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HEAVY METAL  |  STUDIO

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1980 Wild Cat
1981 1 Spellbound
Crazy Nights
1982 The Cage
2019 Ritual
2023 1 Bloodlines
 

1981 Spellbound
2023 Bloodlines
 

- Style : Blizzen, Katana, Tanith
- Membre : Thin Lizzy, Whitesnake, Blue Murder

TYGERS OF PAN TANG - Bloodlines (2023)
Par DARK BEAGLE le 26 Mai 2023          Consultée 2396 fois

Quitte à radoter un peu, si les TYGERS OF PAN TANG ont longtemps eu le statut de groupe culte, ils le doivent à "Spellbound" qui, en plus d’être un album remarquable, est également une pierre angulaire de la New Wave Of British Heavy Metal (NWOBHM). Ce qui l’entoure n’est pas fantastique et plus on se rapproche du split de 1987, plus ça devient mauvais. Quand Robb Weir a décidé de donner un coup de lustre à la bête à la fin du dernier millénaire, beaucoup le prenaient pour un fou, surtout que "Mystical", paru en 2001 avec Tony Liddell au chant n’était pas aussi affolant que cela. Mais Weir pouvait compter sur la vieille garde qui lui avait fait un accueil triomphal au Wacken.

Après une erreur de casting flagrante (Richie Wicks) et un "Noises From The Cathouse" qui aurait pu provoquer la dissolution du groupe, l’arrivée de Jacopo Meille derrière le micro aura fait beaucoup de bien à une formation qui perdait tous ses repères. Mieux, ses capacités vocales ont permis de renouer avec un style plus tranchant et de sortir des albums clairement estampillés Heavy Metal, plus en adéquation avec ce que l’on attend d’eux. Depuis "Animal Instinct", les TYGERS sont solides et ne déméritent pas même si tout n’est pas parfait. Mais cette institution vit certainement sa meilleure vie en jouant la musique qu’elle aurait dû pratiquer après "Spellbound" plutôt que de céder aux demandes d’une maison de disque qui ne connaît pas grand-chose quant au respect des fans.

"Bloodlines" est le treizième album du félin, le cinquième avec Meille au chant. La pochette nous présente le fameux tigre, dans un bain de sang comme s’il nous avait fait une frénésie alimentaire comme un banc de requins pas loin d’un naufrage. Cette jaquette a un petit côté dérangeant, une espèce de brutalité crasse sans équivoque. Surtout qu’elle annonce une couleur que le disque n’a pas tout à fait : il est loin d’être aussi définitif et sanguinaire, loin de là ! Non, la formule des TYGERS OF PAN TANG, c’est un Heavy Metal très mélodique qui fait le pont entre un passé glorieux et un son plus actuel.

Entre "Ritual" et "Bloodlines", il y a eu quelques mouvements de personnel, Michael McCrystal (guitare) et Gav Gray (basse) ont laissé leur place à Francesco Marras (SCREAMING SHADOWS) et à Huw Holding (connu pour avoir fréquenté quelques tributes bands à IRON MAIDEN) sans que cela ne change grand-chose. Le groupe poursuit dans la lignée de "Ritual", en peaufinant toutefois ce qui méritait de l’être. On obtient ainsi un album plus solide, très varié puisque chaque morceau possède une identité qui lui est propre. On devine très rapidement le travail apporté à la composition pour ne pas proposer deux fois le même style de morceau et nous faire voyager tout au long des dix pistes.

"Edge Of The World" nous cueille à froid et c’est une bonne chose : riff à la fois classique et actuel, chant trafiqué par moments, un refrain lumineux qui contrebalance l’aspect plus sombre des couplets… On tient là l’une des meilleures pièces de cette cuvée 2023, qui n’est pas avare de ce côté-là. Si la mélodie reste la maîtresse absolue des Tigres (et non pas ces sorciers malfaisants, cf l’œuvre de Michael Moorcock), elle peut se retrouver parfois martyrisée quand le groupe décide de se la jouer speed ("Fire On The Horizon" et son côté JUDAS PRIEST assumé), ou au contraire, honorée quand il s’attèle à une ballade ou assimilée ("Taste Of Love", trop classique, mais surtout un "Making All The Rules" réussi de bout en bout).

Le père Weir continue à avoir des idées fortes pour sa formation, il compose en ayant un œil sur le rétroviseur et l’autre bien sur la route qui défile devant lui, ne se bloquant pas dans une époque révolue pour ne faire vibrer que la fibre de la nostalgie, qui est de toute manière partie prenante quand on évoque une formation ayant marqué à sa manière son époque. Ce ne serait pas honnête de se transformer en tribute band de son propre combo, aussi cette volonté d’aller de l’avant, de chercher à être actuel sans forcer est des plus appréciables.

"Bloodlines" est bien pensé dans son évolution. Le groupe propose beaucoup de mid tempo, un exercice sur lequel il est particulièrement pertinent, mais il varie les plaisirs en termes d’écriture pure. On l’a vu, l’ouverture se veut assez ambitieuse dans l’idée, mais elle n’est pas symptomatique de cet album qui va proposer des titres parfois plus oppressants ("In My Blood") pour se faire plus enjoué et Rock’N’Roll en diable un peu plus loin ("Back For Good"). Sans partir dans tous les sens, "Bloodlines" est très varié, ce qui le rend très agréable à écouter, sans oublier que les musiciens livrent un travail très pro, solide et efficace.

On reprochera peut-être à la production de manquer de rudesse par moments, cela reste très propre, un peu trop peut-être quand on les apprécie plus organiques ; elle se trouve contrebalancée par les idées qui fusent régulièrement et qui dévoilent un groupe qui est loin d’avoir tout dit en la matière, entre Hard Rock racé et Heavy Metal solide. C’est tout juste si l’on se rend compte que Meille s’est pris quinze ans dans la tronche depuis son arrivée en 2008 tant sa voix est fluide et dynamique. Il livre, comme à son habitude, une prestation solide et s’il aura toujours du mal à remplacer Deverill dans le cœur des vieux fans, il n’aura pas à rougir de son travail au sein des TYGERS.

Plus complet et intéressant que "Ritual", "Bloodlines" prouve que le félin a toujours les crocs, qu’il n’est pas prêt à arrêter sa chasse. Certains groupes n’ont pas eu le succès qu’ils auraient dû mériter à une époque, la faute à des choix de carrière douteux ou à une incapacité à rester intéressant quand le paysage musical bouge et TYGERS OF PAN TANG fait partie de ceux là. Mais contrairement à certaines formations qui ne s’en relèvent jamais vraiment ou qui disparaissent et sombrent dans l’oubli, la bande à Robb Weir prouve que rédemption et reconnaissance peuvent aller de pair, en produisant des disques solides et intéressants, dont ce "Bloodlines" n’est pas qu’un simple faire-valoir.

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   (2 chroniques)



- Jack (jacopo meille)
- Robb Weir (guitare)
- Francesco Marras (guitare, chant)
- Huw Holding (basse)
- Craig Ellis (batterie)


1. Edge Of The World
2. In My Blood
3. Fire On The Horizon
4. Light Of Hope
5. Back For Good
6. Taste Of Love
7. Kiss The Sky
8. Believe
9. A New Heartbeat
10. Making All The Rules



             



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