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HAGGARD - Eppur Si Muove (2004)
Par BAST le 23 Juillet 2004          Consultée 6647 fois

« Eppur Si Muove » est le troisième album des allemands de HAGGARD, groupe atypique qui cartonne dans son pays d’origine, mais qui a du mal à s’imposer en France, la faute à une promotion faiblarde. Mais ceux d’entre vous qui connaissent l’œuvre de HAGGARD ne me contrediront pas, les allemands jouissent d’un statut de formation culte. Et ce, depuis la sortie de leur second album, le superbe « Awaking The Centuries », son plus gros succès à ce jour, et qui a vu l’éclosion d’un groupe résolument atypique.

HAGGARD est un groupe de metal symphonique qui a commencé dans une veine death metal, en 1991. Depuis « Awaking The Centuries », il ne reste avant tout de son passé qu’un chant death qui surgit de temps à autres. Car la principale caractéristique de la musique de HAGGARD, c’est désormais la musique classique. Et c’est la section metal qui vient se greffer sur l’orchestre et non le contraire. D’ailleurs, les musiciens de formation classique font partie intégrante du groupe. En outre, la musique de HAGGARD est très théâtrale et gothique, un peu à la manière de LACRIMOSA. Voila pour le coté atypique du groupe, quoique je sente mes mots un peu faibles par rapport à ce que dégage la musique de HAGGARD.

Le meilleur moyen de bien comprendre, en fait, c’est de l’écouter, de s’en imprégner. Mais je vais tout de même tâcher de vous aider à vous faire une idée de ce que proposent les allemands, en l’occurrence sur leur dernière production, ce « Eppur Si Muove ».

Après avoir évoqué la peste dans un concept dramatique et magnifiquement transposé musicalement sur « Awaking The Centuries », HAGGARD s’attaque à la vie de Galilée. Car « Eppur Si Muove » conte la vie riche autant que dramatique du mathématicien et astronome. L’italien, alors qu’il avait enseigné plusieurs années durant à ses élèves que la terre était le centre du monde autour de laquelle tournaient planètes et étoiles, rejoint après avoir mené ses propres expériences la théorie de Copernic selon laquelle c’est la terre qui tourne autour du soleil. Il a consacré la deuxième moitié de sa vie à se battre pour imposer cette théorie contre le conservatisme exacerbé des religieux. Il fut condamné à renier publiquement sa thèse de l’héliocentrisme afin d’échapper au bûcher et mourut quelques années plus tard. Ce n’est que plus d’un siècle plus tard qu’il fut réhabilité. Le titre du nouvel opus de HAGGARD vient de la célèbre phrase qu’aurait murmuré Galilée, après avoir renié sa thèse lors de son retentissant procès : « Eppur Si Muove » (« et pourtant, elle tourne »).

HAGGARD, s’il échappe aux concepts sataniques régulièrement inhérent au black metal, met tout de même en scène l’une des plus grandes erreurs de la religion dans son combat ô combien symbolique qui l’opposa à la science. Science que les progrès constants, parfois bouleversants, rendaient de plus en plus menaçante à l’égard de la prééminence du clan ecclésiastique.

Voila pour le décor on ne peut plus baroque. Et la musique est à l’avenant. HAGGARD, au contraire de formations d’obédience symphonique comme NIGHTWISH ou RHAPSODY, ne rappelle pas la musique de film (pour RHAPSODY, je prend en compte ses deux derniers opus, puisque ses deux premiers ratissaient un spectre musical autant baroque que contemporain). Non, on a exclusivement affaire à une œuvre de classique qui prend racines dans ce que pouvaient écouter nos grand-mères. Je ne suis pas un fana de musique classique pure et dure, si ce n’est quelques pièces majeures comme les quatre saisons de VILVADI ou quelques illustres thèmes. Je préfère en fait largement les BO de films, peut-être à cause de leur côté épique. Mais je voue une admiration sans borne au mariage metal / musique classique, généralement quelles que soient les influences que revêt l’acception « classique ». Et dans ce registre, HAGGARD parvient à accoucher d’une œuvre vraiment superbe.

Du long de ses dix titres, « Eppur Si Muove » dresse un portrait haut en couleurs de l’époque de Galilée, jouant sur les changements de rythmes, sur l’alternance de passages purement metal et de mélodies classiques prises en charge par un orchestre de chambre absolument superbe. HAGGARD distille dans sa musique un côté théâtral par quelques narrations volontairement surjouées. On ne peut plus baroque, la musique de HAGGARD nous entraîne quelques siècles en arrière, imposant dans nos esprits des images costumées aux couleurs tantôt chaleureuses, tantôt austères.

L’orchestre tient une place prépondérante, mais les interventions de la section metal sont plus nombreuses - et plus agressives aussi - que sur « Awaking The Centuries ». « Eppur Si Muove » s’impose pourtant comme l’œuvre la plus symphonique des allemands. On a droit à de longs titres épiques, à quelques passages purement symphoniques qui servent idéalement le concept et à d’autres titres très ancrés dans la scène doom/death mélodique et dont certains passages peuvent rappeler des formations comme l’excellent THE SINS OF THY BELOVED.

Je me refuse à extraire de ce lot dense et cohérent quelque titre que ce soit. Le concept est si bien mis en musique qu’il faut l’aborder dans son ensemble. Je vous invite donc à le découvrir par vous-même, vous vous immergerez alors dans un opus avenant où les cordes vous berceront tandis que les guitares vous feront sentir la rugosité d’un monde dominé par la peur du tout-puissant, ou plutôt de ses fidèles.

Il ne tient qu’à vous d’imiter les fans allemands, en propulsant HAGGARD aux sommets, eux qui ont hissé « Eppur Si Muove » à la 47ème position de leurs charts nationaux !

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- Asis Nasseri (chant, guitare)
- Andreas Hemberger (guitare électrique & acoustique)
- Robin Fischer (basse)
- Luz Marsen (batterie)
- Gaby Koss (chant soprano)
- Veronika Kramheller (chant soprano)
- Susanne Ehlers (chant soprano)
- Fiffi Fuhrmann (chant ténor, cromorne)
- Florian Bartl (hautbois)
- Andreas Peschke (flûte, chant ténor)
- Mark Pendry (clarinette)
- Hans Wolf (piano, clavecin, orgue)
- Judith Marschall (violon)
- Michael Stapf (violon)
- Steffi Hertz (alto)
- Kathrin Hertz (violoncelle)
- Ivica Kramheller (contrebasse)
- Michael Schumm (timbales, tambourin)


1. All’inizio E La Morte
2. Menuetto In Fa-minore
3. Per Aspera Ad Astra
4. Of A Might Divine
5. Gavotta In Si-minore
6. Herr Mannelig (version Longue)
7. The Observer
8. Eppur Si Muove
9. Largetto / Epilogo Adagio
10. Herr Mannelig (version Courte)



             



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