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- Style : Serpent Column

HOPLITES - Antitimorouméni (2023)
Par ISAACRUDER le 1er Janvier 2024          Consultée 895 fois

Bon les amis, HOPLITES a pété les plombs.

Non mais soyons honnêtes, quand tu sors à toi seul trois albums en un an, c'est que tu as complètement vrillé. Et je ne parle pas de trois albums emplis à moitié de pistes Drone à la con genre il a laissé l'aspirateur tourner la nuit pour faire un double LP, non ! Je parle bien de trois albums de mongolien qui touchent de leurs doigts rachitiques les 35 minutes de rage et de violence. Du Black Metal mathématique copulant avec la Noise bien cradingue comme le fog d'un Beijing sordide au sortir de la COVID. Je me suis demandé ce qui pouvait pousser Πτολίπορθος, le sieur chinois derrière HOPLITES, à déféquer de l'album comme un forcené. Et j'en suis arrivé à quatre hypothèses parmi lesquelles vous choisirez votre préférée :

1. Le type est tellement patriote et communiste qu'il veut devenir un Stakhanov des rizières.
2. Le bougre est un authentique génie qui se sent obligé de tripoter son manche sous peine de perdre toutes ses compétences génétiques en mathématiques appliquées.
3. Le gourgandin est un incel comme on en trouve des tonnes en Asie et il a autant de boutons sur la fif que le nombre de riffs dans ses morceaux débiles.
4. Le patient n'a pas d'anus et chie par la guitare.

Blague à part je pense honnêtement que l'option la plus sérieuse est la violence du confinement chinois. Le gars a dû se faire tellement chier, cloisonné dans son appartement barricadé par les forces de l'ordre qu'il a passé son temps à écrire les morceaux les plus infernaux qui naissaient dans son cerveau de bolchévique. Je rappelle quand même qu'en Chine, on vous empêchait physiquement de sortir ! Vous étiez enfermés par des gros Chinois qui posaient du gros placo sur vos portes d'appartement ! Enfin, si on m'avait dit que le communisme pouvait mener à des projets comme HOPLITES je me serais fait la même barbe que Robert Hue !

Enfin j'exagère, car si les deux premiers albums étaient solides, "Ἀ​ν​τ​ι​τ​ι​μ​ω​ρ​ο​υ​μ​έ​ν​η" est... quelconque. Voire nul. La faute à un trop-plein évident difficile à saisir pour Πτολίπορθος, qui vit dans un pays où l'on mange 40 plats sur la table au lunch. On sature, c'est trop bordel. Déjà qu'on a du mal à suivre des groupes qui sortent des albums tous les cinq ans, alors trois en un an, au secours ! Mais la saturation n'explique pas à elle seule la débandade : il y a bien dans ce troisième essai un souffle qui manque. On a clairement l'impression qu'HOPLITES a appliqué à sa musique le mode opératoire économique de la Chine : on balance de la quantité, et on s'en fout des loupés ! En résulte un album qui donne le sentiment d'être un fourre-tout de riffs peu inspirés, comme si Πτολίπορθος ne savait pas qu'il valait mieux parfois arrêter d'enregistrer et savoir sélectionner le meilleur dans ses nombreux délires.

Toute la première partie de l'album sonne ainsi comme une mauvaise chute de répétition. On imagine notre Xi Jinping de la six-cordes se défouler dans sa vieille piaule grisâtre au cœur d'un Beijing ultra pollué, secouant son manche comme dans un mauvais trip masturbatoire à la Gaspard Noé. Pourtant, "Αἷμα" démarre le délire avec force, avec son superbe pont hypnotique, sa Noise infernale et son final Math diabolique. Mais les choses se gâtent dès "Ἀντιτιμώρημα" qui montre les limites de la branlette Math Black, surtout lorsqu'elle repose uniquement sur de l'instrumental. Ce dernier aspect traverse négativement l'album qui ressemble dès lors à un mauvais jam et ce même s'il est entrecoupé de passages fantastiques (le riff groovy de "Ἡ τῆς ὕβρεως ἄγγελος").

Tout ça est donc bien décevant mais notre Stakhanov du dim sum ne peut s'en prendre qu'à lui-même. Au lieu de céder au règne de la quantité sur la qualité, il ferait mieux de condenser sa foule d'idées en un album incroyable. On peut saluer l'audace et le trop-plein d'idées du sieur, qui réalise donc cette prouesse du triptyque, mais l'ensemble rappelle ce génial "meme" avec le cheval séparé en trois : la queue est magnifiquement dessinée, la croupe plutôt bien, et la tête ressemble à un dessin d'enfant. C'est d'autant plus frustrant qu'on tient là une des meilleures pochettes de 2023. On espère finalement retrouver HOPLITES en 2025, le temps de digérer tout ce délire, et on lui propose fort gentiment d'aller toucher un peu d'herbe, si tant est qu'il puisse en trouver dans sa ville brutaliste.

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- Πτολίπ_ (tout)


1. Αἷμα
2. Ἀντιτιμώ&
3. Λελωβημέ&#
4. Σφάττουσ&#
5. Ἡ τῆς ὕβρ
6. Ὁπλῖτις
7. Ἀντίθεος
8. Ἀντὶ θεῶ_
9. Χάος
10. Διί



             



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