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METAL PROG  |  STUDIO

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SPHERIC UNIVERSE EXPERIENCE - Mental Torments (2005)
Par JULIEN le 24 Mai 2005          Consultée 4424 fois

Je vous vois venir, avec vos gros sabots ! Un groupe de Prog composé de jeunes musiciens férus de technique et choisissant un patronyme évoquant LIQUID TENSION EXPERIMENT, des influences assez nettes, et allant chercher - tiens donc -, du côté de DREAM THEATER et surtout de LTE, avec une légère pointe VANDEN PLAS... et qui plus est, un groupe qui a trouvé à se faire signer par un label intitulé « Replica Records »... Comment, en effet, ne pas déjà discerner les vagissements des banshees ? « Bouh, les vilains copieurs », « Arf, zéro originalité, rien de révolutionnaire, allez hop, une étoile et encore », « quatre étoiles pour des émules de DREAM THEATER, l’a pété un boulard de plus, le pauvre schtroumpf noir »... Alors oui, mesdames et messieurs, saisi d’un grand élan prophylactique, et certain de déclencher moults réflexions avec la note élevée (et justifiée) que j’octroie à ce premier album (et on sait bien qu’un premier album, eh bien c’est farçi de bonnes grosses cuillerées d’influences pétantes d’immaturité)... eh bien je choisis d’annoncer la couleur d’entrée, et de pointer avec vous tous les éléments pouvant desservir SPHERIC UNIVERSE EXPERIENCE (que j’épelerai dorénavant S.U.E.). Ca y est, les pulsions ont trouvé à s’exprimer ? Ca va mieux ? Bien ! Et maintenant, si on s’arrogeait, benoîtement, le droit d’en découdre plus profondément avec ce « Mental Torment », histoire de poinçonner les esprits chagrins ? Hum ?

S.U.E. donc. Sous ce nom complexe, se cache rien moins, à mon sens, que l’un des plus beaux fleurons récents d’un Metal Progressif de haute volée, éminemment pénétré de l’influence des maîtres pré-cités, évoluant dans les sphères (tiens donc !) d’un certain classicisme, le tout nimbé d’une belle inspiration, non dénuée d’étincelles discrètes d’originalité, à commencer par la place importante laissée au piano, sans omettre le surgissement bienvenu de pertinentes influences Jazzy... La chose, donc, s’expatrie en des terres précédemment foulées par DREAM THEATER & co., lorsqu’une frénésie plus ou moins expérimentale ne se faisait pas encore le héraut des piliers du genre. Et S.U.E. de balayer ainsi un champ musical somme toute peu aventureux, mais de le faire avec une conviction, une passion, et un soin dont l’assurance se dispute l’élégance et l’allant de musiciens solidement armés pour ferrayer avec les meilleurs, sans pour autant se fourvoyer dans la quête stérile d’une démonstration délétère. On ne le dira jamais assez : la profusion technique, nonobstant le carburant narcissique qu’elle fait se déverser dans le réserveoir égotiste des musiciens, demeure un combustible aux allures de virus, plombant les ailes de ceux qui veulent grimper trop vite, trop haut... Tout le monde n’a pas le génie chevillé à l’âme, et les ATHEIST, DEATH et CYNIC (pour ce qui est de l’univers Death), faisant écho aux DREAM THEATER, SYMPHONY X, ARK, FATES WARNING et autres SHADOW GALLERY, sont de ces esthètes de la technique, possédant la clairvoyance de l’usager non aliéné à sa créature dévorée d’ambition. Et à ce petit jeu commandant à l’esprit une juste mesure, sans pour autant retrancher sur des exigences instrumentales supérieures à la norme, les talentueux artistes de S.U.E. adoptent une allure raisonnée (démonstration très convaincante sur l'excellent instrumental cyclothymique "Burning Box Gala", mêlant le LTE de "Acid Rain", un riff à la SAVATAGE période "Sirens" et même une éphémère touche ANDROMEDA) !

Soyons clairs : S.U.E., sans démordre de sa technicité réelle, privilégie avant tout la mise en scène d’un Prog Metal charmeur, possédant quelque chose d’une caresse visuelle. La fraîcheur est là, elle se love dans les plis et replis d’une musique de qualité, magistralement illustrée d’une pochette bleutée, estampillée d’un logo simple et élégant : à l’image de son costume de gala, S.U.E. fait l’étalage ici, avec ce « Mental Torment », d’une foi renouvellée en un Prog qui serait avant tout le passeur des âmes vers une monde où la compétence musicale s’énoncerait comme instrument privilégié d’un voyage embelli d’émotion, que celle–ci se pare de douceur (l'entame entêtante et mid-tempo "So Cold" avec solo Dream-Theaterien en diable et notes aïguës bluffantes, l’attachant "Now Or Never" aux saccades et hâchures assez amusantes, découpant un morceau soutenu de pianos et claviers divers, ou la petite merveille apaisante qu’est "Echoes Of The Stars", en guise de clôture), se fasse le théâtre d’une étrange euphorie pleine de vitalité (la petite pépite instrumentale "Halleygretto", vivace et truffée de pianos, pépiant une mélodie irrésisitible, tressée de sourires, tels le "Cartoon Parade" du RUDESS-MORGENSTERN PROJECT), quand elle ne vient pas à se profiler, au contraire, sur un mur pavé d’ombres menaçantes ("Saturated Brain" et son orgue, un envoûtant "Moonlight", la pièce épique "Mental Torments")... avec toutefois, quelque soit le sentiment affiché, la prédominance de cette teinte bleutée, tombant en une fine pluie sur un album trouvant là un fil conducteur nouant alliance avec l’enveloppant élément aquatique.

Mais l’on ne saurait fournir un avis sur cette œuvre inaugurale sans dire quelques mots au sujet des musiciens... et tout particulièrement sur l’élément en charge d’une tâche que l’on pourrait croire la plus ingrate, dans ce genre musical : le chanteur ! Eh oui, au milieu de ces cataractes de notes prodigues, le vocaliste peut sembler égaré, abandonné sur le radeau de la méduse, dépouillé de ses occupants par quelque pérégrination neptunienne... et là, gageons qu’avec Franck Garcia, S.U.E. a déniché la perle rare, celle qui sait s’attirer jusqu’aux calins de Vénus : Brillant dans les aigus, qu’il n’emmène jamais au point de non retour, ne rechignant pas à serrer les dents pour mieux nous abreuver de puissance, voire même de rage, suffisamment lyrique sans verser dans le pathos, ce jeune chanteur a tout, pour moi, d’un futur grand : sans être magistralement originale, sa voix sonne juste, ne faillit jamais, et offre à la musique le superbe argument dont elle avait besoin pour mieux se mettre encore en valeur, soulagée qu’elle est de n'avoir pas à compenser par l'office de ses instrumentistes les incartades d’un vocaliste maladroit !

Après tant d’éloges, l’on attendrait de ma part quelque front critique... Le premier paragraphe de cette chronique s’éprend de cette vocation. Je ne reviendrai donc pas sur les points exposés plus haut, et que je maintiens face au courant de l’enthousiasme... je concluerais seulement en vous confiant une dernière remarque : S.U.E. souffre d’un défaut non évoqué jusqu’ici : il s'agit d’une formation... française ! Eh oui : le production est franchement à la hauteur (mixage assuré par Tommy Hansen, qui n’est pas le premier venu), le chanteur a pris des cours en anglais afin de gommer les stigmates français, parfois encore persistants, concernant la question de la « prononciation »... l’emballage même du disque est remarquable, le label accueillant les soixante deux minutes de ce premier album n’œuvre pas vraiment dans l’underground, et de grands noms contribuent aux chœurs sur ce disque : Lars Larsen (MANTICORA) et Finn Zierler (génial leader du non moins génial BEYOND TWILIGHT, également signé sur Replica)... mais pourtant, demeure toujours en moi cette angoisse de voir une telle sortie injustement galvaudée, boudée en raison de son origine géographique.

Alors de grâce : si vous aimez le Prog tel que pouvait le pratiquer le DREAM THEATER d’antan et, surtout, L.T.E., tout en cherchant avant tout l'émotion ; si vous voulez découvrir de jeunes et talentueux musiciens et un chanteur impressionnant ; si vous n’attendez pas de chaque album de Prog qu’il révolutionne l’univers Metal, alors tentez l’excellente expérience de l’univers sphérique, et combattez bravement la malédiction française, qui jette trop de formations méritantes (par exemple, l'énorme espoir Black Prog mélodique et médiéval ARTEFACT, dont le batteur Nico Muller, alias Ranko, s'occupe aussi désormais des futs de S.U.E.) dans l’ombre de grosses cavaleries européennes ou américaines, pas forcément plus inspirées. Et guettez le deuxième album du groupe, dont S.U.E. nous a promis qu'il offrirait davantage d’originalité. Jeunes gens, j'attends ça avec impatience !

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   JULIEN

 
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- Franck Garcia (chant)
- Vince Benaim (guitare)
- John Drai (basse)
- Fred Colombo (claviers)
- Volodia Brice (batterie)


1. So Cold
2. Now Or Never
3. Burning Box Gala
4. Saturated Brain
5. Moonlight
6. Halleygretto
7. Mental Torments
8. Echoes Of The Stars



             



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