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WITHERFALL - Curse Of Autumn (2021)
Par HAPLO le 23 Juillet 2021          Consultée 916 fois

Mais quels genres de pensées et de questions ont bien pu traverser l’esprit de nos deux vieux briscards métalliques virtuoses incarnés par Joseph Michael (chant halluciné) et son compère Jake Dreyer (guitares déchaînées) au moment de composer les titres meublant le troisième opus studio du combo mélodico-abrasif californien WITHERFALL ?

Car, en quelques années à peine, ces deux coreligionnaires s’étant artistiquement télescopés chez WHITE WIZARD ont su, en réunissant autour de leur fougue riffée d’autres pointures de la côte Ouest des US comme le très efficace Anthony Crawford (basse aiguisée) ou encore le vif et regretté Adam Paul Sagan (batterie montée sur tourelle rotative), imposer l’idée que le Heavy Prog américain était non seulement loin d’être enterré mais qu’il avait encore de beaux jours devant lui.

- un style et une signature musicale unique ?
Mené par l’organe vocal aux personnalités multiples d’un Joseph Michael sans limites apparentes et charpenté sur les rythmiques ultra-ciselées ou les soli acrobatiques d’un Jake Dreyer au sommet de son art, WITHERFALL s’est clairement créé un son inimitable, reconnaissable entre mille et prototypé pour la conquête : mélange unique de Prog Mélodique thrashisant, sachant mêler avec une technicité avérée, des racines clairement métalliques à des ingrédients plus acoustiques eux-mêmes enrobés d’ambiances claires-obscures bien prenantes…

- la notoriété ?
Fort du cocktail explosif dont la recette précède, et par le biais d’un élan de composition exacerbé par la mort brutale de leur premier batteur fin 2016, les membres de WITHERFALL ont su séduire un public fasciné par cette noirceur de style comme de destinée : qu’il s’agisse de la pierre fondatrice "Nocturnes And Requiems" de 2017 par laquelle ce combo improbable faisait découvrir au monde ahuri son acier tranchant et mélodique, puis de l’album de la tristesse révoltée ("A Prelude To Sorrow" - 2018) dont la profondeur et la grâce m’ont personnellement retourné, ou encore de l’EP de la consolation ("Vintage" 2019) aux sonorités acoustiques réparatrices… WITHERFALL surprend, plombe, épate, virevolte, et nous réconcilie avec un style que nous pensions connaître par cœur. La formation de Michael & Dreyer, alors en pleine lancée ascensionnelle remporte légitimement une belle estime ainsi qu’un succès pleinement mérités (à l’image des trois Kro déjà présentes sur NIME ben voui !) et boucle triomphalement le cycle menant à la maturité.

Alors, quid de ce nouveau chapitre qu’ouvre solennellement "Curse Of Autumn" lâché sur un monde viruso-stressé et semi-confiné en ce 05 mars 2021 ? accomplissement artistique ou pied dans le tapis ?

Premier constat : Il n’y a pas d’escroquerie sur la marchandise. Illustrés par une belle couverture mélodico-esthétique aux couleurs d’automne comme l’étaient ses prédécesseurs sur d’autres tonalités, le sang et les muscles de WITHERFALL sont bien présents ! Une musique reposant sur des riffs torpillants ou des arpèges hispanisants enrobés par une base rythmique tabassante et mouvante à souhait viennent magnifier les vocalises multi-facettes d’un Michael sûr d’une forme purement olympique. En l’espèce, c’est le sieur Marco Minnemann (Joe SATRIANI, The ARISTOCRATS ou encore Steven WILSON) qui, loin d’être un manchot, vient reprendre les baguettes à Steve Bolognese (œuvrant derrière les fûts sur "A Prelude To Sorrow") et qui succède à son tour avec un talent consommé à l’inoubliable Paul Sagan.

Seconde impression : La fougue et l’énergie chères à ce glorieux combo sont bel et bien présentes au travers des dix obus portés en soute par "Curse Of Autumn". Ceux-ci convient l’auditeur à une échappée belle allant de la pluie d’acier fondu sur tempo endiablé en passant par la balade mélancolique ou le mid-tempo classieux aux variations savantes comme sait si bien le faire WITHERFALL. La mise en place comme la haute technicité des musiciens est réellement impressionnante mais ne sombre selon moi à aucun moment dans la démo bête et méchante car demeurant au service de la musicalité et des ambiances successives. Le mixage, concocté par Jim Morris (SAVATAGE) reste sur une empreinte assez sèche, privilégiant légèrement la voix et les guitares, et affine ainsi la signature d’un groupe qui ne mise pas sur la profondeur de l’assise basse-batterie mais plutôt sur le binôme artistico-fondateur. C’est un choix.

C’est donc un sang chaud et épais qui irrigue les prestations du combo pour le plus grand plaisir des oreilles (et des autres organes d’ailleurs!) : après un court instrumental d’ouverture, le grand huit de WITHERFALL s’élance via la rythmique ciselée du Speed Mélodique "The Last Scar" au solo accélérant vers un refrain plombant à souhait et à la fin limite déjantée. Les fans sont rassurés, Michael et Dreyer n’ont pas succombé aux sirènes du Funk électro et sont toujours aux manettes d’un bon vieux bolide métallique pour nous rentrer dans le lard. Fidèles à ce qu’ils promettent, les musiciens donnent dans le haut de gamme avec le rugueux et sombre "Another Face" qui voit alterner des arpèges à la sensibilité écorchée avec des lignes rythmiques rageuses et hargneuses, nous emportant vers des sommets où la double grosse caisse s’efface pour un final a cappela ; mais aussi au travers du puissant et magistral "Tempest" dont les alternances très intelligemment agencées font passer ses 8’21 mn comme un simple courant d’air dont le bridge s’appuyant sur une ligne basse / batterie / guitare acoustique constitue le point d’orgue ! Du charnu, du tordu et du virtuose…

Mais "l’esprit" WITHERFALL est il bien là ? Cette sensibilité à fleur de peau, cette intelligence mêlant virtuosité technique et recherche mélodique tant dans les arrangements que dans l’immersion dans des mondes sombres, glauques et caressant à la fois ?
Ben, justement mon général… c’est là que, me semble-t-il, le bât blesse un tantinet. Époustouflant de profondeur et d’émotion face au décès d’un ami, WITHERFALL était parvenu à remplir ses compositions d’une sincérité nue, violente et brute. C’est cette épaisseur écorchée qui me manque un chouïa sur la majeure partie des titres de "Curse Of Autumn" qui m’ont l’air plus téléguidés pour plaire aux fans de la première heure que créés dans une véritable optique purement artistique.

À l’image d’une campagne commerciale très offensive préparant la sortie de l’album (arrêtez de me spammer par pitié, je vais l’écouter votre album !), WITHERFALL a mis les petits plats dans les grands pour inaugurer ce nouveau chapitre post-Sagan : Une production confiée au (très) controversé Jon Schaffer (ICED EARTH), pour un enregistrement réalisé par Tom Morris (TRANS-SIBERIAN ORCHESTRA), le tout enrobé à la sauce marketing, comme savent si bien le faire nos amis US, et pas moins de quatre singles égrenés depuis novembre 2020, pour rappeler aux fans tête-en-l’air qu’on se crève pas la paillasse pour rien et qu’au passage, tu peux commander un mug ou un tee-shirt… C’est pour la bonne cause !

Ce sont donc un certain manque d’épaisseur comme ces (petites) arrière-pensées marketing qui m’étreignent à l’écoute du trop court "Curse Of Autumn", de la belle balade "The River" au crescendo pourtant accrocheur mais surtout au niveau du titre fleuve de près de 16 mn clôturant l’opus "...And They All Blew Away" dans lequel WITHERFALL semble se perdre en circonvolutions, certes talentueuses et diablement synchronisées, mais qui forment finalement des jolis ronds dans l’eau...

Que l’on ne s’y trompe pas néanmoins : "Curse Of Autumn" reste un bon album qui permet de retrouver un WITHERFALL en pleine forme et qui dispense toujours une musique percutante avec la griffe que nous lui connaissons. Les vrais fans seront sûrement satisfaits et brûleront l’impression de cette chronique en rotant de la bonne bière. Je reste quant à moi un tantinet sur ma faim en me posant très sérieusement la question : faut il être malheureux ou vraiment désespéré pour faire de la bonne musique ? À suivre donc pour nos voyous de WITHERFALL.

Jeûnant depuis cinq longues journées dans cette vaste forêt d’automne aux relents dorés, je m’approche de cette belle rivière qui s’écoule, à l’image de nos vies, sans que l’on en aperçoive la fin. Dans la terre humide de la berge, je trace un emblématique 3/5, note que j’aurais attribuée à n’importe quel autre combo que WITHERFALL pour l’écoute d’un "Curse Of Autumn"… et que je décide de maintenir malgré toute l’affection que j’ai pour cette formation ambitieuse. J’entends au loin les fans : merde, ils ont lâché les chiens !

- pour rentrer dans la chaleur du combat : "The Last Scar",
- pour retrouver la grâce qu’on aime tant : "Another Face",
- pour la balade pas trop tartouille : "The River".

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   HAPLO

 
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- Joseph Michael (voix, claviers)
- Jake Dreyer (guitares)
- Alex Nasla (clavier, backing vocals)
- Anthony Crawford (basse)
- Marco Minnemann (batterie)


1. Deliver Us Into The Arms Of Eternal Silence
2. The Last Scar
3. As I Lie Awake
4. Another Face
5. Tempest
6. Curse Of Autumn
7. The Unyielding Grip Of Each Passing Day
8. The Other Side Of Fear
9. The River
10. ...and They All Blew Away



             



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