Recherche avancée       Liste groupes



      
POP ROCK / METAL  |  STUDIO

Commentaires (2)
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

2012 Black Traffic
 

- Membre : Wishbone Ash
 

 Site Officiel (24)
 Chaine Youtube Officielle (19)
 Facebook (28)

SKUNK ANANSIE - Post Orgasmic Chill (1999)
Par HAPLO le 18 Septembre 2020          Consultée 899 fois

Ça y est. Enfin.

Après un décollage originel sauvage et hurlant réalisé par le biais de "Paranoid & Sunburnt" (1995), après le largage du réservoir principal et l’amorçage des moteurs auxiliaires de "Stoosh" (1996), la fusée griffée des SKUNK ANANSIE s’apprête à passer l’hyper-espace en livrant son troisième album studio "Post Orgasmic Chill" début 1999… Et tenter d’atteindre ainsi le firmament du Metal Alternatif mêlé de relents funky-groovy. Depuis cette poussée initiale de 1995 et le succès de son premier rejeton, le combo abrasif mené par la rageuse et irisée Skin enchaîne les lives électriques, les plateaux TV les plus prestigieux puis accumule les récompenses. Ce qui est bien mérité.

C’est que l’organe vocal sans limites apparentes, couplé au regard fou de sa belle Black Panther, le flegme rasta-métallique de son bassiste racé ajoutés aux riffs dévastateurs d’un guitariste discret et d’une batterie matraquante font que cette formation a su imposer un son et une signature uniques qui mêlent savamment énergie débridée et feeling ajusté. Le public ne s’y trompe pas et succombe au charme urticant des SKUNK ANANSIE (en Europe du moins…). Ainsi, pour ce troisième mouvement libérateur de toute gravité, nos sulfureux Britanniques vont passer l’Atlantique et confier leur son à un grand Môssieur de la prod-mixage en la personne de mister Andy Wallace (SLAYER, SEPULTURA, FAITH NO MORE, RAGE AGAINST THE MACHINE, LINKIN PARK, SYSTEM OF A DOWN… j’en passe et des plus piquants !) pour leur produire un album aux petits oignons et mettre ainsi toutes les chances de leur côté d’obtenir un produit ultra léché… Visées commerciales ; peut-être. Souhait d’avoir un son restituant au plus juste une évolution musicale unissant énergie brute et puissance contenue… sûrement !

Alors oui, c’est vrai : la fausse objectivité du gentil chroniqueur s’exprimant avec plus de vingt ans de recul (le lâche !) me permettrait de parler d’un troisième chapitre studio en forme d’aboutissement artistique pour ce combo alternatif ayant fait ses premières armes dans de sombres clubs underground londoniens… Mais il faut bien se rendre à l’évidence : avec "Post Orgasmic Chill" SKUNK ANANSIE pousse à son paroxysme un style en forme de gifle puis de caresse sonore, posé sur une musique rugueuse mais ponctuellement sophistiquée, marquée au fer rouge par la voix incroyable de sensibilité et de puissance d’une chanteuse inclassable. Ainsi, pour être totalement transparent sur l’avis donné au travers de cette chronique, toute la difficulté de la chose fut pour moi de tenter de prendre une certaine distance avec cette galette brûlante, et les douze cartouches qui l’arment, ceci en dépit d’écoutes intensives (datant il est vrai de quelques années) et évoquant immanquablement une partie de ma vie et de mes turpitudes sentimentales…

Ceci étant dit, force est de reconnaître qu’avec "Post Orgasmic Chill", à la pochette faussement calme et figée, les SKUNK ANANSIE proposent une livraison musclée et fichtrement aboutie à l’équilibre parfaitement atteint entre des titres ultra énergiques qui donnent envie de pousser les murs avec la tête d’une part, et de vicieuses complaintes râpeuses et frissonnantes qui mettent à genoux dans l’espoir d’arracher les lattes du plancher pour mieux les embrasser… Bref, ici les tripes parlent aux tripes !

Au niveau de la perceuse à percussion mèche béton tenue avec les dents, le gang de Skin nous gratifie de quelques brûlots calibrés aux riffs mordants et rythmiquement haletants dont les livraisons passées, faites à coups de pelle, ont si bien établi sa renommée sur les opus précédents. Que cette énergie marque l’intégralité du titre, à l’image du brutal et révolté "On My Hotel TV", du très nerveux "The Skank Heads" avec cette grosse rythmique bruyante et bien hachée sans oublier le faussement relax mais vraiment bourrin "And This Is Nothing That I Thought I Had" … Ou bien qu’elle apparaisse plus diffuse dans des morceaux pour lesquels elle vient subitement claquer comme un fouet ("We Don't Need Who You Think You Are", "Good Things Don't Always Come To You"), SKUNK ANANSIE rappelle à tous que la décharge électrisante demeure sa marque de fabrique avec une musique teintée de violence brute.

Au niveau du miel vinaigré versé sur une plaie à vif sur un fond de nappes violoneuses pendant que Skin vient nous mordiller le lobe de l’oreille, "Post Orgasmic Chill" propose ici quelques petites merveilles qui font de cet opus un si bel album ! Et, il faut bien le dire, pour cette dernière catégorie, le combo londonien place la barre très... très haut en proposant des mid-tempi ciselés, souvent oppressants, sur lesquels la voix faussement maîtrisée de Skin alterne entre de chaudes caresses griffues et envolées vers des cimes célestes étourdissantes.

SKUNK ANANSIE met ici tout son talent musical et son savoir faire dans cette mystérieuse recette du « chaud/froid » à la sauce groove et nous présente ainsi de belles perles laiteuses remontées des profondeur de l’âme : la pièce maîtresse en est selon moi constituée par le magistral "Tracy’s Flaw", fort de son trouble repenti hargneux, sa montée en puissance tourbillonnante puis son achèvement quasi-hystérique lors duquel les amplitudes vocales sont tout simplement monstrueuses de démesure…
Mais loin de se contenter de ce k.o. debout, les SKUNK exploitent ce (bon) filon en tissant quelques autres balades électrisantes bien senties… à l’image du progressif et percutant "Cheap Honesty", du sombre "You'll Follow Me Down" à la tristesse si accrocheuse ou encore du fin et rythmé "Lately" enroulé autour de sa basse impériale.
Bref, par sa science du dosage, son feeling et sa cohésion d’ensemble, SKUNK ANANSIE gâte son public, pousse son art à son sommet et pond, avec "Post Orgasmic Chill", un opus effleurant de très près la perfection. Ce qui me fait d’ailleurs accorder une mention toute spéciale et volontairement tardive au titre "Charlie Big Potato" musclé et inspiré qui, à l’image d’une ouverture wagnérienne, résume et annonce toutes les bonnes choses qui vont suivre… La classe !

Certains ne manqueront sûrement pas de relever qu’avec "Post Orgasmic Chill" les SKUNK se seront irrémédiablement ramollis du genou en remplaçant la fureur des débuts par des plages de violons dégoulinantes… que Skin en fait des tonnes et que par conséquent les oreilles saturent… et que ce combo a mal vieilli au soleil de visées marketing indéniables. Oui, ils vont le dire.
À ceux-là, je répondrai que cet album, qui mélange finement riffs écorchés et arrangements sophistiqués n’est que l’évolution, plus nuancée il est vrai, de l’éruption initiale entamée avec "Paranoid & Sunburnt" que les SKUNK ANANSIE mènent ici à son terme… m’entendront-ils ?
Je pourrais également simplement témoigner qu’après avoir poncé cette galette une bonne paire de fois tous supports confondus, que celle-ci conserve une belle fraîcheur malgré de (très) nombreuses écoutes. Zut, je ne suis plus du tout objectif… Mais je m’en fous !

Félinement moulée dans sa combinaison spatiale en latex blanc, Skin s’apprête à faire glisser la fine manette de l’hyper-espace où s’engouffrera la fusée SKUNK ANANSIE et son équipage. Chargé du monitoring du vol sur terre, j’affiche un gigantesque et magnifique 5/5 sur tous les écrans de contrôle pour ce troisième mouvement venant couronner une carrière courte, nerveuse et hurlante. Les SKUNK nous quittent ainsi pour près de dix longues années… laissant une traînée bruyante dans leur sillage. Reviendront-ils un jour de ce voyage ? Et si oui, dans quel état ? Seul NIME le sait...

- pour remporter l’épreuve olympique du 110m haies et enchaîner sur une série de 50 pompes à l’arrivée : "On My Hotel T.V."
- pour sourire, pleurer et finir dans l’hystérie : "Tracy's Flaw"
- pour continuer à se faire plaisir : le reste de l’album (en boucle !).

A lire aussi en POP ROCK / METAL par HAPLO :


The BUTTERFLY EFFECT
Final Conversation Of Kings (2008)
Sortie de chrysalide !




PREHISTORIC ANIMALS
The Magical Mystery Machine (chapter One) (2020)
Histoires d’un futur...


Marquez et partagez




 
   HAPLO

 
  N/A



- - Skin - Deborah Dyer (chant)
- - Ace - Martin Ivor Kent (guitare)
- - Cass - Richard Keith Lewis (basse)
- - Mark Richardson (batterie)


1. Charlie Big Potato
2. On My Hotel T.v.
3. We Don't Need Who You Think You Are
4. Tracy's Flaw
5. Skank Heads
6. Lately
7. Secretly
8. Good Things Don't Always Come To You
9. Cheap Honesty
10. You'll Follow Me Down
11. And This Is Nothing That I Thought I Had
12. I'm Not Afraid



             



1999 - 2020 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod