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SPEED MÉLODIQUE  |  E.P

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2019 Vintage

WITHERFALL - Vintage (2019)
Par HAPLO le 19 Juillet 2019          Consultée 1233 fois

En débutant cette chronique, j’ai pensé commettre une grossière erreur : WITHERFALL n’étant pas encore connu sur NIME, est-ce pertinent d’entamer cette histoire en commentant un EP - même composé de huit morceaux sur près de 41 min - alors que le groupe avait sorti quelques mois avant un album studio digne de ce nom ? L’aspect nouveauté ne justifiant pas tout, je risquai de me fourvoyer et surtout de prendre l’histoire et la disco d’un groupe à l’envers en privant ainsi le lecteur d’une progression logique… Oui mais voila, WITHERFALL n’est vraiment pas un groupe classique et cet EP atypique s’inscrit dans une histoire qui mérite d’être contée si l’on souhaite réellement l’apprécier !

Constitué en 2013 sur les terres US de Phoenix autour du couple Joseph Michael (chant et synthé) – Jake Dreyer (guitares) qui se sont musicalement trouvés sur le projet WHITE WIZZARD, le duo va prendre dans ses sacoches le bassiste Anthony Crawford ainsi que le batteur Adam Paul Sagan (retenez bien ces initiales, elles ont toute leur importance…). Le combo fait ainsi ses premières armes et sortira un single d’échauffement "End Of Time" courant 2016 suivi d’un album studio "Nocturnes And Requiems" en 2017. Mais c’est fin 2016 que le destin frappe et emporte le batteur Sagan vers les terres des Walkyries suite à un cancer du sang. Cette perte brutale touche durement les membres du groupe, les projetant dans de profondes réflexions sur le sens de la vie, l’importance de l’instant présent sans oublier ce que peut représenter le passage vers l’après : bref, ils sont pour le moins artistiquement bouleversés et dans les faits très durement touchés par ce décès. L’écriture du second album va donc s’imprégner de tous ces sentiments cimentés par la tristesse collective pour donner naissance à "A Prelude To Sorrow" (A.P.S., on y vient…) véritable hommage au musicien et surtout à l’ami qu’était Adam Paul Sagan qui sortira fin 2018. La tristesse y côtoie la colère et l’indignation avec un Heavy Speed Mélodique rageur où la voix de Joseph Michael oscille entre le chanté et parfois le crié sur fond de rythmiques lourdes et de double-grosse caisse (le batteur Steve Bolognese aura été recruté pour succéder à l’ami regretté). Mais manifestement, nos musiciens endeuillés n’avaient pas su ou voulu tout dire au travers des dix morceaux qui composent "A Prelude To Sorrow" ; aussi jugent-ils utile de sortir quelques mois plus tard un EP musclé (41 min je le rappelle) comme un prolongement de l’album de la déchirure que pouvait représenter ce second opus studio.

Or, "Vintage" n’est pas qu’une simple suite ou même un trop-plein qu’on met en musique pour faire sa thérapie. Armé d’une couverture également signée par l’artiste Kristian Wåhlin (TIAMAT, EMPEROR, KING DIAMOND…) dont le style colle fichtrement aux circonstances mais avec une variation légèrement moins froide que pour la couverture de "A Prelude To Sorrow", "Vintage", en bouleversant les cartes et les habitudes musicales des musiciens, révèle selon moi une réelle progression dans l’acceptation de la douleur avec, en ligne de mire, le chemin vers l’apaisement. C’est donc une belle parenthèse musicale que nous offrent ici Michael, Dreyer et Crawford, aidés en cela par des amis, invités à apporter leur talent pour fortifier la ligne salvatrice de l’acceptation de la perte.

L’ambiance globale de cet EP est marquée par un souci de simplicité et de mélancolie. Les instruments et arrangements sont ainsi réduits au minimum syndical et ne sont là que pour soutenir un chant clair, intimiste, et interpellant l’auditeur sur le sens de la vie. On se retrouve ainsi sur la majeure partie des morceaux avec une guitare sèche, une basse et des percussions relativement discrètes. Une mention particulière pour la voix de Joseph Michael et les qualités de guitariste de Jake Dreyer : le premier démontrant toutes les capacités et les variations dont il est capable quant au second, son art consommé de jouer d’un instrument que l’on est plus habitué à écouter en saturé qu’en son clair et sans effets...

Et le coup porte ! La magie opère au travers des titres qui se succèdent naturellement en nous entraînant dans une ambiance instrumentale nostalgique et minimaliste, guidés par un chant inspiré, tantôt crescendo, tantôt continu mais toujours prenant. Les trois parties du titre "Vintage Medley" (Vintage Pt.I, Nobody Sleeps Here et Vintage, Pt.II) illustrent merveilleusement cette alchimie au sein de laquelle le groupe se transcende.

Qu’ils jouent et laissent s’exprimer cette nostalgie au travers de reprises de groupes qui les ont inspiré ("A tale That Wasn’t Right" d’HELLOWEEN) ou plus Pop ("I Won’t Back Down" de Tom PETTY) ou encore sur un titre initialement paru en bonus track de leur premier album réédité ("The Long Walk Home – December") les musiciens parviennent à les intégrer parfaitement à la couleur artistique de l’EP tout en y additionnant leur savoir-faire mélodique, instrumental et plus globalement musical...

Vient enfin le titre éponyme, qui clôt cet EP, que les fans connaissent puisque tiré de l’album "A Prelude To Sorrow" et dont les variations intimistes sont à l’origine des trois premiers titres. "Vintage" (re)place donc le groupe sur des rails mieux connus avec une formation complète, un son riche marqué par des riffs, un tempo et un solo bien plus « heavy » que le reste de cette parenthèse apaisante… Sans pour autant en dénaturer l’esprit car en étant la source.

Ainsi, contrairement à la règle établie qui veut que de (trop) nombreux EP reprennent des morceaux de bric et de broc pour faire du simili-inédit et piéger quelques fans naïfs ainsi persuadés de capturer du collector, WITHERFALL offre ici une belle balade musicale qui fini de donner du sens à son dernier album studio en le complétant et surtout en faisant entrevoir selon moi la voie de la guérison pour les membres du groupe. Se suffisant à lui-même, il peut aisément servir de porte d’entrée pour découvrir cette formation talentueuse, originale et potentiellement prometteuse. Il faudra sans doute pour réaliser cette dernière promesse que WITHERFALL sorte enfin de ce deuil comme semble l’indiquer le bouclage de la boucle avec cet EP.

Maintenant je le sais : je ne regrette pas d’avoir commenté "Vintage". Non content de le recommander à tout amateur de Heavy mélodique qui se respecte, je dépose précautionneusement un 4/5 au pied de la statue figée dans sa mélancolie au cœur de l’univers de WITHERFALL.

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- Joseph Michael (voix, claviers, guitares add, percussions add)
- Alex Nasla (claviers, piano, voix additionnelles)
- Jake Dreyer (guitares)
- Anthony Crawford (basse)
- Gergo Borlai (batterie additionnelle, percussions additionnelles)
- James 'timbali' Cornwell (percussions additionnelles)


1. Vintage Medley (vintage, Pt. I)
2. Vintage Medley (nobody Sleeps Here)
3. Vintage Medley (vintage, Pt. Ii)
4. A Tale That Wasn't Right (cover Helloween)
5. Ode To Despair (acoustic)
6. The Long Walk Home - December
7. I Won't Back Down (cover Tom Petty)
8. Vintage (album Version)



             



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