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CRASHDÏET - Automaton (2022)
Par GEGERS le 25 Avril 2022          Consultée 2081 fois

Il y a toujours mieux à écouter, mieux à lire, mieux à voir, mieux à faire. Il existe des groupes autour desquels on tourne, que l’on fréquente sans jamais écouter, dont on connaît l’histoire mais pas le son. Jusqu’à récemment, cela aura été mon cas pour CRASHDÏET. Présenté un temps comme le héraut d’une nouvelle scène Glam/Sleaze, le groupe suédois a connu le tragique (le suicide son chanteur), puis la résurrection, ouvrant pour de grands noms, proposant des albums plutôt bien troussés. Victime du syndrome de la valse des chanteurs, le groupe signe sur le label Frontiers pour son quatrième album et évolue de manière naturelle vers un Hard Rock peut-être moins sale, mais toujours délivré avec ardeur et puissance. Il était bien temps de se pencher sur son cas !

Sixième album de la formation, "Automaton" est porteur de changements pour le groupe : première sortie réalisée au sein de sa nouvelle écurie Crusader Records, ce nouvel album marque également le départ du batteur Eric Young, qui aura fait partie de la formation pendant vingt ans. Remplacé par Lacu (HANOÏ ROCKS), c’est néanmoins bien lui qui œuvre sur ce séduisant manifeste Hard Rock. Une courte introduction aux allures d’hommage, puisqu’elle nous donne à entendre la voix du chanteur Dave Lepard, décédé en 2006, et l’album démarre réellement avec "Together Whatever" et son roulement de caisse claire vindicatif, auquel succède un riff tout autant belliqueux. Énergique, bénéficiant d’un refrain explosif, ce morceau voit le groupe évoquer la décadence de ses premières années de carrière, et livre ce faisant un hymne dont l’écoute laisse des traces et place la barre très haut. Le groupe est ici résolu, et porte en lui un enthousiasme communicatif qui fait de ce titre d’ouverture un grand moment de Hard Rock.

La richesse de l’album réside dans cette capacité du groupe à fignoler des mélodies à la fois audacieuses et irrésistibles, autour desquelles viennent se greffer les atours habituels du genre. "Shine On", avec ses chœurs omniprésents, est un mur de son autant qu’un tour de force. Alors que, bien souvent, l’auditeur écoute poliment les couplets en attendant un refrain qui décoiffe, CRASHDÏET met d’entrée la barre très haut, soignant autant ses couplets que ses refrains. Il y a de l’hédonisme et de la frivolité dans le propos, mais pour autant "Automaton" n’est pas un album léger, malgré la présence au chant de Michael Starr (STEEL PANTHER) sur un "Powerline" au magnétisme animal évident. CRASHDÏET, à l’image du félin qui orne la pochette de son album, prend le temps de déployer ses griffes, s’approche doucement de sa proie avant de fondre dessus au moment où tout échappatoire est désormais impossible. "Powerline" ne paye pas de mine avec son riff bateau, et finalement, de fil en aiguille, de chœurs en refrain, le morceau, comme tous ceux de cet album, s’impose comme une perle Hard Rock dont on ne se lasse pas.

Certains morceaux, plus "radio-friendly", apportent un équilibre savoureux dans une ambiance globale parfois très "Metal" ("Dead Crusade" et son riff de charbonnier). Ainsi, "Darker Minds", au tempo plus mesuré, n’est pas si loin d’un LOVERBOY période "Just Getting Started", tandis que "We Die Hard", aux mélodies presque enfantines, est une leçon de composition. Tout ici, de la première à la dernière note, est un délice Hard Rock. Le tempo plus rapide de l’imparable "Unbroken", les couplets aux intonations indus de "Shell Shock", ou encore l’absence de compromissions sur "Resurrection of the Damned" ou "No Man’s Land" nous confortent dans l’impression que CRASHDÏET a ici tout donné, tant en termes d’écriture que d’interprétation. Cerise sur le gâteau, la ballade finale "I Can’t Move On (Without You)" et sa guitare douze-cordes s’inscrit parfaitement dans la tradition des power-ballads : une première moitié presque intimiste avant une montée en intensité contrôlée, le morceau se faisant plus riche en orchestrations à mesure de sa progression, s’achevant dans une explosion d’émotions. Évitant l’écueil de la niaiserie, le groupe livre ici une conclusion parfaite à ces 45 minutes foisonnantes de trouvailles et de bonnes idées.

Sans crier gare, CRASHDÏET propose avec "Automaton" un album qui, s’affranchissant des étiquettes, remet l'église au centre du village. La voix tantôt suave, tantôt métallique de Gabriel Keyes, la richesse mélodique des morceaux, qui hébergent souvent des solos qui servent brillamment de prolongement de l’intensité vocale, les refrains tous richement construits et fort bien interprétés, tout cela participe à faire de "Automaton" un album à la fois varié et homogène, puissant et accessible, qui ne souffre d’aucun temps faible. C’est une leçon de Hard Rock que nous propose ici le groupe suédois, qui livre ici ce qui est sans doute l’album le plus enthousiasmant de sa déjà longue carrière. L’échec n’était pas une option.

4,5/5.

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- Gabriel Keyes (chant)
- Martin Sweet (guitare)
- Peter Young (basse)
- Eric Young (batterie)


1. Automaton
2. Together Whatever
3. Shine
4. No Man’s Land
5. Darker Minds
6. Dead Crusade
7. Powerline
8. Resurrection Of The Damned
9. We Die Hard
10. Shell Shock
11. Unbroken
12. I Can’t Move On (without You)



             



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