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METAL MÉLODIQUE  |  STUDIO

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BENIGHTED SOUL - Cluster B (2020)
Par JEFF KANJI le 9 Janvier 2021          Consultée 536 fois

Avec le temps va, tout s'en va…
C'est ainsi que BENIGHTED SOUL rend les armes en 2020, après trois albums de qualité. "Cluster B" passera par la voie du financement participatif pour sortir physiquement, baroud d'honneur d'une carrière musicale impeccable dans un business complètement fauché où les belles photos, les productions rutilantes et le merchandising dissimulent un épuisement moral et financier qui vient à bout de la plus noble des passions, et d'un soutien quasi inexistant des acteurs du secteur (et en partie des consommateurs, car désormais on "consomme" de la musique, un sujet d'édito en béton ça…).

Il y a trop de monde sur le marché c'est une évidence, et la qualité est loin d'être le facteur essentiel à la sélection, tant cela relève à la fois de la culture et de critères objectifs difficiles à défendre car insuffisants. L'argent a là aussi pris le pouvoir, et comme d'habitude c'est toujours dans le même sens que l'on doit faire les efforts dans une société occidentale libérale. Ainsi même le meilleur des poulains peut rater sa carrière s'il ne peut pas mettre les moyens sur plusieurs années avant d'espérer atteindre une forme d'équilibre, et je ne parle même pas de rentabilité…

Bref, j'étale mon humeur sinistre du jour car je suis dégoûté qu'une formation de la trempe de BENIGHTED SOUL lâche l'affaire, tant sa musique est deux crans au-dessus de presque tout ce qui se signe en France depuis plusieurs années. Mais bon, la vie guide les priorités et le couple Gadaut/Bocciarelli n'a plus la foi. Et terminer "Cluster B", le successeur du très estimé "Kenotic" est un véritable point final grandiloquent (les onze minutes de "In The End", si c'est pas une démonstration de maîtrise, je ne sais pas ce que c'est) à une histoire de dix-sept ans.

C'est la première fois que je dois chroniquer une œuvre nouvelle pour laquelle je n'aurai pas le moindre levier modeste permettant au groupe de gagner deux ou trois nouveaux aficionados, l'aidant à mon humble niveau dans sa quête de reconnaissance. Et je dois dire que ça a beaucoup joué dans mon rapport avec ce "Cluster B", que j'ai rangé plus bas dans mes priorités.

L'album est forcément soigné, bien produit, fidèle au graphisme épuré du précédent, et toujours extrêmement travaillé. "Little Did I Know" ou l'intro de "No Questions Asked" permettent de retrouver la patte la plus AFTER FOREVERienne du quintette (qui a recruté le batteur de FRACTAL UNIVERSE pour l'occasion) allié à cette espèce de folie qu'insuffle Géraldine à son chant depuis "Kenotic". Alors elle reste encore la majorité du temps du côté de ce chant clair et puissant à la Floor Jansen ("The Imitation Game") mais elle aime de plus en plus se faire théâtrale. Et à cet égard "Chameleon" est le premier morceau qui retiendra durablement l'attention avec sa progression qui colle au titre dans un enchaînement de thèmes franchement bien troussé (notamment ces lalalala qu'on s'attendrait davantage à retrouver chez PENUMBRA ou AKPHAEZYA).

Du côté guitare, ça envoie toujours, même si j'ai tendance à la trouver un peu loin dans le mix qui favorise clairement les bidouillages de clavier et le chant, assez largement aux avant-postes. Il y a pourtant du riff globalement assez moderne et efficace. Mais l'essentiel du potentiel catchy des morceaux repose sur les mélodies vocales. Et de ce côté on aura à boire et à manger. La manie du glissando par retard, déjà observée sur "Kenotic" peut agacer, mais la plupart du temps il y a de quoi se repaître, même si l'efficacité n'est pas la même sur tous les refrains. En cela, "Cluster B" fait sans doute moins bien que "Kenotic". En revanche, la théâtralité prononcée de certains titres aide à se plonger dans les compositions.

Mais le constat est néanmoins terrible : c'est quand le groupe se rapproche le plus du AFTER FOREVER dernière période qu'il reste le plus pertinent, car même dans ce cas il parvient à apporter sa patte. On peut supposer que c'est également l'un des éléments à avoir pesé dans la balance quand il s'est agi d'annoncer le split. Il vaut mieux savoir s'arrêter quand on n'a plus rien à dire (n'est-ce pas AC/DC ?), surtout quand les circonstances ne vous aident pas, et là je ne parle pas de pandémie. BENIGHTED SOUL sera parti avec les honneurs ; "Cluster B" est assez complet, bien joué et enregistré, mais le cœur n'y est déjà plus totalement. Les Lorrains nous quittent avec "In The End" dont on ne peut s'empêcher de deviner le double-sens du texte, autant empreint des thématiques psychologiques chères au groupe, que voilant à peine un au revoir à tous ceux qui auront été un jour touchés par la musique de BENIGHTED SOUL.

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   JEFF KANJI

 
  N/A



- Jean-gabriel Bocciarelli (basse, chant)
- Jérémie Heyms (guitare)
- Géraldine 'jay' Gadaut (chant)
- Flavien 'flav' Morel (claviers)
- Clément Denys (batterie)


1. Pseudologia
2. Little Did I Know
3. Fortress Down
4. Chameleon
5. The Imitation Game
6. No Questions Asked
7. Clarity
8. Lay Your Blame On Me
9. One Of Your Ghosts
10. In The End



             



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