Recherche avancée       Liste groupes



      
DOOM METAL  |  STUDIO

Lexique doom metal
L' auteur
Acheter Cet Album
 


MY SHAMEFUL - ...of Dust (2004)
Par MOX le 22 Février 2005          Consultée 1457 fois

L’honneur est sauf car je ne commencerai pas par ma sempiternelle tirade sur les a priori, sur le jugement hâtif que tout un chacun est en droit de faire partager, après avoir examiné la pochette et lu les paroles. Non, pas cette fois-ci. Mais vous me tentez tout de même. Et My Shameful me tente également, si bien que j’y vais de ma petite remarque une fois encore.

QUIZZ ! Que joue « Disgorge » ? DING ! Du brutal death/grind!
QUIZZ ! Que joue « Lord Belial » ? DING ! Du black-metal !
QUIZZ ! Que joue « My Shameful » ? DING ! Du doom, bien évidemment!

Jusqu’ici, vous suivez ma haute argumentation ? Excellent. Et comme de bien entendu, ce sont des Finlandais évoluant à peu près dans un style très prisé en ces jours : le doom/death. Tout le monde y va de sa petite sauce, n’apportant vraiment rien au genre, ressassant les mêmes mélancolies au moyen de mélodies honteusement, oui honteusement, récupérées des grands Anglais, et ce sans Royalties… Mais je m’en vais tout de suite modérer mon propos, et reconnaître à ce quasi one-man-band une certaine volonté d’agrémenter son deuxième album de notes plus funéraires et/ou plus folles, proposant ainsi un style peu évident à décortiquer car poursuivant plusieurs lièvres à la fois. Et comme beaucoup de ses compagnons de misère, Sami Rautio ne possède pas le don d’ubiquité.

Je n’hésiterai pas, après déjà tant d’éloges pourtant, à sanctionner le chant, horripilant. Bien qu’il varie entre murmures d’un agonisant et voix gutturales très brouillées à la ESOTERIC, il n’excelle dans aucun de ces domaines et se fait même trop présent. Je terminerai sur ce point en précisant les maladresses de mélange, ce chant flou s’accordant bien peu aux passages mélancoliques que My Shameful essaie d’installer. Amateur de plusieurs écoles, Sami Rautio ballade l’auditeur en terres globalement sombres, mais ici mortuaires, ici tristes et ici expérimentales. Il conjugue la basse solitaire, lourde et vrombissante déjà entendue chez ces mêmes ESOTERIC avec des riffs bruts sans effet, puis des claviers plus tristes. Deux phases nécessairement non-miscibles (« Your Darkness Shine »). Puis ce sera quelques débuts de morceaux, remerciant MY DYING BRIDE (hé oui, à de rares moments) et MOURNING BELOVETH de créer d’aussi belles mélodies (« One Lost » et « I Found Nothing Sacred »). On appréciera autant la conclusion mélancolique de l’un que le rythme statique effarant de l’autre.

« …of Dust » n’est pas homogène, plaît dans ces passages envoûtants où les guitares entament une musique funèbre, accompagnées de claviers lointains à la SKEPTICISM, endort pendant ces trop nombreuses 6 minutes où rien n’avance. On s’étonne même que le Finlandais ait pu pondre une musique répétitive juste avant un titre quasiment expérimental, vagabondant entre violon et drôles d’accélérations, créant ainsi une atmosphère inquiétante, apanage du meilleur funeral doom. Rythme mourant, claviers cristallins évitant l’écueil du lyrisme pré-funéraire à 2 sous, puis rythme désaxé, guitares molles et distordues, My Shameful se perd, ou cherche à perdre quelqu’un qui comprend relativement vite qu’on ramasse ses cailloux après lui. Faisant demi-tour, refusant le jeu trop épars du solitaire Finlandais, accepte au final de ne se laisser emporter qu’à une ou deux reprises, pour peu que quelques notes directement inspirées de l’école anglaise ne vous effraient plus. De toute manière, je le reconnais, il n’en abuse pas.

En outre, le sieur abuse de textes personnels, tartine ses ôdes de première personne du singulier et de pronoms personnels du même acabit, et comble de tout : seuls deux titres n’évoquent aucun « Darkness » ou « Dark ». C’est à ce point lourd. Et c’est à mon goût une véritable faute, car comment peut-on manquer d’imagination en évoluant en terrain si fertile en détresse ? Textes et chant formant ainsi deux jolis points noirs, je lui conseille de soigner sa mauvaise peau, et ensuite il se permet, puisque si de telles erreurs ne sont plus à déplorer, parions sur un style qui, même s’il ne se définit pas bien lui-même, pourra être apprécié de bout en bout, multipliant les expériences mais envoûtant continuellement le passager.

A lire aussi en DOOM METAL par MOX :


MY DYING BRIDE
The Light At The End Of The World (1999)
Doom metal

(+ 1 kro-express)



SKEPTICISM
Farmakon (2003)
Doom metal

(+ 1 kro-express)

Marquez et partagez




 
   MOX

 
  N/A



- Sami Rautio (chant, guitares, claviers)
- Mark Napier (batterie)


1. ...of Dust
2. And Waters Will Close
3. Your Darkness Shine
4. One Lost
5. I Found Nothing Sacred
6. These Empty Rooms
7. Disappointment
8. To Never Return



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod