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DEATH METAL  |  STUDIO

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- Style : Morgoth, Death, Cancer, Benediction
- Membre : Arjen Anthony Lucassen's Star One , The 11th Hour , Vuur, Ayreon
- Style + Membre : Hail Of Bullets, Demiurg

GOREFEST - False (1992)
Par DARK BEAGLE le 25 Novembre 2021          Consultée 642 fois

Le début des années 90 était vraiment une période bénie pour les amateurs de Death Metal. C’était un merveilleux bouillon de culture dans lequel macérait de la viande avariée et autres ossements difficilement identifiables, une espèce de monstruosité évoquant tour à tour Lovecraft ou Robert Bloch, quand ce n’était pas le satanisme le plus primaire qui soit. Une véritable émulsion d’idées qui allait conduire à de nombreux sous-genres par la suite, mais là nous avançons un peu trop dans le temps. Ici, nous parlons du Death le plus primaire qui soit, celui des origines, dont le vivier se trouvait à Tampa, en Floride (la vue de tous ces retraités, certainement…).

Un genre très US donc, mais qui a connu de nombreuses réponses en Europe. Plusieurs voix s’élevaient un peu partout, que ce soit ATROCITY ou MORGOTH en Allemagne, LOUDBLAST en France, CANCER et BENEDICTION en Grande Bretagne – pour ne citer qu’eux, des noms finalement assez faciles à replacer dans le contexte – et l’une des contrées parmi les plus actives à ce niveau étaient les Pays-Bas. PESTILENCE était déjà un groupe très respecté, ASPHYX venait de souffler tout le monde avec "The Rack" mais surtout, il y avait GOREFEST. Enfin, avec son premier album, il montrait quelques limites bien dessinées, mais avec "False", il va livrer son meilleur disque et surtout, un chef d’œuvre difficilement contestable du genre.

Cette marche en avant commence par un changement de line-up intelligent. Déjà, c’est un tout jeune Ed Warby qui se retrouve derrière les fûts. Ce dernier s’était illustré sur le premier album d’ELEGY, "Labyrinth Of Dreams" et deviendra un des compagnons de route de Arjen Lucassen sur ses différents projets par la suite. Il se veut plus technique que son prédécesseur et va apporter une sérieuse plus-value au niveau de la précision. La seconde recrue de marque est Boudewijn Bonebakker qui lui vient de la scène Punk/Indus et qui va apporter une limpidité au niveau des soli que le groupe n’avait pas jusque-là. Ensuite, il y a cette signature sur un label qui commençait à prendre de l’importance en Europe, Nuclear Blast, qui faisait du Death son fer de lance après les premières années plus Keuponnes dans l’âme.

Ensuite, il s’agissait de s’extraire de la masse. Cela commence par une pochette certes un peu maladroite, mais assez intrigante. On devine déjà une évolution (dans la mocheté ?), mais c’est dans les textes que le groupe va procéder à une réelle avancée. Terminée l’époque où il fallait raconter des trucs gore et dégueulasses pour se fondre dans le moule, Jan-Chris va plutôt évoquer des sujets de société et offrir à GOREFEST un terrain de jeu plus sérieux qui va également se traduire en musique. Si "Mindloss" était une décharge d’adrénaline, alors "False" va se montrer bien plus sérieux et plus posé d’une certaine manière.

Mais quelle puissance ! "The Glorious Dead" est l’ouverture idéale, celle qui nous fait directement poser un genou à terre. Le groupe se montre tout simplement impérial dans son exécution. Sa violence n’est pas vaine, elle nous guide tout du long, ponctuée par le growl excellent de Jan-Chris, hurleur hors-pair de la scène Death qui se veut plus intelligible que la moyenne. Et surtout, cela conduit sur des plages plus mélodiques, où la formation opère une recherche instrumentale plus poussée que sur "Mindloss". Là, Bonebakker entre en jeu et avec l’aide de Warby, il va apporter une espèce de groove mortifère à l’ensemble qu'il va parfaitement incorporer dans la mixture plus classique. Cela aura pour effet de booster littéralement la musique de GOREFEST, qui va se montrer plus nuancée et flexible dans l’interprétation qu’il se fait du Death Metal.

Aussi, la formation batave ne va pas tout jouer sur la vitesse. Les pointes sont bien présentes, mais elles ne forment pas l’ossature des morceaux, qui s’appuient plus sur des mid-tempi destructeurs pour la nuque. Parfois, l’ensemble se veut même plutôt lent, distillant une ambiance lourde de menace qui sied à merveille à ce disque. Le groupe construit plus également, en témoignent des compositions plus longues, pas forcément plus alambiquées, mais qui prennent le temps de se développer et d’instaurer des climax qui leurs seront particuliers ("State Of Mind", l’excellent "Reality - When You Die" dont l’introduction reste toujours aussi jouissive). Cela ne veut pas dire que GOREFEST s’écarte pour autant des préceptes de la scène Death, "Infamous Existence" et surtout "Second Face" sont là pour nous rappeler quelle est la brutalité de base du style. Et cela s’intègre parfaitement à un ensemble qui cherche quand même plus loin que le bout de son nez.

Mais le gros du travail a été fait sur les textures changeantes des morceaux, qui prennent volontiers des directions différentes au détour d’un break monstrueux, qui vont parfois s’exprimer au sein de soli qui ne jouent pas sur la vitesse d’exécution mais qui vont essayer de chercher plus loin, de proposer des choses différentes, où le groove se veut bien présent pour donner corps à un ensemble qui aura effectué une sacrée mue en deux ans. GOREFEST sort incroyablement grandi de "False", il a gagné en maturité et en savoir-faire. Le public a d’ailleurs été très réceptif à l’époque de la sortie de l’album. En même temps, il est difficile de faire l’impasse sur "False", maîtrisé de bout en bout et jouissif à souhait.

GOREFEST aurait pu, aurait peut-être dû devenir le chef de file du Death européen, le groupe de référence dans le genre, mais si la formation a su tenir son rang quelques temps, des dissensions internes et des albums n’ayant pas forcément trouvé leur public en voudront autrement. Oui, cela est un terrible gâchis, surtout quand on se rend compte, en écoutant "False", que ce disque n’a pas pris une ride et qu’il est toujours aussi impressionnant, même aujourd’hui. Les nostalgiques ou ceux qui ont vécu cette époque doivent encore s’en souvenir. Ceux qui le découvrent aujourd’hui ne devraient pas avoir de mal à comprendre l’impact qu’il aura eu en 1992. Un chef d’œuvre du genre, tout simplement.

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- Jan-chris De Koeijer (chant, basse)
- Frank Harthoorn (guitare)
- Boudewijn Bonebakker (guitare)
- Ed Warby (batterie)


1. The Glorious Dead
2. State Of Mind
3. Reality - When You Die
4. Get A Life
5. False
6. Second Face
7. Infamous Existence
8. From Ignorance To Oblivion
9. The Mass Insanity



             



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