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WHYZDOM - As Time Turns To Dust (2018)
Par HAPLO le 22 Août 2021          Consultée 319 fois

Quand, malgré de nombreuses péripéties touchant aux renouvellements successifs de chanteuses, on est tout de même parvenu à se hisser comme le combo incontournable de la scène Metal Sympho hexagonale et que la dernière diva en date, en l’occurrence la lumineuse petite boule d’énergie (et de décibels!) nommée Marie Rouyer, ne prend pas la tangente comme ses trois prédécesseurs, et qu’elle est même à fond pour enchaîner sur un nouvel album, alors, on peut normalement estimer que l’horizon se dégage enfin, qu’un brin d’arc en ciel vient vous lécher la joue, et qu’on va finalement pouvoir se faire plaisir en étant serein…

Devant néanmoins assumer un petit changement de line-up (le bassiste Xavier Corrientes tire sa révérence pour laisser la place à Tristan Demurger), WHYZDOM peut enfin poursuivre sur sa lancée et profiter de la belle impulsion fournie par son dernier opus studio ("Symphony For A Hopeless God" – 2015) pour faire preuve de continuité artistique et envisager la poursuite de ce (beau) voyage musical tout en contentant ses fans. C’est que ce gang parisien mené par son mentor Vynce Leff aura sans doute également pensé qu’un second album d’affilée avec la même frontwoman derrière le micro serait en outre le moment tant attendu par certains snipers pour se placer dans le tournant afin d’observer si le navire risque de tanguer un chouïa voire de chavirer : L’album tant attendu de la maturité se révélera t'il comme une glorieuse confirmation de ce que WHYZDOM laissait entrevoir malgré son turn-over de divas ou au contraire, sans excuses ce coup-ci, comme un vilain pétard mouillé ? En l’occurrence, la réponse du groupe apparaît le 06/04/2018 dans les bacs avec un titre aux relents Ô combien philosophiques : "As Time Turns To Dust".

La bonne nouvelle, c’est que nos zicos métallo-symphoniques sont en pleine forme ! WHYZDOM, dans la droite lignée de ses opus précédents ("From The Brink Of Infinity" 2009, "Blind?" 2012 et
"Symphony For A Hopeless God" déjà cité), nous offre un Metal ample, lourd, enrichi aux orchestrations symphoniques, aux chœurs puissants (dont certains en français s’il vous plaît !), et où les nombreuses couches instrumentales s’additionnent aux multiples variations mélodiques et autres circonvolutions de tempo propre à un style volontairement exigeant. WHYZDOM c’est la richesse, la générosité… L’opulence chargée digne du style rococo retranscrit en matière musicale.
Pour donner le "La" à ces instrumentistes tant adroits que généreux, la chanteuse n’est pas en reste, loin de là : Marie ayant pris ses marques sur l’album précédent, elle confirme ici les énormes capacités qu’elle possède en poussant son chant et ses limites au niveau supérieur. Oscillant sans complexe et sans heurts entre voix classique et chant lyrique, entre style rentre-dedans et passages tout en retenue, Marie s’impose ici comme le véritable centre de gravité du combo : agile, talentueuse, énergique, omniprésente. Une présence qui éclaire, guide et rassure, mais dont il faudra peut-être mieux régler le curseur afin d’éviter le risque d’usure et dans le pire des cas d’overdose. La musique de WHYZDOM étant déjà multi-vitaminée par nature, il peut être risqué d’y ajouter une couche (trop) épaisse de sucrerie vocale, même délicieusement fouettée et goutteuse à souhait !

La moins bonne nouvelle, c’est que WHYZDOM semble s’attaquer à cet album pourtant attendu dans les tournants avec une belle interrogation sur ce qui doit évoluer (ou pas !) dans son style et sur ce qui plaisait jusqu’à maintenant à son public… "As Time Turns To Dust" était-il le meilleur moment pour se poser cette question ? A contrario, et vu l’histoire d’un combo qui se pérennise sérieusement enfin pour la première fois, n’était-ce pas, à l’inverse, le moment idéal pour franchir cette étape ?

Concrètement, "As Time Turns To Dust" se divise pour moi en deux facettes qui plairont de manière variée selon que l’on soit un fan historique et indécrottablement contre toute idée d’évolution ou à l’inverse que l’on apprécie qu’un groupe fasse avancer sa musique, quitte à prendre quelques risques… Le problème étant que ces deux visions soient simultanément présentes sur un même album : ce qui risque de ne plaire ni aux indécrottables et encore moins aux progressistes !

À ma droite, le bon gros matou WHYZDOM, roulé en boule dans son panier préféré à proximité d’un vieux radiateur : nourri au lait de Telya Melane, ayant lu plus de quatre-vingt fois l’excellente chronique de Maître Fredouille sur les débuts du combo, collectionnant les rares vidéos sur lesquelles Elvyne Lorient apparaît tout en connaissant par cœur les dates de concert pour lesquels Lisa Middelhauve a assuré l’intérim. Notre minet est un accroc historique ! Il se délectera tout naturellement du très Whyzdomien titre d’ouverture "Armour Of Dust" dont les chœurs dignes d’une cathédrale lancent si bien la voix haut perchée d’une Marie en pleine forme ainsi que la rythmique velue à souhait hérissée de double grosse caisse dans la plus pure tradition du combo… Il ronronnera également d’allégresse à entendre le riche et imposant "Armageddon", titre-fleuve dont la ligne rythmique compressée et si bien portée par un chant très offensif oscille entre des chœurs psalmodiant et un bridge médian apaisant particulièrement bien amené. Il risque cependant d’être un tantinet moins convaincu par l’ambitieux et (se voulant) accrocheur "Angel Of Tears" voire demeurer sur sa faim à l’écoute de la balade, certes musclée, mais qui n’apporte finalement pas grand- chose à l’édifice, "The Page". Le reste de l’album ne cessera de l’interroger sur ce groupe qu’il pensait connaître…

À ma gauche, le jeune matou maigrelet WHYZDOM en équilibre précaire sur un bord de gouttière parisienne (les plus glissantes !) à la recherche d’une âme sœur, d’un combat avec un rival ou de son destin : se foutant comme de sa première écorchure de l’histoire pourtant riche en rebondissements du combo, il apprécie tout particulièrement sa dernière chanteuse en date et les nouveaux horizons susceptibles d’être explorés par les musiciens (à l’image des titres emblématiques "The Mask" ou "Theory Of Life" sur le dernier opus de 2015) et se moque éperdument du respect dû à la sainte tradition métallo-symphonique WHYZDOMienne. Ce jeune casse-coup miaulera à en réveiller le quartier à l’écoute du très original et rapide "Free As a Bird" au refrain basé sur un chant lyrique flirtant avec les limites de la dissonance tout comme au solo de guitares acoustiques, il frissonnera d’aise en se laissant assommer par la rythmique déménageante succédant à l’intro digne d’un space opéra du prenant "The Mistchild" ou encore griffera la première main passant à sa portée, gonflé par toute l’énergie contenue dans le titre coup de poing (mais qui sort si agréablement des ornières habituelles de WHYZDOM) aux relents hargneux comme peut l’être "Follow Your Heart". Le reste de l’album lui donnera vraisemblablement l’envie d’aller chercher l’aventure sur une autre gouttière…

Ces deux visions qui cohabitent sur une même galette risquent ainsi d’engendrer une incompréhension générale sur ce que veut réellement faire et donner à écouter WHYZDOM aujourd’hui. Un "entre-deux" où le talent des musiciens est certes bien présent tant dans la composition que dans le jeu, mais qui interroge sur la direction à suivre pour nos piou-piou parisiens. La performance de Marie, tout en étant irréprochable (ce que certains on cru discerner comme une difficulté / limite sur "Free As a Bird", je l’entends comme le jeu volontaire consistant à longer une frontière vocale), m’apparaît néanmoins ici un chouïa trop verbeuse : des parties chantées un peu moins longues et fournies permettraient tant à la diva qu’à l’auditeur de reprendre plus posément sa respiration et d’apprécier ainsi pleinement l’ensemble !

Étant parvenu à introduire ma carcasse osseuse entre les deux barreaux tordus d’un soupirail, je pénètre dans le grand hall du manoir gothique de WHYZDOM. Après avoir fait mes griffes sur une luxueuse tenture murale et avoir fait dégringoler trois potiches inutiles qui accrochaient la poussière, je viens gratter la porte de Marie Rouyer avec toute l’insolence qui caractérise la gente féline. Elle me prend dans ses bras sans apercevoir le 3/5 que j’ai hâtivement gravé dans le bois tendre du seuil : "As Time Turns To Dust" est un bon album mais il n’est pas que pour moi et mon seul plaisir… Ce n’est cependant pas ce qui m’empêchera de ronronner !

- pour la prise de risque : "Free As A Bird".
- pour la mélodie prenante : "The Mistchild".
- pour les inconditionnels : "Armour Of Dust".

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   HAPLO

 
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- Marie Rouyer / Mac Leod (voix)
- Vynce Leff (guitares, orchestrations, chœurs)
- Régis Morin (guitares)
- Marc Ruhlmann (claviers, chœurs)
- Tristan Demurger (basse)
- Nico Chaumeaux (batterie)


1. Armour Of Dust
2. Armageddon
3. Fly Away
4. The Page
5. Follow Your Heart
6. Angel Of Tears
7. Free As A Bird
8. The Mistchild
9. Dust We Are



             



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