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DIE APOKALYPTISCHEN REITER - Wilde Kinder (2022)
Par GEGERS le 7 Juin 2022          Consultée 821 fois

Depuis le milieu des années 2010, il règne autour de DIE APOKALYPTISCHEN REITER comme une impression de faux départs. À l'issue de son ambitieux bien que déstabilisant double-album "Tief. Tiefer" en 2014, les Germains bariolés ont pris du recul, ont repensé leur art, pour revenir avec force et fracas en 2017, apportant en guise de jugement dernier un "Der Rote Reiter" qui voyait le groupe renouer avec des sonorités plus brutales, évoquant le Death / Thrash des débuts. Quatre années de silence radio et voici que l'an passé, l'expérimental "The Divine Horsemen" est venu brouiller les pistes de nouveau, le groupe se faisant ici imprévisible, tribal, à la fois Metal, Folk, Jazz et Atmosphérique, mais surtout et avant tout imprévisible. N'hésitant pas à surprendre son monde, le groupe revient moins d'un an après avec un nouvel album dont la pochette, plus Punk que Metal, ne donne guère d'indications quant au contenu. Se présentant désormais officiellement sous forme de quartet (le claviériste Dr Pest intervenant uniquement comme invité sur quelques morceaux), DIE APOKALYPTISCHEN REITER propose avec "Wilde Kinder" un album immédiat, très accessible, que l'on pourrait rapprocher des formidables "Riders On The Storm" et "Licht".

Il y a de l'intensité, naturellement. De l'agressivité, bien sûr. L'intro du morceau qui donne son nom à l'album, contient en effet plus de Metal qu'une aciérie, et nous donne à entendre la frénésie guitaristique typique du groupe. Le son est à la fois clair et rugueux, précis et équilibré. Les voix, parfois doublées (chant clair/chant death), sont désormais au cœur du sujet, puisque, Dr Pest se faisant plus rare, le chanteur Fuchs doit faire preuve d'ingéniosité pour apporter une touche de mélodie lorsque les guitares se font brutales. Puissant et charismatique, le vocaliste prend la mesure de l'ampleur de la tâche, et livre sur cet album un prestation époustouflante. La cinquantaine approchant, sa voix gagne plus encore en charisme, et celui-ci rejaillit naturellement sur les morceaux laissant le temps aux ambiances de se développer, à l'image du lent et faussement sombre "Leinen Los", ode au lâcher-prise et à la recherche d'une simplicité salvatrice, qui s'impose comme un des morceaux les plus réussis de l'album.

Dépourvu de morceaux intégralement Death, "Wilde Kinder" évoque ainsi la deuxième moitié des années 2000. Le morceau introductif, "Von Freiheit Will Ich Singen", direct et très énergique, rappellera en effet de bons souvenirs aux amateurs de "Friede Seit Mit Dir" et "Es Wird Schlimmer". La liberté, plus que jamais, est un thème prédominant dans le répertoire de ces artistes qui se sentent un peu comme des Indiens dans la ville, des êtres décalés bien qu'intégrés dans un monde où la croissance économique est portée comme une valeur plutôt qu'une hérésie. C'est le message que tente de faire passer le groupe sur l'alambiqué "Euer Gott Ist Der Tod", sans doute le morceau le plus agressif et fouillé de cet album. On sent, à l'écoute de cette voix lancinante, qui éructe sur les blast-beats de Sir G., le souffle glacial de la mort. Un morceau d'une intensité décoiffante, qui devrait faire plaisir aux amateurs de la période "All You Need Is Love".

À côté de cela, des titres directs, presque légers, viennent ponctuer cet album varié. "Volle Kraft", avec ses sonorités électroniques, se fait plus RAMMSTEINien que RAMMSTEIN, "Nur Frohen Mutes", porté par un lick de guitare direct et une mélodie très efficace, est un tube en puissance, tandis que "Blau", agrémenté de sonorités acoustiques, bénéficie d'un refrain dont l'efficacité n'est pas à démontrer. Naturellement, il y a de la profondeur dans ces morceaux d'apparence facile, une progression tant au niveau des mélodies et des ambiances, qui offrent plusieurs niveaux de lectures. Chaque couplet, chaque refrain s'enrichit d'éléments nouveaux, qui permettent aux morceaux de monter en intensité pour s'achever, généralement, dans un paroxysme grandiose.

Concis, présentant l'intégralité des facettes qui constituent l'identité complexe du groupe, "Wilde Kinder" est un album surprenant par sa dualité, puisqu'il se fait autant accessible que complexe, autant immédiat qu'alambiqué. C'est tout le savoir-faire de DIE APOKALYPTISCHEN REITER qui s'exprime sur cet album à rapprocher des meilleures réalisations du groupe. Naturellement, les partisans du retour à un Death brut et sans concessions en seront pour leurs frais, mais là encore, les quatre Allemands ont ici su trouver de bons arguments pour fédérer autour deux les amateurs de l'ensemble des périodes de leur carrière autant fragmentée qu'éblouissante. Un album impérial.

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- Fuchs (chant, guitare)
- Ady (guitare, claviers)
- Volk-man (basse)
- Sir G. (batterie, claviers)


1. Von Freiheit Will Ich Singen
2. Volle Kraft
3. Alles Ist Gut
4. Wilde Kinder
5. Leinen Los
6. Euer Gott Ist Der Tod
7. Nur Frohen Mutes
8. Blau
9. Der Eisenhans
10. Ich Bin Ein Mensch



             



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