée, en vérité. Ici, Pelican laisse vivre le morceau une vingtaine de minutes, sorte d’organisme à deux faces plus que distinctes qui, pour tout dire, se laisse davantage mourir. Le son chaud, cru et granuleux, cloîtrant les guitares derrière un mur de saturation, dont usait le groupe sur « Australasia » répond encore à l’appel, mais il finit par être occulté par une longue agonie acoustique qui évoque alors l’idée générale qui aurait pu passer inaperçue : tout est en progression dans la lenteur bien qu’elle ne puisse être comparée à celle régissant « Australasia ». En d’autres termes, « March into the Sea » prouve que le groupe change. Même s’il subsiste ces breaks mélodiques poignants, Pelican se nourrit de riffs à tiroirs, incruste bien plus de variations, accélère le tempo. De cette manière, il est plus vivant. Et en conséquence, on y perd en « subtilité », on met au devant l’aspect « stoner ». Le groupe commence à échanger les incroyables mélodies d’ « Australasia » qui lorgnaient sur le cafardeux contre une maîtrise du rythme et des progressions. Et c’est à ce sujet que « March into the Sea » a quelque chose d’envoûtant, même si la seconde partie acoustique et son accalmie très étalée finit par lasser (c’est à ce sujet celle-là même qui fut supprimée sur la version LP), même si les riffs sont définitivement moins inspirés, ce concept de ralentissement touche.

Deuxième élément de réponse : Justin Broadrick s’accapare le déjà-entendu « Angel Tears », le broie à l’aide du système JESU et le présente comme un remix. Et c’est tel qu’il devrait être appelé, puisqu’en aucun cas Broadrick n’en a fait une « cover ». Il s’est essentiellement concentré sur LE riff du morceau et l’a habillé de tous les apparats classiques de l’entité JESU, jouant avec et s’évertuant tout autant à laisser une rythmique électro ou indus qu’à gorger le titre de notes cristallines, de sons blancs, presque « purs ». Tout y est plus étouffé et étouffant, les guitares débarrassées de leur côté organique, batterie industrialisée, riff traduit par un synthé. L’écoute au casque est, à ce sujet, obligatoire tant le morceau revêt une teinte plus personnelle que celle portée par Pelican. Le système JESU manque de peu la réussite, la géniale alliance d’instruments martiaux et de notes plus innocentes étant alourdie d’une certaine répétitivité, chose assez fréquente quand on tente le « remix ». L’idée était intéressante, vraiment.

Finalement, si j’estime que « March into the Sea » est l’un des rares titres réellement enthousiasmants de « The Fire in our Throats will Beckon the Thaw », que Broadrick s’apparente à la pierre philosophale (ah, on me souffle à l’oreille que j’exagère) et que Pelican gagne à être concis, cet EP a alors toute raison d’être. Mais soyons clairs, la relative mutation que le groupe entame ici n’est pas spécialement pour me plaire.

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- Laurent Lebec (guitares)
- Trevor De Brauw (guitares)
- Larry Herweg (batterie)
- Bryan Herweg (basse)


1. March Into The Sea
2. Angel Tears (remix Par Justin Broadrick)



             



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