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2006 Speaking To Stones
2012 Elements
2022 (In)human Error
 

- Style : King Misfit, Crusade, Status Minor, Osyron, Lifewalker, Graphic Light Theory, Rush, Odd Logic, King's X
- Membre : Fates Warning
 

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SPEAKING TO STONES - (in)human Error (2022)
Par HAPLO le 5 Mars 2023          Consultée 995 fois

S'il y a bien une qualité qu’il faut reconnaître à l’ami Tony M. Vinci, par ailleurs guitariste virtuose et multi-instrumentiste accompli, c’est bien de faire preuve, en plus d’une sacré propension à l’opiniâtreté stylistique, d’une foutue suite dans les idées ! Musicien 100 % pur sucre sachant allier une solide technique guitaristique à un art certain de la composition, cet américain inspiré (tous ne le sont pas !) est toujours soigneusement resté en dehors des radars du grand public, des médias trashy-people et n’a semble t’il jamais eu le souci de remplir des stades ou encore de s’acharner à synchroniser des effets pyrotechniques avec les mouvements saccadés d’un chef d’orchestre dirigeant un philharmonique servant d’ouverture à ses œuvres… et pourtant !

Pourtant, c’est en 2006 (et oui, ça ne nous rajeunit pas !), qu’après plusieurs années de composition artistique acharnée avec ses compères Richard Fink IV et Dave Callari que ce trio bizarrement autoproclamé SPEAKING TO STONES pousse son cri initial sous la forme d’un ovni éponyme dont le mauvais goût visuel de la pochette n’a pourtant d’égal que la musicalité riffée comme des soli guitaresques enivrants. Même la batterie électronique y paraît supportable, car si bien portée par cet ensemble vertueux !

Ce ne sont d’ailleurs pas moins de six longues années qui s’avéreront ensuite nécessaires à notre Maestro pour qu’un SPEAKING TO STONES au line-up sévèrement relooké publie un second chapitre à ce brillant éclair primordial : s’étant pour l’occasion adjoint les services de jolies pointures requinesques de studio (dont l’agile Mark Zonder de FATES WARNING derrière les fûts – oubliée la batterie électronique !), Tony Vinci déploie ainsi sur le lumineux "Elements" (2012) un Metal Prog’ riche et inspiré où ses soli à la fois mélodiques et virevoltants l’autorisent à adresser un magnifique pied de nez à tous les dinosaures powero-boostés qui squattent les feux de la rampe d’un genre ayant (parfois) du mal à se renouveler. Cette insolente figure de style vaudra en outre aux braqueurs de SPEAKING TO STONES moult chroniques enchanteresses et, plus important, le Graal cinq-étoilesque sur NIME et puis… plus rien !

Alors, ce n’est pas seulement par une pauvreté pourtant prévisible d’inspiration que j’ai volontairement plagié l’introduction de ma Kro d’"Elements" sur l’opiniâtreté têtue du leader de ce combo plus que confidentiel, mais surtout pour souligner le fait que cet olibrius accro au Prog’ classieux nous refait le coup près de dix ans après avec un "(In)Human Error" sorti du four en août 2022 et comme il fallait s’y attendre, une ligne de musicos complètement remaniée ! Pour ce nouvel opus publié en catimini en pleine période estivale et propulsé par une campagne de communication de lilliputiens (seul son compte Facebook claironne sur les ondes…), Tony Vinci s’est ce coup-ci entouré d’un tabasseur djentique plein de feeling en la personne de Mister Michael Malyan (MONUMENTS - DISPERSE) et de la voix aérienne et quelque peu nonchalante d’un Maxi Curnow qui grenouille quant à lui dans le circuit Prog’ Pop-Rock comme soliste ou comme pigiste. Bref, peu de moyens, pas de bruit et zéro com’ !

"(In)Human Error" n’en délivre pas moins un Metal Prog’ aux crocs acérés à la musicalité généreuse où la guitare d’un Tony Vinci en pleine possession de ses moyens tient dignement le premier rôle au travers de lignes rythmiques aggressivo-ciselées (et rapidement reconnaissables quand on connaît sa patte) comme de soli trouvant très naturellement leur point d’équilibre entre vitesse d’exécution et caresses mélodiques. Fidèle au subtile dosage qui caractérisait déjà ses prédécesseurs, "(In)Human Error", fort de ses neuf titres en soute, ne bascule pas dans la démo guitaristique pétaradante et préserve leurs espaces d’expression à des claviers présents sans être envahissants, à une basse discrète mais loin d’être invisible ainsi qu’à une batterie à la fois véloce et ramassée. L’ami Michael Malyan s’en donne d’ailleurs à cœur joie et y fournit un travail brillant en intégrant au style déjà bien nourri de SPEAKING TO STONES une frappe tant généreuse qu’appuyée dont la parfaite synchronisation accentuant les lignes rythmiques donne aux compositions du Maestro Vinci une épaisseur martelante bien agréable… ce couple s’est ici réellement trouvé !

Côté mix, on reste dans le camp des bonnes surprises pour des combos alternatifs aux moyens (forcément) limités mais qui parviennent quand même à fournir un résultat plus qu’honorable avec un grain dynamique et un équilibre global qui valorise bien les instruments. Ici également SPEAKING TO STONES nous sert un menu de qualité, même si celui-ci a été concocté par un Chef qui ne passe pas son temps dans des émissions de télé-réalité à dénigrer ce que proposent des moins beaux et des moins doués que lui !

Mais le temps des caresses s’achève… et il va me falloir aborder ce qui me chafouine le plus dans ce cru 2022 de SPEAKING TO STONES, à savoir le chant.
Maxi Curnow est sûrement un bon gars : bien fait de sa blonde personne, alimentant ses réseaux sociaux avec de jolies photos d’art en contre-jour et ayant même sorti plusieurs albums meublés de ses compositions (ce que je n’ai pas été jusqu’à écouter, je l’avoue!). L’intéressé n’est d’ailleurs pas doté d’une mauvaise voix, en l’occurrence un organe clair, à la fausse fragilité quelque peu éthérée dont les tonalités vaporeuses peuvent convenir à un Pop-Rock sage et un tantinet mélancolique… oui mais voilà ; la musique servie par les instrumentistes de SPEAKING TO STONES est tout sauf sage et mélancolique !

Dès lors, face aux riffs de joaillier balancés par le Maestro himself, aux breaks trépidants ou aux sympathiques séquences de double grosse caisse administrées par le monumental Michael Malyan, ou encore comparé aux multiples variations dont s’ornent les titres de ce combo généreux, les capacités vocales de l’ami Maxi semblent quand même un peu fadasses… Tout cela donne ainsi l’impression, malgré les qualités instrumentales que je viens d’évoquer et le fait que Maxi ne puisse pas être taxé d’être un mauvais chanteur, d’un joli décalage entre une indéniable virtuosité instrumentale et une voix ayant du mal à coller au sujet : par manque de hargne, de flexibilité, de performance… certains diraient d’implication. Il faut toutefois indiquer que sur les opus précédents, les brillantissimes prestations de l’illuminé Richard Fink IV puis du très accrocheur Andy Engberg faisaient des merveilles en collant au plus juste à l’art technico-rugueux de Vinci… la succession n’est donc pas aisée!

Alors, que penser de ce "(In)Human Error" dont l’annonce de la sortie m’a cependant tant réjoui ? L’optimiste de nature que je suis s’est clairement régalé à l’écoute du très convaincant "Gravity" et de sa petite ligne de piano délicieusement hypnotique comme de son solo tant rapide qu’acrobatique, de la fausse balade en embuscade "I'll Be Your Ocean" aux belles alternances entre passages velus et séquences plus calmes ou encore du coloré et riche "The Drowned And The Saved" aux riffs déboulonnant… Mais le Kroniqueur objectif que je tente d’être ne peut que se gratter la tête face à un très conventionnel "The Last Word" à qui il manque un refrain vraiment accrocheur, ou même à l’écoute de son voisin de gradin, le très similaire "The Human Stain" avec lequel il compose ce qu’il convient de désigner comme le ventre mou de l’opus.

Ainsi, malgré un effet de surprise qui ne joue plus et un chant pas forcément en phase avec l’énergie déployée au niveau instrumental comme à la technicité ambitieuse de ses nombreuses variations, SPEAKING TO STONES nous délivre quand même avec cet inattendu "(In)Human Error" un album solide et de bonne facture… démontrant une fois de plus par l’exemple qu’il n’est pas nécessaire d’être riche et célèbre pour produire de la bonne musique. Tony Vinci trébuche peut-être mais ne tombe pas, loin de là. A écouter pour les amoureux du genre qui accrocheront possiblement au style de Maxi Curnow : ce que je n’ai pas su faire.

Ayant terminé mes ablutions quotidiennes face aux Dieux Prog’ dans l’aile ouest du Grand Temple du Metal, je dessine avec ma baguette d’encens un discret mais indélébile 3/5 pour ce "(In)Human Error" destiné à exorciser mon amour immodéré pour les ch’tits groupes confidentiels qui alimentent la flamme éternelle de ce genre que je chéris tant. La perfection n’est pas de ce monde… ou alors, elle ne dure pas très longtemps !

- pour le peps mélodique : "Gravity",
- pour les montées en puissance : "I'll Be Your Ocean",
- pour la clôture sereine : "Ghosts".

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   HAPLO

 
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- Maxi Curnow (voix)
- Tony Vinci (guitare, claviers, basse)
- Michael Malyan (batterie)


1. A Moment Before The End Of The World Pt. I
2. A Moment Before The End Of The World Pt. Ii
3. Gravity
4. I'll Be Your Ocean
5. The Last Word
6. The Human Stain
7. The Drowned And The Saved
8. Echoes
9. Ghosts



             



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