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HEAVY METAL  |  STUDIO

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1990 2 Tattooed Millionaire
1994 2 Balls To Picasso
1996 1 Skunkworks
1997 2 Accident Of Birth
1998 1 The Chemical Wedding
2005 1 Tyranny Of Souls
2024 1 The Mandrake Project

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1995 Alive In Studio A
1999 Scream For Me Brazil

COMPILATIONS

2001 The Best Of Bruce Dickinson

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2006 Anthology
 

1990 Tatooed Millionaire
1994 Balls To Picasso
1996 Skunkworks
1997 Accident Of Birth
1998 The Chemical Wedding
2005 Tyranny Of Souls
2024 The Mandrake Project
 

- Style : Machine Men, Blaze Bayley
- Membre : Iron Maiden, Samson, Rock Aid Armenia, Gogmagog, Smith/kotzen

Bruce DICKINSON - The Mandrake Project (2024)
Par DARK BEAGLE le 18 Mars 2024          Consultée 5707 fois

Ce qu’il y a de bien à écouter un disque sans en attendre grand-chose, c’est que nous pouvons être agréablement surpris par ce que nous découvrons. Un nouvel album solo de Bruce DICKINSON, près de vingt ans après un "Tyranny Of Souls" qui avait laissé d’excellents souvenirs, cela peut laisser dubitatif. C’était déjà dans les cordes au moment de "Book Of Souls", puis il y a eu le cancer du chanteur, une bonne année pour s’en remettre, des tournées intensives avec IRON MAIDEN, puis un nouvel opus en compagnie de Steve Harris et sa bande. Puis arrivent les premiers extraits, des visuels, l’annonce de comic books pour accompagner le disque, pensé par Dickinson himself et fait en compagnie de Tony Lee et Staz Johnson, des vieux briscards de DC et Marvel ; l’idée que l’on tient peut-être quelque chose de grand entre les mains commence à germer et la plante est du genre tenace, ses sarments s’enroulent autour de votre esprit et… Et quand on est un vieux briscard, le côté blasé s’impose toujours, en insinuant perfidement qu’il ne s’agit que d'un disque de plus.

Surtout que la pochette ne fait pas vraiment rêver. Dans les années 70, le disque aurait pu sortir dans un boîtier rond reprenant la forme de la pièce, là nous sommes sur un format classique et carré. Nous distinguons bien la mandragore au centre, mais ce qui attire surtout le regard sont les deux dates frappées, 1941 et 1968, des dates qui ne sont pas si anodines que cela car elles sont liées à des troubles (Londres était alors touchée par le Blitz en 1941, etc.). Si Dickinson se défend d’avoir fait un concept album, il y a tout de même un fil rouge qui unit les morceaux, cette histoire de deux frères jumeaux séparés par la mort de l’un des deux mais bon, nous le savons depuis longtemps avec IRON MAIDEN et Lovecraft, ce qui est mort ne l’est jamais vraiment et il se dégage des moments d’occultisme assez prégnants, dans les thèmes abordés ou même musicalement, "The Mandrake Project" se voulant quand même plutôt sombre dans son ambiance.

Et je ne vais pas me la jouer « mec blasé qui attend une révolution musicale au fond de son fauteuil », mais il ne m’aura fallu qu’une écoute pour être totalement conquis. Depuis "Skunkworks", n’en déplaise à certains, Bruce Bruce en solo tutoie l’excellence, c’est à croire qu’il fait exprès de laisser passer un ou deux fillers pour ne pas vexer Steve Harris, pour vous dire. Alors que le bassiste est de plus en plus à la peine pour être passionnant dans son écriture (ne nous leurrons pas, le salut des derniers MAIDEN passe pas mal par Adrian Smith et Bruce Dickinson, qui osent briser un tant soit peu certaines frontières montées par Harris pour proposer des morceaux qui changent un peu), Air Raid Siren construit un univers qui lui appartient, lorgnant entre le Heavy Metal pur jus, pas si Maidenesque que cela, le Hard Rock cinglant et même vers des choses plus alternatives telles qu’on aurait pu les imaginer sur "Skunkworks". Que les détracteurs de ce dernier se rassurent, nous voyageons tout de même plus sur des terres qui évoquent aussi bien "Accident Of Birth", "Chemical Wedding" et "Tyranny Of Souls".

Alors que "Afterglow Of Ragnarok" ne m’avait pas touché plus que cela en écoute seule (vous le voyez le retour du vieux blasé, là ?), je dois cependant admettre qu’il s’insère bien dans la logique de cet album, ouvrant les hostilités sur une note bien Heavy, qui va beaucoup jouer sur les nuances. Le style développé par Bruce Dickinson et Roy Z n’est aucunement figé, il voyage, se fait lourd si la situation l’exige, lorgne sur l’acoustique à d’autres moments, joue avec les ambiances à d’autres. "The Mandrake Project" est un disque mouvant, où rien n’est jamais acquis et certaines choses peuvent même étonner (genre Bruce qui s’offre un solo de guitare sur "Face In The Mirror", si ce n’est pas de l’inédit, ça !). Nous retrouvons Dave Moreno derrière les futs, qui livre une excellente prestation et Maestro Mistheria, claviériste italien (ça change du batteur rital évoqué en 1996 dans une chanson !) qui ne va pas se contenter de faire de la figuration. Il est bien présent, son jeu tirant parfois sur l’orgue Hammond, ou accentuant des ambiances avec des sonorités étrangement datées. Il faut dire que le disque en lui-même lorgne beaucoup vers la seconde moitié des années 90, ou début 2000, il ne cherche pas à faire une marche en avant.

Certaines pistes ont été composées des années auparavant, comme "Sonata (Immortal Beloved)", ou encore cet "Eternity Has Failed", qui ne trompera personne quant à ses origines. En effet, Bruce l’avait composé à l’époque de "Book Of Souls" mais Steve Harris avait réussi à le convaincre de le garder pour MAIDEN (un classique avec ce bon vieux Steve, il avait fait de même pour "Bring Your Daughter… To The Slaughter" en 1990). Si pour la version de MAIDEN on devine que le reste du groupe a plus ou moins apporté sa pierre à l’édifice, celle que nous propose Bruce ici se veut plus épurée et plus directe, plus concise également. Ce que nous allons perdre en lyrisme, nous allons le gagner en efficacité et c’est ce petit détail qui fait que Dickinson s’en sort bien mieux que ses compatriotes de la Vierge de Fer sur ce disque. Il sait comment mener sa barque, comment doivent vivre ses morceaux et surtout, quand ils doivent s’arrêter.

Même s’il apprécie prendre son temps pour construire ses compositions, si elles ne sont pas toutes évidentes et qu’elles connaissent des enchaînements parfois vertigineux, Dickinson mène sa barque avec beaucoup de justesse, bien assisté il est vrai par son vieux complice Roy Z (qui a également produit le disque, le dotant d’un son puissant et robuste). Un morceau comme "Resurrection Men" s’avère très plaisant avec son thème étrangement hispanisant, son solo vindicatif et la reprise du thème sans que cela ne fasse tache, "Shadow Of The Gods" étonnera quant à lui par sa construction. Cela commence comme une ballade, bien menée par un Dickinson qui n’est pas que chanteur, mais également conteur, avant que tout ne s’emballe et que le père Bruce nous livre quelques lignes parmi les plus véhémentes de sa carrière.

Et comme souvent avec les disques solo du chanteur, celui-ci se termine par une pièce plus dramatique, riche en émotions. Il y avait "Tears Of The Dragon" sur "Balls To Picasso", "Strange Death In Paradise" sur "Skunkworks" pour ne citer que celles-ci, il faudra également compter sur "Sonata (Immortal Beloved)", longue pièce à la fois épique et poignante, au refrain d’une tristesse à vous hérisser les poils sur les bras. Pour l’anecdote, je jouais avec ma fille en écoutant l’album, ce morceau commence et je la vois se raidir avant de tourner vers moi un visage brouillé par les larmes et de me dire, dans une plainte « papa, c’est triste » alors que je n'en menais pas large, les larmes aux yeux également. Les chats ne font pas des chiens. Et elle n’a pas tort. Bruce véhicule ici beaucoup d’émotion et ce refrain à se damner viendra vous hanter longtemps après que le disque se soit achevé. Il parachève une œuvre forte, qui ne cesse de monter en puissance.

Car comme c’est souvent le cas avec Bruce, et contrairement à bon nombre de formations, les meilleurs titres ne sont pas forcément en début d’album, là où l’artiste a encore toute l’attention de l’auditeur. Ici, ça démarre plutôt bien avec l’enchaînement entre "Afterglow Of Ragnarok", "Many Doors To Hell" et "Rain On The Graves" et son refrain entêtant, mais la suite hausse encore le niveau, dès "Resurrection Men", cela atteint un nouveau pic sur "Mistress Of Mercy" qui ouvre le bal des compositions plus soft sans que l’intensité du disque ne s’effondre, au contraire. Parce que si Bruce sacrifie l’efficacité brute, il fait ressortir de l’émotion et une profondeur insoupçonnée qui permet à l’ensemble de parfaitement se tenir. Jusqu’à "Sonata" qui est là pour nous achever, ni plus, ni moins.

Je n’en attendais rien et je suis conquis. Dickinson livre une fois encore un album solo nettement supérieur aux sorties d’IRON MAIDEN. La comparaison est et reste inévitable tant il aura marqué de sa présence l’institution britannique. "The Mandrake Project" se veut varié, riche. Il s’installe dans une espèce de continuité de "Tyranny Of Souls" en accentuant l’aspect Hard Rock de sa musique au détriment de pièces franchement Heavy même si elles restent présentes. J’espère juste que l’on n’attendra pas encore vingt piges pour découvrir la suite de ce qui s’annonce d’ores et déjà comme un des albums de l’année 2024. Bruce est toujours aussi passionné et s’il a délaissé le grain de folie qui marquait son premier effort solo, ce n’est pas un mal tant il se fond dans l’univers qu’il dessine. "Mandrake Project", bien que différent, je le mets au même niveau qu'un "Chemical Wedding", sans la moindre hésitation. S’il ne fait aucun doute que Dickinson peut vivre artistiquement sans IRON MAIDEN, le contraire semble de moins en moins vrai...

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   (2 chroniques)



- Bruce Dickinson (chant, guitare)
- Roy Z (guitare, basse)
- Dave Moreno (batterie)
- Maestro Mistheria (claviers)


1. Afterglow Of Ragnarok
2. Many Doors To Hell
3. Rain On The Graves
4. Resurrection Men
5. Fingers In The Wounds
6. Eternity Has Failed
7. Mistress Of Mercy
8. Face In The Mirror
9. Shadow Of The Gods
10. Sonata (immortal Beloved)



             



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