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WHYZDOM - Blind? (2012)
Par HAPLO le 11 Juin 2019          Consultée 301 fois

Le monde du Metal Symphonique à chant féminin est impitoyable ! Il faut dire que plus que dans toute autre catégorie métallique, les capacités vocales et la personnalité de la chanteuse (si ce n’est sa plastique avantageuse) sont au centre de l’image et du concept du groupe ; intimement liées à la charge émotionnelle transportée par les morceaux et de ce fait, au cœur de la passion de nombreux fans…

On ne peut que se souvenir avec émotion des larmes de Tarja, lors de cette première interview après son débarquement en bonne et due forme du tank nordique NIGHTWISH, et surtout du réel et long traumatisme qui s’en est suivi pour tous les amoureux du groupe, afin toucher du doigt le rôle essentiel et la place prise par nos cantatrices métalliques durant cette dernière décennie.

Pour faire simple, quand dans un groupe de Metal Sympho, la chanteuse se barre / se fait virer, c’est un peu le toit de la maison qui se fait la malle en pleine tempête ou le premier violon qui pose un lapin à tout l’orchestre un soir de concert pour des œuvres de charité ! Bref, il risque d’y avoir des feuilles mortes dans le salon et des tomates sur les violoncelles…

Alors des puristes me diront : « ouais, d’abord, tel batteur gaucher avait une telle frappe extraordinaire et son jeu unique de charley un son tellement jazzy-samba que sa marque manquera à jamais... ». OK d’accord, mais tout de même, posez la main droite sur la rétrospective de l’intégrale d’AFTER FOREVER et jurez-moi ne jamais avoir fait chauffer au rouge votre écran préféré en regardant le ravissant minois de Simone Simons ou la longue robe noire sur laquelle viennent cascader les cheveux blonds incendiaires de Liv Kristine !

Prisonnier de mes propres démons j’ai, comme des millions de fans, battu le record du monde d’apnée lors de la première reprise live de "Ghost Love Score" par la talentueusissime et magnifique Floor Jansen…

En outre, pour ceux qui suivent toujours et qui ont eu la clairvoyance de lire la chronique du premier opus de WHYZDOM "From The Brink Of Infinity" paru en 2009, nous avions laissé Maître Fredouille rempli d’espoir quand à l’avenir prometteur de ce jeune et brillant groupe français alors conduit par la sirène Telya Melane.

Et là : patatras ! ...

Extrait du communiqué publié en juin 2010 par Telya :
« Chers tous ! Toutes les belles histoires ont une fin. La fin d'une aventure pour moi. Je vous annonce que j'ai décidé de quitter l'aventure WHYZDOM. Les raisons qui m'ont poussée à faire ce choix sont à la fois personnelles et artistiques [...] »

Le groupe, par la voix de son mentor guitariste, Vynce Leff, se veut rassurant et diffuse dans la foulée un vaste appel à candidature pour recruter une nouvelle chanteuse. Les concerts programmés sont bouclés vaille que vaille avec des remplaçantes brillantes mais temporaires (Lisa Middelhauve, ex-XANDRIA) et l’année finie par l’annonce du nom de la successeure officielle en la personne de la jeune et ravissante soprano originaire de Lyon, Clémentine Delauney.

Mais la malédiction de la chanteuse métallique-symphonique est toujours bien présente pour WHYZDOM… Et bis-repatatras ! Clémentine s’envole après quelques mois vers d’autres cieux musicaux qui lui semblent plus prometteurs (elle officiera au sein de SERENITY, MYRATH, VISIONS OF ATLANTIS…), et nos musiciens parisiens se retrouvent ainsi une nouvelle fois en plan ! À la différence près que la maquette du deuxième album "Blind ?" est presque bouclée et que c’est la voix de la future-ex qui y donne le « la »...

Nos amis vont donc une nouvelle fois se mettre en quête de la perle rare… Qui finira par apparaître sous les trait de la jeune Elvyne Lorient dont la voix sera réenregistrée sur l’ensemble des pistes de l’album ! Enfin, "Blind ?" peut annoncer le retours du p’tit génie sympho français...

C’est donc le fruit de ces péripéties quelques peu rocambolesques (et aussi selon moi, la somme d’un certain volume de stress pour les membres du groupe, conscients d’être attendus au tournant avec ce second opus) que je me propose de parcourir plus avant.

Bonne nouvelle, WHYZDOM n’a pas viré sa cuti au Disco-Prog ou au Pop-Rock FM : on reste dans du bon Metal symphonique en cohérence complète avec le premier album assorti d’une patte musicale bien identifiable. Des guitares lourdes délivrant des riffs compressés, une base rythmique très présente collant à la structure harmonique, une ambiance globalement chargée, lourde, épaisse ; des orchestrations symphoniques bien menées : je suis rassuré ! Les Français de WHYZDOM sont de retour et manifestement en pleine forme avec les onze titres qui composent cet album.

Le premier sentiment après une écoute complète de "Blind ?" reste l’extrême richesse instrumentale déployée par nos compatriotes : introductions particulièrement travaillées intégrant des orchestrations ou des sonorités folkloriques, de nombreux passages mêlant chœurs et instruments, des transitions en changement de tempo ou en passage voix a cappella, des refrains qui se veulent accrocheurs sur des mélodies appuyées : "Blind ?" prouve, si il en était besoin, le haut degré de maîtrise de la musique en général et de leurs instruments respectifs en particulier qui caractérise les musiciens de cette formation. L’ensemble de l’album dégage une ambiance cohérente faite d’un Metal Symphonique travaillé, riche, varié, tant dans ses structures que dans le rôle que peut y jouer chaque instrument.

J’ai d’ailleurs précédemment évoqué « une écoute complète de l’album », mais l’oreille humaine ayant ses propres limites, j’aurais tendance à déconseiller au néophyte de s’y coller ainsi brut de décoffrage : les musiciens, peut être frustrés par ces trois longues années d’incertitudes, ont tendance à charger la barque comme un véritable porte-container ! Cette belle corne d’abondance musicale coule en effet à flots épais et ininterrompus, au risque de saturer la capacité d’audition de l’humain moyen pris entre ces rythmiques chargées, ces orchestrations classiques récurrentes et surtout une double grosse caisse parfois omniprésente qui va jusqu’à masquer certains passages de manière regrettable. Amoureux des mélodies simples et intimistes ; galette à écouter à dose homéopathique donc…

Et là Ô, lecteur attentif, après t’être tartiné mon introduction dithyrambique sur la place et le rôle centraux de la chanteuse dans le Metal Sympho à voix féminine, tu peux à juste titre me reprocher mon manque de cohérence car nous n’avons en effet pas encore évoqué le chant d’Elvyne Lorient … j’y venais justement !

Tout en gardant à l’esprit que les onze titres présentés n’ont à l’origine pas été composés pour sa voix, on a néanmoins le sentiment que la jeune donzelle s’en sort honorablement. Sans faire oublier Telya, Elvyne parvient selon moi à se couler dans le style de WHYZDOM et réussi même à rivaliser avec la petite diva de "From The Brink Of Infinity" sur certains morceaux où l’osmose avec les instruments semble particulièrement réussie ("The Lighthouse", "Dancing With Lucifer", "Cassandra's Mirror" aux résonances folkloriques, l’excellentissime "On The Road To Babylon" ou encore la fausse balade "Paper Princess"...). Aidée en cela par l’inspiration musicale réellement présente sur ces morceaux de qualité, Elvyne y intègre son timbre particulier et en porte très correctement la partie vocale. Dans un style musical qui reste modélisé par la performance de frontwomen de légende (Tarja, Floor, Simone…) la jeune française apparaît comme concourant certes dans une autre catégorie, mais fait néanmoins dignement le job sur des titres créés, rappelons-le, pour une autre qu’elle.

J’en profite d’ailleurs pour glisser ici un p’tit chouïa de regret concernant ce sympathique groupe français, qui comme tant d’autres, choisi la langue anglaise pour s’exprimer (les paroles étant, à l’inverse de la musique assez simples), ce qui peut se comprendre pour des raisons commerciales, mais gâche un tantinet le plaisir de l’écoute… Voilà, c’est dit !

Pour en revenir à nos Metal-Symphonistes hexagonaux, et pour le reste des morceaux présentés ("The Spider", "The Wolves", "Venom And Frustration", "Lonely Roads" et "The Foreseer"), sans être musicalement mauvais -loin de là - ils n’ont cependant pas réveillé en moi la même dynamique que ceux cités précédemment. J’ai sans doute été victime de la « surcharge » musicale induite par la générosité des musiciens et le nombre d’écoutes ! Étrangement, le dernier morceau "Cathedral Of The Damned", malgré sa longueur de plus de dix minutes, tire son épingle du jeu tant par son intro symphonique avec chœurs, sa montée en puissance marquée par des accélérations et de bonnes transitions, ses solos aériens et sa belle fin (voix et chœurs).

Alors oui, cet album n’était peut-être pas celui prévu par les musiciens de WHYZDOM ni par les fans du groupe pour confirmer le premier espoir de 2009… Mais notre formation « made in France » nous présente me semble t’il une performance tout à fait respectable et surtout écoutable au vu des aléas subis pour l’accouchement : ceci, même si on l’aurait peut-être aimée un peu plus mesurée et aérienne (si,si, le Symphonique peut être aérien, écoutez donc le prélude de l’opéra de WAGNER "Lohengrin"…).

C’est donc tout rempli de ma subjectivité cocardière que je fracasse néanmoins les vitraux de la cathédrale avec un 3,5 clouté en hurlant sous mon casque Goth « CocoricooooO ! »

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- Elvyne Lorient (chant)
- Vynce Leff (guitare, orchestrations)
- Regis Morin (guitare)
- Xavier Corrientes (basse)
- Marc Ruhlmann (claviers)
- Nico Chaumeaux (batterie)


1. The Lighthouse
2. Dancing With Lucifer
3. Cassandra's Mirror
4. On The Road To Babylon
5. Paper Princess
6. The Spider
7. The Wolves
8. Venom And Frustration
9. Lonely Roads
10. The Foreseer
11. Cathedral Of The Damned



             



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