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- Style : Agalloch, Gallowbraid
 

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The FLIGHT OF SLEIPNIR - V. (2014)
Par WËN le 16 Avril 2015          Consultée 1732 fois

L’hiver précédent, nous avions abandonné, gisants immobiles, les impavides héros dont THE FLIGHT OF SLEIPNIR nous narrait les exploits en sa si bien nommée et terne "Saga" (2013). Une année et demie plus tard nos deux hérauts du nouveau monde, Clayton Cushman (chant, guitare, basse et clavier) et David Csicsely (chant, batterie et artwork), reviennent déjà à l'assaut, le drakkar rempli d'une nouvelle pelletée de compositions aux doux relents de ce si particulier Doom-Black naturaliste, spirituel et spiritueux, qui est le leur. Car bien que le duo du Colorado se plaise à aborder les épopées nordiques dans toute leur splendeur puis leur déchéance, rappelons qu'ici les riffs qui tabassent, les claviers grandiloquents et les chœurs épiques, invitant à charger l'ennemi dans notre plus simple appareil, ne sont pas de mises.

A la place, la musique de THE FLIGHT OF SLEIPNIR se veut plus contemplative et se fait l'instrument idéal pour pleurer les fiers guerriers tombés en disgrâce et dont le fumet rance de la mort, le froid et le vent glacial qui s'engouffre en hurlant entre les crêtes déchirées des fjords, sont dorénavant les seuls compagnons. S'appuyant sur sa propre expérience mais aussi sur les victoires de ses frères d'armes, AGALLOCH et GALLOWBRAID, la formation affûte ces lames dont on la sait familière et fine usagère : guitares acoustiques contrebalançant idéalement riffs plombés caractéristiques, chœurs éthérés au feeling très 60s sachant prendre l'ascendant sur le chant Black principal (croassé de manière toujours convaincante), mais surtout, un spleen caractéristique et profond ne manquant jamais de ressurgir lorsque l'auditeur s'y attend le moins. Et c'est là tout l'art de THE FLIGHT OF SLEIPNIR, savoir maintenir ce parfait équilibre entre délicatesse et lourdes débauches sonores, sans jamais tomber dans le vulgaire ou le grossier.

Si le troisième album était celui de la révélation à un public plus conséquent, ce jet-ci se doit d'être celui de la confirmation, d'autant plus que cette signature toute fraîche chez Napalm Records devrait permettre au duo d'outre-Atlantique de sereinement affermir son assise sur ces rivages-ci de l'océan. Malgré ce confort relatif, TFOS prend toutefois le parti de continuer à faire évoluer sa musique et en cela, "V." est loin de ressembler à son aîné. Déjà, les morceaux gravés ici sont plus longs, passant d'une moyenne de 5 à 8 minutes. De ce changement de format, vont découler deux éléments aux incidences directes sur le ressenti de l'œuvre, tout du moins en ce qui nous concerne. Les compositions s'en trouvent moins virevoltantes, plus traditionnelles en terme de structure (couplets, refrains, ponts, etc …), si bien que, d'une part, nous perdrons un peu l'impression d'assister à une fresque épique aux multiples chapitres pour autant de rebondissements, où le groupe savait nous surprendre au détour de chaque riff, nous faire subitement rebrousser chemin pour mieux nous perdre dans ces bois enneigés et inhospitaliers. D'autre part, avec cet allongement significatif des titres, les idées et les éléments propres au combo semblent également plus épars, plus dilués, si bien que survient parfois cet étrange sentiment d'étirement sans but précis de certaines compositions, sans que l'on puisse exactement déterminer là où le bât blesse. Et c'est regrettable à dire, mais de ce fait, la magie s'estompe et l'œuvre y perd malheureusement en mysticisme.

Ce précédent paragraphe, nous l'admettons, pourra paraître plutôt sévère, d'autant plus que, pris séparément, "V." comporte néanmoins son lot d'excellents morceaux et de passages épiques du tonnerre de Thor, "Beacon In Black Horizon" (ne vous fiez pas à la version 'edit') et "Archaic Rites" en tête, où le chant féminin, et même la flute, viennent prendre part à l'assaut, histoire de donner le change au chant Black principal et aux lourdes guitares. D'une manière générale, nous ne pourrons non plus nier le talent des deux compères dès lors que la distorsion se tait et que les guitares se font mélodiques (les soli de "Headwinds","The Casting", "Sidereal Course") ou acoustiques (l'introduction de "Gullveig", l'instrumental "Eleven Rivers"), laissant ainsi agir cette délicate magie mélancolique et unique dont ils savent draper leurs accords les plus brumeux. Nous noterons tout de même que sur ce "V.", le spleen inhérent à la musique du duo se trouve en retrait, ce dernier privilégiant cette fois une approche parfois plus directe et martiale, aventurière presque, de la chose. La preuve : question lourdeur, nul besoin de faire appel aux natifs de Jötunheim pour nous asséner quelques graves et puissantes litanies (le dramatique "Equinox", "Nothing Stands Obscured" et son final black-sludge néanmoins bercé d'un mélancolisme certain), preuve que, quels que soient ses apparats, la musique de THE FLIGHT OF SLEIPNIR demeure avant tout rattaché à ses racines Doom-Metal.

Ne nous y trompons donc pas, "V." demeure un opus de très bonne facture; dur de ne pas lui reconnaître ses qualités et c'est bien pour cela qu'en aucun cas nous n'irons jusqu'à parler de "déception". Seulement, force est d'avouer que sur ce dernier, le groupe, peut être à cause de cette tendance à perdre le fil de ses propres propos en d'inopportunes circonvolutions, ne nous transportera pas autant que sur son prédécesseur; les blanches et sylvestres contrées de ses terres natales ne se révélant à nous qu'en de trop rares occasions. TFOS demeure un groupe au savoir-faire indéniable et dont le style, assez unique, l'univers graphique si personnel et l'imagination ne risquent pas de nous lasser de sitôt, c'est juste qu'en l'occurrence, avec cet album en demi-teinte, il rate ici son cœur de cible, laissant une partie de son auditoire (sans doute les plus exigeants) sur le carreau. C'est vrai que la durée du disque n'est peut-être pas étrangère à tout cela non plus : 10 titres approchant les 75 minutes pour l'édition limitée (le véritable découpage de l'œuvre, les bonustracks s'intégrant parfaitement au reste), c'est long, très long, pour le style pratiqué et l'essoufflement est toujours à craindre.

Enfin, nous supposerons également que, l'effet de surprise passé, la magie n'opère peut-être simplement plus autant et nous nous permettrons donc de conclure en nous interrogeant sur le point suivant : qu'en eut-il été si nous avions découvert THE FLIGHT OF SLEIPNIR avec cet opus ? Dans l'euphorie de la découverte il est fort à parier que notre avis ce serait fait moins mitigé. Toujours est-il que cette fois-ci nous n'avons juste pas eu ce déclic que nous étions en droit d'attendre du groupe sur l'ensemble de cet opus …

… Mais nous ne saurions néanmoins que trop vous conseiller, amateurs de Black, de Doom, de Folk et d'atmosphères délicates, d'y jeter une oreille, ne serait-ce que par curiosité. Ce ressenti globalement mitigé (et personnel, soyons franc) mais pas négatif pour autant, ne doit pas éclipser la qualité intrinsèque de celui-ci, ni le savoir-faire indéniable du duo lorsqu'il s'agit de signer une œuvre contemplative qui demeure fortement recommandable.

Note réelle : 3,5/5.

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- Clayton Cushman (chant, guitare, basse, clavier, production)
- David Csicsely (chant, guitare, batterie, artwork)


1. Headwinds
2. The Casting
3. Silent One (bonustrack)
4. Equinox (bonustrack)
5. Gullveig
6. Archaic Rites
7. Nothing Stands Obscured
8. Eleven Rivers (bonustrack)
9. Sidereal Course
10. Beacon In Black Horizon



             



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