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DOOM BLACK ATMO ET FOLK   |  STUDIO

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Lexique doom metal
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2013 Saga
2014 V..
2017 Skadi
2021 Eventide
 

- Style : Agalloch, Gallowbraid
 

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The FLIGHT OF SLEIPNIR - Eventide (2021)
Par WËN le 23 Août 2021          Consultée 3184 fois

« Un disque dont vous êtes le héraut »

Depuis l'intronisation de The FLIGHT OF SLEIPNIR au sein des ternes et décrépies colonnes du castel NIME via son épique "Saga" de 2013, et malgré tout le grand bien dont nous avions pu dire de sa démarche en vous en narrant les exploits, nous n'avions cependant - et c'est bien dommage - encore jamais eu l'occasion de rendre réellement hommage à ce talent latent via une digne sélection. Pourtant son Doom/Folk/Blacky aux effluves forestières teintées d'un zeste d'irascible morosité a de quoi séduire, là n'est pas tant la question. Mais outre ses premiers travaux sur lesquels nous ne sommes pas encore revenus et ce "Saga" qui servit d’événement déclencheur, son "V." (2014) plus épique mais traînant trop en longueur ne nous avait pas conquis comme il l'aurait dû. Puis, le duo devenant quartette, vint "Skadi" (2017) qui sut fort à propos réinsérer ces petites bourrasques riffues et ces litanies couvertes de neige au cœur même de sa partition, laissant ainsi poindre de délicieuses brumes hivernales en ouvrant de béants torrents à un éventuel successeur.

C'est chose faite avec cet "Eventide", qui par ses attraits certains va dare-dare venir percer la cime des habituelles forêts septentrionales de notre monture-à-huit-pattes favorite, pour s'approprier une jolie place en sélection.

Pourtant, par rapport à son prédécesseur, pas de changement de cap radical à noter ici. The FLIGHT OF SLEPINIR est de toute façon une formation dont la formule est dorénavant éprouvée depuis un moment déjà et dont une simple mélodie sait s'avérer instantanément reconnaissable. Ses odes ne laissent jamais indifférent, partagées qu'elles sont entre riffings rageurs à ratiboiser son renne, arpèges cristallins en apesanteur, petites mélodies solistes à faire pleurer ses morts, le duo Csicsely/Cushman (chant) jamais en reste - qu'il s'agisse d'invoquer la quiétude des hauts plateaux ou l'âpreté des bourrasques de ses enneigées Rocheuses - et toujours, ce léger grain maussade sur la prod' qui sait auréoler le tout d'une désuète couronne d'amertume.

Ici, sans grande bourre ni trop de bière (*), ce crépuscule des cieux, lourd et menaçant, qu'est ce septième longue-durée se découvre et se savoure dès les échos d'un "Voland" (quelle intro !) décidément très familier dans ses consonances, à part peut-être ses vocalises de bûcheron aigri encore plus écorchées qu'à leur habitude. Il faut dire, qu'aux ronces forestières qui parsèment le sentier de ces bois coloradiens, nous nous y grifferons plus d'une fois ici, The FLIGHT OF SLEIPNIR semblant vouloir nous plonger directement dans la tourmente plutôt que de s'en faire le héraut. Dans le vif de l'action, le groupe nous oblige à prendre véritablement part à l'écoute, à se dégager la tête de sous sa botte, pour finalement partir à l'aventure avec lui et profiter des grands espaces sauvages qu'il nous invite ainsi à découvrir.

Foncièrement Doom ("Thaw", le riffing de "Harvest"), foncièrement Black ("January", "Servitude"), surprennament gracieuse et délibérément poétique, la musique du quartette a de quoi réjouir ici. L'entièreté de cet "Eventide" est en effet gorgée de savoureux moments… Encore plus souvent qu'à l'accoutumée. Et c'est ce qui, très certainement, en fait sa force ici, le groupe touchant là une forme de grâce encore jamais atteinte (même si sa discographie n'en manque pourtant pas, de grâce ni de gras). En témoignent toutes ces clairières acoustiques qui parsèment le disque (la mi-"January" et son final garni de sifflotements d'oiseaux, les relents printaniers de "Harvest"), planantes et incroyables de beauté et de simplicité, tandis qu'en contrepartie, les moindres accélérations, accrocheuses et savoureuses, sauront nous fouetter de leurs vifs et frais élans ("January", oui, encore). C'est bien simple, en deux titres seulement les quatre d'Arvada semblent déjà avoir fait le tour de leur sujet - mention très (très) honorable à l'appui - mais parviennent néanmoins à maintenir ce rythme et notre attention à son paroxysme le temps des quatre autres compositions, sans coup férir ni jamais affaiblir leur tempo.

Étrangement, malgré ses accélérations, malgré sa batterie implacable, la musique du combo s'avère finalement plus sobre que jamais, à l'image de cet artwork, en somme (toujours signé de la griffe de Csicsely). Son patronyme le laisse aisément sous-entendre, mais c'est un fait, "Eventide" est un disque nocturne. Par rapport à ses précédentes œuvres, The FLIGHT OF SLEIPNIR parvient aussi ici – et peut être n'est-ce pas étranger à son succès – à atteindre un juste milieu au niveau de la durée de ses morceaux, pour une moyenne de 7-8 minutes. Plus homogène, sans longue pièce ni interlude, l’œuvre se veut ainsi plus succincte, mais plus cinglante également. Ici et là, de riches idées, des vagues d'epicness, pas de longueur, seulement le kiff de l'instant présent. Au final, le seul (raisonnable) bémol à lui reprocher, concernerait son final en queue de lézard - on croit le tenir, notre bestiau, pour une dernière salve, et stop ! Plus rien. C'est terminé.

En tout cas si pour vous, le Doom c'est trop mou, et le Black ça peine à véritablement sortir des sentiers battus, alors clairement, écoutez The FLIGHT OF SLEPINIR ; la caution sauvage et désolée de "Eventide" s'en faisant le pont idéal entre les deux univers. Boueuse, épique, la mixture est sans doute meilleure qu'elle ne l'a jamais été. Même ses débordements Folk typiques prennent des chemins insoupçonnés jusque-là. Après toutes ces années, à monter en puissance, ce n'est finalement pas si étonnant qu'avec un septième album si parfait planqué sous sa casquette en peau-de-raton-laveur, le combo s'ouvre lui-même la voie à notre sélection.

Note réelle : 4,5/5.


===
(*) Là où les précédentes œuvres avaient bénéficié de versions 'Deluxe' ou d'éditions spéciales (la box de "Skadi"), Eisenwald se contente cette fois de toutes sobres et somme toute tristement régulières éditions CD et vinyles.

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- Clayton Cushman (guitare, basse)
- Justin Siegler (guitare)
- Dave Borrusch (basse)
- David Csicsely (batterie, chant)


1. Voland
2. January
3. Thaw
4. Bathe The Stone In Blood
5. Harvest
6. Servitude



             



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