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- Style : King Misfit, King's X, Odd Logic, Rush
 

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SPEAKING TO STONES - Speaking To Stones (2006)
Par HAPLO le 12 Janvier 2021          Consultée 303 fois

Dans la vie, il y a des choses pour lesquelles le temps nécessaire à leur accomplissement est un gage de qualité… Évidemment, les grosses barriques franchouillardes que nous sommes font que l’on pense quasi immédiatement au fruit (liquide) de la vigne dont le temps de vieillissement est souvent le synonyme de nectarisation. Mais tentons d’élever un tantinet le débat et laissons là les arts de la table pour revenir à ce qui régale nos oreilles métalliques cloutées aux si douces sonorités progressives… la musique !

Comme je l’ai déjà écrit ailleurs pour un groupe tel que les Suédois de DARKWATER, le temps qui passe, en enrichissant l’expérience des musiciens, peut s’avérer un allié précieux grâce auquel la composition se fait plus prolifique et l’interprétation plus épaisse… Or, à l’image du combo mené par Henrik Båth, l’aiguisé guitariste américain Tony Vinci a souhaité prendre tout son temps pour mettre au monde son premier-né dont nous parlons aujourd’hui… et à en écouter le résultat, il a eu foutrement raison ! Musicien new-yorkais inspiré mais totalement inconnu, c’est avec deux copains zicos fans comme lui de formations comme DREAM THEATER, RUSH ou encore KING'S X que Tony va commencer à composer quelques morceaux mêlant ses influences mélodiques Pop Rock à des riffs bien plus métalliques : nous sommes en 2004. Mais l’anonymat rimant souvent avec disette (le combo n’a même pas de nom !), ce trio sans bannière finit par se disloquer, laissant notre gratteux touche-à-tout (il s’occupe également de programmer la batterie, des claviers et de la basse…) bien seul face à sa table de mixage – gasp ! Le projet serait il mort-né ?

Mais la flamme Prog de la composition lui étant apparemment chevillée au corps, Dave Callari (basse et programmation batterie… aussi !) qui faisait partie de la brochette initiale raccroche finalement à ce projet un peu fou et ramène dans son sillage le claviériste Rich Dellapietra pour finir de donner vie à ce rêve Prog Rock teinté Metal. La cerise sur le gâteau sera quant à elle personnifiée par l’arrivée du très impressionnant vocaliste Richard Fink IV qui mettra illico sa si talentueuse oreille au service des arrangements harmoniques. Prenant chair et musique, le combo se donne enfin un nom : SPEAKING TO STONES ! Après deux ans de maturation nectarisante, l’album éponyme sortira enfin en 2006.

Au travers de ses huit titres aux couleurs uniques et aux ambiances si prenantes, SPEAKING TO STONES développe une musique riche, généreuse et qui possède surtout la particularité de parcourir l’intégralité du spectre de ce que nous englobons habituellement sous l’appellation de Metal Progressif : des arpèges les plus moelleux en passant par des lignes mélodiques et groovy où la basse brille par ses rondeurs (et qu’une fois n’est pas coutume, on entend parfaitement !) jusqu’à des rythmique urticantes et abrasives à loisir… Tony Vinci et ses complices parviennent à unir dans cette parenthèse musicale, avec un art consommé des transitions et des arrangements, l’ensemble des nuances qui savent si bien flatter nos petites oreilles de progueux. Leur art ne réside pas seulement à les aligner bêtement comme un athlète décérébré pourrait enchaîner les pompes sans fin, mais à les agencer d’une manière unique et intelligente pour un résultat pas loin de friser la perfection.
S’intégrant parfaitement dans ce modèle à la fois caressant et percutant, la voix claire et élastique de l’étonnant Richard Fink IV réussit à faire le grand écart entre une douce retenue et de déchirants hurlements, toujours en parfaite union avec les harmoniques projetées par les instruments.

Cette grande cohérence artistique d’ensemble donne ainsi une signature unique au style de SPEAKING TO STONES dont la musique semble s’animer et vivre d’elle même, oscillant entre une certaine technicité voulue pour la mise en place d’un côté et des mélodies simples, chantantes, facilement mémorisables de l’autre. Il en ressort des compos non linéaires et souvent captivantes…. L’équilibre ultime accordant fans de Prog technique et accrocs d’AOR ? Allez savoir.

C’est sur cette belle dynamique musicale que l’ami Tony Vinci vient poser son indiscutable talent guitaristique, tant technique que mélodique, avec des soli brillants, s’intégrant parfaitement aux morceaux ainsi qu’à leurs ambiances respectives qu’ils catapultent, ou avec des riffs velus et pilonnant qui donnent une teinte unique au couplet/refrain qu’ils soutiennent. Sans être l’album d’un guitare-hero, “Speaking To Stones” est néanmoins la création d’un guitariste qui y projette sa fondamentale : une guitare très présente, qui structure, assomme, gifle, caresse ou nous tire vers le ciel… confirmant sa dominance sur l’ensemble des huit (longs) titres qui meublent l’opus et dont elle se veut la colonne vertébrale.

Forts de cette musicalité aigre-douce, mais parfaitement maîtrisée et hautement équilibrée, les musiciens de SPEAKING TO STONES nous entraînent dans leur voyage où les titres s’enchaînent et se complètent, durant lequel on ne s’ennuie pas un seul instant, et qui font s’alterner très naturellement la douceur, l’énergie, et parfois la fureur…
Envoûté, on se laisse aller à les suivre. Je dois d’ailleurs confesser que les écoutes successives de cet album-univers, dont chaque facette brille d’une lumière unique tout en enrichissant l’ensemble, ne m’ont pas permis de discerner de passages vraiment faibles ou inutiles qui rompraient le charme en risquant de disloquer la coque de ce beau navire : Seul le sympathique mais sans vrai relief “Close To The Sky” pourrait éventuellement faire lever les sourcils avant de replonger dans le charme épais du combo. À l’inverse, le puissant “Rescue Me” armé de son couplet en escalade mélodique puis de son solo éclatant, le lourd et très prenant “Down” avec ses riffs plombants et son solo lumineux (bis) ou encore les longs, triturés mais délicieux “My Final Sin” ainsi que “Shallow”, en cumulant l’ensemble de ces qualités associées à des soli lunaires (ter !), m’ont littéralement captivé comme peu de titres l’avaient fait à ce jour…

Ainsi, comme tu n’auras pas manqué de le constater cher lecteur, “Speaking To Stones” m’a donc irrémédiablement tapé dans l’œil tant par sa musique intelligente et pêchue que par les ambiances hautement narcotiques qu’elle dégage. C’est à ce moment de la chronique que tes yeux s’adresseront à ton esprit pour lui rappeler que cet album présentement encensé n’a pourtant pas réussi à décrocher la timbale NIMiEnne matérialisée par les fameuses cinq étoiles ! Et oui, c’est avec une certaine rage que je dois admettre que nonobstant la présence d’une pochette moche à ravir (...on se croirait presque dans les années 80 !), l’œuvre de Mister Vinci et de ses complices pêche pour moi sous un angle et un seul… la batterie ! Au demeurant assez bien programmé pour qu’on finisse par en oublier l’artificialité numérique, cet instrument peine quand même sacrément à se hisser au haut niveau instrumental/vocal déployé par le combo. La chaleur, la profondeur et le feeling inhérents à une frappe humaine me manquent ainsi cruellement… absence de nuance et de dynamique qui font louper le nirvana musical de quelques fichus millimètres à SPEAKING TO STONES sur cet opus pourtant diablement mûrit et mature. Dommage. Notre ami guitariste en aura d’ailleurs peut être tiré les mêmes conclusions et ne débauchera pas moins que le batteur de FATES WARNING pour son second opus de 2012… mais c’est une autre histoire.

M’étant glissé dans la cave à vins de Mister Tony Vinci, où il n’y a pas que des crus californiens, j’inscris sur le mur de cette cathédrale du temps qui passe un magnifique et brillant 4/5 pour cette musique enchanteresse sortie de nulle part… à découvrir pour tout progueux qui se respecte !

- pour la pêche et le solo conquérant : “Rescue Me”
- pour les riffs et le solo inspiré : “Down”
- pour se laisser trimbaler sur une musique que rien n’arrête : “My Final Sin”, “Shallow” et le reste de l’album...

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- Richard Fink Iv (voix)
- Tony Vinci (guitares, claviers, programmation batterie et synthés, basse)
- Dave Callari (basse, programmation batterie)
- - Guest :
- Rich Dellapietra (claviers sur 2,3,6)


1. Still Life
2. Rescue Me
3. Waiting For...
4. Down
5. My Final Sin
6. Close To The Sky
7. Shallow
8. Nothing



             



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