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POWER MÉLODIQUE  |  STUDIO

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- Style + Membre : Universal Mind Project
 

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DARKWATER - Human (2019)
Par HAPLO le 27 Mai 2019          Consultée 2023 fois

Toute discipline a ses repères, ses clés, ses balises incontournables. Souvent, ces repères ont eux-mêmes été établis par des personnes, pris au sens individuel ou collectif (dans le cas d’un groupe) qui ont fait « œuvre pionnière » et ont ainsi (re)défini le patron ou l’étalon de ce que sera dorénavant cette catégorie. Je reste d’ailleurs intimement persuadé que dans de nombreux domaines, ce n’est pas tant la performance proprement dite qui dicte sa loi que la manière dont celle-ci a été inscrite dans l’imaginaire du public / de l’opinion / des fans. Cette redéfinition peut avoir été liée à des circonstances émotionnelles particulières ou à un contexte qui nous permettent d’apprécier un talent donné alors qu’un mois avant on n’aurait tout simplement pas même détourné le regard et encore moins tendu l’oreille...

Dans la catégorie qui nous intéresse aujourd’hui, à savoir la sphère Metal Prog et Power Metal mélodique tout a été (presque) techniquement dit. Des monstres se sont érigés, ont régné et même si pour certains ils ont vacillé, leurs empreintes restent et resteront à tout jamais gravées dans les cœurs et surtout dans les oreilles de millions d’auditeurs plus ou moins adorateurs. Combien de vies et de destins marqués par les riffs et les mélodies si particulières des premiers albums de SYMPHONY X, les morceaux labyrinthesques et ad libitum de DREAM THEATER ou encore par cette symbiose entre la voix du Roi Khan et le style des morceaux sous le règne de KAMELOT ?

Ces influences nous marquent et nous tiennent : combien de générations de jeunes puceaux chevelus boutonneux et baveux ne se sont pas enfermés dans un garage avec leurs instruments pour tenter de reprendre des morceaux, des albums, voir des discographies entières de leur groupe(s) fétiche(s)? J’en parle avec d’autant plus d’expérience mais surtout de tendresse que cela a été mon cas ….

Les musiciens suédois de DARKWATER ne sont pas, quant à eux, ce que l’on pourrait considérer comme de jeunes puceaux chevelus boutonneux ni baveux. Ils ont même une certaine expérience, je vous laisse en juger par vous mêmes : Henrik Båth au chant (UNIVERSAL MIND PROJECT, NIGHT WATCH, HARMONY & WAKEN EYES), Markus Sigfridsson à la guitare (7DAYS, HARMONY) Simon Andersson derrière la basse (PAIN OF SALVATION s’il vous plaît), Magnus Holmberg (HARMONY) aux claviers et enfin le tapeur de fûts Tobias Enbert (HARMONY – aussi !) ont plus des profils de requins de studio que de joyeux amateurs qui se lancent dans le Power Metal mélodique parce que madame squatte la télé pour ne pas manquer le Kho-Lånta local : Et pourtant ils ont eux aussi leurs influences...

Formé en 2003, le groupe sort un premier album studio en 2007 "Calling The Earth To Witness" qui est manifestement bien accueilli par la critique nordique spécialisée même si l’ombre d’ANDROMEDA plane avec insistance au dessus des eaux sombres. Suit un silence de quelques années puis leur second opus voir le jour fin 2010 sous le titre "Where Stories End". Assisté par un nouveau bassiste, le groupe y affine son style, le son est plus puissant, les orchestrations prennent de l’épaisseur jusqu’au dessin de la pochette de l’album dont le style s’améliore (je sais, ce n’est pas ça qui nous fait rêver sous le casque mais quand même, zut ! Ça compte !).

Puis le trou noir sonore s’instaure ce coup-ci durant presque neuf longues années ! Chacun vaque alors à ses petites occupations (cf les quelques projets musicaux cités individuellement ou semi-collectivement plus haut…) et l’on remet les couverts en 2018-2019 ! Que va donc nous pondre le serpent de mer des eaux nordiques du Metal Prog/Power mélodique DARKWATER ?

Et bien pour leur troisième chapitre studio, les Suédois mettent les petits plats dans les grands avec l’argenterie svp ! "Human" accroche d’abord le regard avec une belle illustration de couverture rehaussée par un titre sobre. Ensuite, l’album dans son ensemble monte nettement d’un cran par rapport à ses prédécesseurs : son ultra-puissant et mixage intelligent respectant la dynamique de chaque instrument, équilibrage harmonieux voix-instruments-orchestrations. Pour ce résultat très appréciable, le quintet a fait appel à de rudes spécialistes dans le domaine : Mister Emil Westerdahl pour la production (THEOCRACY, HARMONY -et oui-, WAKEN EYES), avec comme comparse Jacob Hansen derrière la table de mixage (VOLBEAT, PRIMAL FEAR, AMARANTHE, DORO, EPICA, EVERGREY et surtout le dernier REDEMPTION ! - dont je vous recommande chaudement l’écoute par ailleurs). Bref, du lourd, du pro, de la bête de course !

Forts de cette rampe de lancement en acier chromé, nos musiciens peuvent laisser libre cours à leur imagination ainsi qu’à leur talent. Et du talent, ils n’en manquent pas ! Tant au niveau de la technique individuelle que de la cohésion d’ensemble, "Human" offre à l’amateur exigeant dix titres (sur près d'1h15 !) d’une grande qualité musicale. Chaque morceau apparaît comme une pièce spéciale, unique, travaillée puis affinée sur laquelle une mise en place irréprochable offre à chaque instrumentiste l’occasion de faire jouer sa technicité tout en contribuant au rendu collectif.

Qu’il s’agisse d’introductions particulièrement travaillées, de mélodies prenantes ou de refrains accrocheurs ("In Front Of You", "The Journey"), d’orchestrations pertinentes et équilibrées ("Turning Pages") ou encore d’alternances entre passages / riffs puissants et moments d’accalmie ("Burden"), on a affaire ici à des instants musicaux de (très) bonne qualité !
L’harmonie d’ensemble est bien établie, et j’irais jusqu’à affirmer qu’aucun des dix titres présentés ne m’a laissé indifférent (ce qui, il faut l’avouer, sur la durée d’un album, est assez rare : vous savez, le fameux morceau sur lequel on se dit « bon, ben brof, ben quoi ,ouaip, bon, ok »).

Idéalement, les deux parties de "Alive" puis le long mais succulent "Reflection Of A Mind" sont pour moi les deux pièces d’orfèvrerie qui rassemblent l’ensemble des qualités citées à l’instant et résument à elles seules le travail fourni et l’empreinte globale de l’album. La douceur d‘une harmonie simple y côtoie avec bonheur des rythmiques métalliques et aiguisées compressées par une base rythmique survitaminée. Des arrangements « classiques » ou mono-instrumentaux sont amenés par des transitions naturelles et rendent ainsi les offrandes musicales réellement captivantes.

Je rajouterais une mention particulière à l’ami Henrik Båth dont l’organe vocal accompagne / porte d’une belle manière les autres instruments et se révèle pouvoir atteindre des seuils plus qu’honorables…

Et à ce moment précis de la chronique cher lecteur, tu soupçonnes avec raison la remarque de la mort qui tue concoctée peinard derrière son clavier par l’abominable enfileur de perles qui rédige ces lignes : dans "Human", si le talent est donc bien présent… Quid du style et de l’imagination ?

Pour être franc, les premières écoutes de cet album m’ont irrémédiablement fait penser et ramené sans cesse vers KAMELOT. Des troublantes inflexions de voix du chanteur qui rendent l’esprit de Roy Khan omniprésent aux harmoniques rythmiques, bridges et tempo porté par la double grosse caisse ou des roulement en quadruples croches, jusqu’aux transitions et passages de piano, l’influence des Américains est troublante de présence… Mais pas unique ! Victime de ses influences et de ses racines musicales, DARKWATER a également tendance à lorgner fréquemment du côté de SEVENTH WONDER ou encore de SYMPHONY X en fonction des morceaux ou des passages concernés. Que l’on se comprenne bien ! Les Suédois ne réalisent pas ici un plagiat grossier des groupes sus-nommés mais semblent en être intrinsèquement et profondément imprégnés, ceci au risque de brider leur propre style et de n’apparaître au final que comme des musicos talentueux, armés d’un gros son, mais sans réelle identité musicale... Ce qui peux alors décevoir, ou pire, créer un sentiment de rejet, pour le metalleux impatient qui estimera que ce groupe n'a finalement rien à lui dire.

Exception faite de cette dernière remarque, nous avons ici selon moi un album de très bonne facture et qui plus est ne laissera pas les adeptes de ce style musical indifférents (originaux ou sous influence ? Le débat est ouvert). Le gros travail technique et qualitatif fourni ici par nos amis suédois est à souligner, ce qui me fait déposer un 3,5/5 boosté dans les eaux sombres des steppes nordiques.

PS : Au secours cher lecteur ! À force de multiplier les écoutes de "Human" nécessaires à la rédaction de la présente chronique, je commence à trouver que DARKWATER a un certain cachet et que je suis moi-même victime de mes propres repères et influences ! Procure-toi au plus vite cet album et viens m’aider à me dépêtrer du marécage psychologique dans lequel je suis maintenant englué !

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- Henrik Båth (chant, guitare)
- Markus Sigfridsson (guitare)
- Magnus Holmberg (claviers)
- Simon Andersson (basse)
- Tobias Enbert (batterie)


1. A New Beginning
2. In Front Of You
3. Alive (part I)
4. Alive (part Ii)
5. Reflection Of A Mind
6. Insomnia
7. The Journey
8. Burdens
9. Turning Pages
10. Light Of Dawn



             



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