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BLACK METAL  |  STUDIO

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ANCIENT - Mad Grandiose Bloodfiends (1997)
Par JULIEN le 18 Février 2005          Consultée 2587 fois

Il était une fois, quelque part au sein de la glaciale Norvège, un petit garçon dénommé Aphazel, et qui se sentait animé d’une farouche volonté : écrire des histoires en musique... des histoires sombres, avec des loups, des anges déchus et des choses grouillantes. Ainsi le petit garçon entreprit d’écrire tout plein de choses noires et effrayantes qu’on appelle Black Metal. Il faut dire que le petit garçon était très énervé car tout le monde l’appelait Azrael, et qu’il n’aimait pas beaucoup qu’on le compare à un vilain matou miteux... qui n’était même pas noir en plus ! Ventre saint gris ! Les faquins se prêtant à la moquerie se voyaient, de fait, systématiquement réprimandés par l’administration d’un coup de boule qui fait « clop » en fracassant les boîtes crâniennes. Et comme Aphazel avait en plus mauvais caractère, il tenait à ce que le malotru ressente une sévère correction. Vous savez donc maintenant pourquoi Aphazel porte toujours ce curieux et contondant casque sur sa tête pleine de cheveux noires...

Bref, marmot turbulent et toujours habillé comme s’il faisait sa lessive dans un tonneau de pétrole, Aphazel était prêt à se mêler à toute la clique de garnements norvégiens peu affables qui avaient eux aussi choisi la voie du Black. Il composa alors le magistral « Svartalvheim », qui lui apporta crédibilité et reconnaissance. Mais Aphazel était un être fantasque, et il voulait quitter les zones insalubres de son donjon. Il s’empara alors d’une grande barque, y jeta quelques provisions, et muscla ses petits bras en ramant jusqu’aux Etats-Unis où il célébra son exil en enregistrant « The Cainian Chronicles ». Et il avait trouvé avec Lord Kaïaphas un compagnon chanteur de fortune avec qui partager ses sombres réflexions. Après « The Cainian chronicle », il prépara ainsi son troisième disque, « Mad Grandiose Bloodfiends ». Et il s’en montra si fier qu’il posa sur sa pochette avec ses petits copains de galère, portant un toast à leur victoire acharnée sur les difficultés de la création, et accessoirement sur le bestiaire sauvage du studio où l’enregistrement se réalisa. Ce qui peut expliquer le son si particulier, très aigrelet et effilé de ce disque (CRADLE OF FILTH a certainement eu le même problème pour son « Cruelty And The Beast ») : A force de s’épuiser à traquer la bestiole indésirable, les guerriers ANCIENT en ont probablement oublié de surveiller le mix et de pousser les boutons des fréquences graves ! Il faut dire qu’il y avait de quoi faire, entre les araignées sanglantes à poil drues et crocs vermillons (une bestiole qui galope à une belle vitesse folle, comme l’atteste "A Mad Blood Scenario" et ses attaques excellentes et vives, agrémentées de période d’observations atmosphériques sinistres et gothiques), les terribles cafards à salive empoisonnée (de quoi verser dans un délire hallucinogène, comme le démontre "Um Sonho Psycodelico", addictif et hypnotique avec son rythme et ses œillades Heavy), sans oublier bien sûr la terrible armée des souris de l’enfer suceuses de sang (de farouches adversaires, occis en recourant à des arguments bien Metal et vivaces comme l’évoque "The Draining"... ça bouge vite ces petites bêtes). Et je ne parle même pas du Boss, le chat Hector The Predator, le redoutable chat roux régnant en despote sur les lieux... un chat qui, par sa ressemblance troublante avec Azrael, réveilla les traumatismes d’Aphazel, au point que le garçon faillit en perdre la boule ! Il se revit même se faire gronder par l'Abbé Nédiction, le prêtre de sa paroisse (lorsqu'il était au catéchisme, Aphazel aimait bien remplacer les cierges par des pétards peints en blancs, histoire de manifester bruyamment son amour pour le seigneur...), celui qui avait de gros "Blackeyes"... et Aphazel se mit frénétiquement à composer, à la suite du Laïus du vilain bonhomme ensoutané, un étonnant morceau obsédant, tordu et empli de claviers, de vocaux écorchées, et même d’une passerelle vers l’univers happant de douces ténèbres ! Inquiet, Lord Kaïaphas le tira alors de cette situation périlleuse en lui faisant croiser le regard de la vénéneuse beauté d’un femme envoûtante (Aphazel composa "Sleeping Princess Of The Arges" en son honneur, une intrigante mais séduisante composition dodelinant sur un fil carmin et presque sensuel).

Aphazel semblait troublé... mais au moins paraissait-il sauvé du bad trip ! C’était sans compter sur le départ de cette femme, choquée par les habitudes alimentaires du garçon, qui fermaient toute porte à l’entreprise d’un repas gothique à la lueur d’une chandelle (Aphazel se nourrissait exclusivement de Pizza "Neptune" en écoutant de longues plages atmosphériques de synthés et de guitares acoustiques... quel manque de tact). Ce départ inopiné le vit sombrer dans une curieuse nostalgie de sa terre natale, où surgirent jadis les circonstances du trauma azraelien (les accents très Black norvégien du superbe et emphatique "Her Northern Majesty", avec son solo final lancinant) ! Il fallut bien toutes les incantations rituelles de Lord Kaïaphas pour extirper le malheureux garçonnet des rets maléfiques du félin rouquin (la séance d’exorcisme a été capturée pour l’histoire sur le tribal "5" !) ! Aphazel put dès lors se remettre au travail, et préparer de nouveaux morceaux... qui conserveraient une patte déroutante et originale, probable vestige psychique d’une expérience qui laissa des traces (l'excellent et gothique "Willothewhisp", romantique et lent, un bien Metal "The Emerald Tablet" avec ses hallucinations verbales féminines menaçantes soutenues de claviers tournoyant dans l’air gris moucheté de charbon).

Mais Aphazel était désormais possédé... En secret, l’esprit de la jeune femme prenait la place du traumatisme ourdi par Azrael (et ravivé par Hector The Predator), transférant les investissements phobiques d’Aphazel depuis le chat roux jusqu’à la grâce féminine insidieuse de cette créature. Et il suffit à Aphazel de sortir quelques instants du studio pour y quêter quelques nourritures plus convenable (on a parlé d’un roti de Rennes au chocolat amer, sauce crème de roquefort et champignon, mais ça reste une rumeur...) pour que se tisse la conjoncture d’une nouvelle péripétie : Paf, un joli minois dans la rue qui lui rappelait la précédente muse, et bim bam boum Aphazel se prenait les pieds dans une bouche d’égout, se vautrant lamentablement sur la chaussée dans un splash ! d’eau croupie. Emue et empathique, la jeune femme se précipitait à son secours et délivra attention et réconfort au pauvre Aphazel... qui en était tout retourné ! Devant un corps vierge de toute blessure, la jeune merveille au regard de braise s’éloigna, abandonnant Aphazel au bourgonnement d’un sentiment douloureux... Fichtre, le gaillard était de nouveau amoureux ! Il fila dès lors enregistrer le plus lent et riche "Hecate My Love And Lust" avec sa pointe sympho, son solo en pleurs de saturation et ses « I Love You » bestiaux pour conclure. Pourquoi Hecate ? Parce que la rencontre se fit à la faveur de la lueur complice de la Lune, Hecate étant une déesse lunaire. On en apprend des choses avec grand papa Julius, hein ?

Sa soif romantique n’étant pas étanchée, Aphazel voulut se munir d’une nouvelle feuille de papier... Mais il n’en restait qu’une, et Lord Kaïaphas la destinait à un office sanitaire (les rats nocturnes hémophiles s’étaient offert la veille au soir un festin de papier toilette, laissant nos bougres bien désemparés)... Le besoin impérieux d’Aphazel primait cependant (après tout, ANCIENT, c’est son groupe), et il l’arracha sauvagement des mains du pauvre Lord Kaïaphas, atteint de la turista locale. Furieux, ce dernier se vengea en choppant une souris de l’enfer suceuse de sang qui passait par là, sans se douter qu’elle servirait de projectile anti-chapardeur ! Touché par le rongeur qui ne se priva pas de manifester son mécontentement en lui prélevant un impôt sanglant, Aphazel vit son esprit détourné ! Et paf, il intitula son deuxième poème noir "Vampirize Natasha" (Metal et vicieux)...

Mais vous savez bien qu’une histoire ne se termine jamais mal avec grand papa Julius ! Et nos deux lascars finirent par faire la paix sur une bonne vieille reprise du titre "Black Funeral", propriété d'un groupe par eux beaucoup apprécié, à savoir MERCYFUL FATE !

Voilà les enfants, l’histoire est terminée... comment ça, "c’est une histoire très bizarre" ? Bon, d’accord... mais vous savez mes chers petits, ce livre EST bizarre ! Il ne faut pas s’étonner alors ! L’adoration Black d’Aphazel y est mise au service d’une inspiration plus Heavy Metal et surtout proche d’un gothique tordu et atmosphérique. C’est un long livre en plus, trop même, avec des chapitres vraiment déroutants, et il est parfois difficile de comprendre où le groupe cherche à nous emmener. C’est très visuel comme histoire, hein, vous savez... et assez cinématographique. On s’ennuie parfois un peu, mais il y a toujours plein de petites trouvailles très bien pensées, originales, souvent théâtrales (le chant Black diversifié de Lord Kaïaphas n'y est pas étranger). Bref, c’est très différent de ce qu’a réalisé et de ce que fera ensuite ANCIENT. Alors soyez un peu tolérants avec grand papa Julius, qui vous a lu cette histoire un peu folle pour mieux vous expliquer qu’effectivement l’ambiance de ce disque est un peu... folle ! Mais je voulais vraiment vous le faire découvrir, même avec ses défauts (trop copieux, morceaux traînant parfois un peu en longueur, production vraiment particulière, acide et peu puissante) ! Croyez moi, mes chers petits enfants, ils sont rares les ouvrages aussi aventureux dans le Black ! C’eût été dommage de ne pas le savoir, n’est-ce pas ? Ah, je vois que ça va mieux ! Alors passez une bonne nuit, et à bientôt pour une nouvelle histoire avec grand papa Julius !

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   JULIEN

 
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- Aphazel (guitare, basse, claviers)
- Lord Kaïphas (chant, batterie)
- Jesus Christ (guitare, basse, violoncelle)
- Erichte (chant féminin)


1. Malkavian Twilight
2. A Mad Blood Scenario
3. The Draining
4. Um Sonho Psycodelico
5. Sleeping Princess Of The Arges
6. Her Northern Majesty
7. Blackeyes
8. The Emerald Tablet
9. Willothewisp
10. Neptune
11. 5
12. Hecate, My Love And Lust
13. Vampirize Natasha
14. Black Funeral (mercyful Fate)



             



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