Recherche avancée       Liste groupes



      
FUSION  |  STUDIO

Commentaires (2)
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

2012 Black Traffic

SKUNK ANANSIE - Stoosh (1996)
Par HAPLO le 22 Septembre 2019          Consultée 1137 fois

C’est dans l’optique de mieux préparer cette chronique que j’ai voulu de nouveau m’immerger dans l’univers de SKUNK ANANSIE. On a beau être (depuis peu) chroniqueur sur NIME, on ne s’aventure pas à commenter un monstre pareil sans un sérieux échauffement !

Pour cela, en plus de satisfaire mes oreilles avec les écoutes successives de "Stoosh" j’ai cru bon de regarder (et de m’en remplir les oreilles !) le concert donné par les Britanniques en août 1997 au regretté Bizarre-Festival (made in Germany - RockPalast). "Stoosh" étant sorti en octobre 1996, on pourrait vaguement parler, si cela pouvait correspondre à cette bande de furieux, d’un concert destiné à « promouvoir » ce second opus studio…. La vAAAche ! Quelle expérience !!! Le groupe entame sa playlist avec deux titres de "Stoosh" qui ne sont ni "All I Want", ni "Hedonism", ni "Twisted", ni encore "Brazen"… Mais les brûlots "Yes, It’s Fucking Political" immédiatement suivi par le corrosif "We Love Your Apathy" et qui mettent littéralement le feu à la scène ainsi qu’à la foule, sur des accords métalliques et une énergie que peu de groupes savent encore déployer aujourd’hui… Quand Skin ne lèche pas l’oreille d’Ace alors en plein solo, elle bondit sur l’avant-scène comme une jeune panthère noire possédée par sa musique, Cass forme une tornade de dreadlocks pendant que Mark assomme littéralement sa batterie pour canaliser et rythmer ce véritable torrent d’énergie. Quelle présence, quelle dynamique… Quels talents !

Mais au-delà du sourire béat que j’ai affiché durant toute la durée de ce concert, ce qui est intéressant de noter c’est que les boosters de décollage du groupe ne sont ici pas constitués par les nombreux tubes singlelisés qui figurent sur "Stoosh" mais par deux titres quasi-inconnus du grand public et qui mettent néanmoins le feu aux poudres. La fureur, la revendication et la contestation (politique ou amoureuse) sont donc les maîtres-mots et les dominantes de cet album par ailleurs surprenant car également œuvre de nuances…

C’est en 1995 que SKUNK ANANSIE perce le plafond avec l’album "Paranoid And Sunburnt" : l’énergie présente sur cette première galette, mêlée à un art consommé de la mélodie et teintée d’autres inspirations musicales, font que le groupe s’envole dans les charts et place sa patte et surtout ses griffes dans de nombreuses oreilles… Le batteur Robbie France quitte la formation à peine l’enregistrement studio terminé et c’est le talentueux bûcheron Mark Richardson qui le remplace avec brio derrière les fûts… Et permet ainsi au combo de poursuivre sa course folle. C’est que SKUNK ANANSIE a beaucoup de choses à dire et à jouer ! Près d’un an à peine après la sortie de ce premier album explosif, c’est donc avec "Stoosh" que nos rockers anglais déjantés poursuivent leur conquête du monde.

Alors, adaptant la méthode « live » des SKUNK à cette chronique, on peut tenter de la jouer à l’envers et de commencer par les titres de "Stoosh" qui n’ont pas fait cinquante fois le tour de la planète rien qu’en passages radio et débuter peut être par ce que les musiciens ont voulu nous livrer de plus intime : les faces B !
Pondu dans la droite lignée du premier opus studio du groupe, "Stoosh" s’en inspire avec une grande cohérence artistique et en développe des aspects qui n’avaient été qu’effleurés en 1995. Le socle de base demeure évidemment une énergie à revendre et qui, sur certains morceaux, balaye tout sur son passage. Ace prouve ici s'il en était besoin qu’il n’est pas nécessaire de porter des cheveux longs, un pantalon en cuir ou des poignées à clous pour balancer des riffs à faire pencher les lustres !
Le titre introductif "Yes, It’s Fucking Political" confirme clairement cette tendance avec une teinte qui, je me souviens l’avoir risqué sur la chronique précédente, n’est pas sans rappeler un bon vieil AC/DC… Et il en va de même pour le troublant "Milk Is My Sugar" au bridge brillant. Mais là ou SKUNK ANANSIE réussit son pari de fleur vénéneuse c’est dans l’agencement intelligent entre des passages doux et groovy, des montées en puissance mélodiques à faire se lever un mort et des lignes rythmiques très marquées… Le tout tracté par un chant alternant entre retenue frissonnante et pic céleste déchiré. Cette alchimie met littéralement le feu aux oreilles sur l’explosif "She’s My Heroine" à la conclusion teintée de Reggae puis de Trip Rock ainsi que sur le très politique et faussement linéaire "We Love Your Apathy" suivi quant à lui par une courte séquence Electro. C’est pourtant avec le morceau "Infidelity", que j’ai (re)découvert pour l’occasion, qu’il apparaît combien SKUNK ANANSIE était parvenu à cette maturité musicale qui caractérise les grands groupes : intro toute en douceur, batterie en battement de cœur accompagnant un chant lumineux de retenue. Ces lignes remplies de groove prennent de l’ampleur avec l’entrée en scène de la basse magistrale de Cass divinement accompagnée sur cette montée en puissance par Skin et les arpèges électriques d’Ace. Les violons concluant le tout. On atteint avec ce morceau d’exception un certain moment de grâce. On ne pourra ajouter pour ce titre que l’énergie et la hargne retenues ici valent sûrement tous les riffs démontés du reste de l’album...

Que dire ensuite sur les tubesques "All I Want", "Hedonism", "Twisted" ou "Brazen" ? Érodés par mille écoutes successives, ils demeurent pourtant des modèles de structure punchy et intelligente, brassés de feeling où les musiciens dispensent leurs talents au travers de passages épurés, bruts, et de montées en puissance bien amenées qui laissent libre court à l’organe vocal, sans limites apparentes, de la reine Skin. Ici, la magie dégagée par SKUNK ANANSIE s’établit à mon humble avis par un parfait équilibre trouvé au niveau des nuances entre accalmies et tempêtes, entre cassure et caresse… Entre montée et explosion. Fort de cette richesse, le groupe ne cherche pas l’harmonie ni l’efficacité : il les détient !
Un petit faible pour l’aiguisé "Twisted" et sa ligne de basse en ce qui me concerne...

Gonflé par l’escalade de ces sommets, le combo y ajoute deux titres qui, sans être mauvais, semblent un peu pâlichons face au reste de l’armada : "Pickin On Me" et "Glorious Pop Song" m’ont, je dois l’avouer, laissé quelque peu sur ma faim (même si la teinte Pop Funk du second reste cependant sympathique).

"Stoosh" est donc un excellent album par lequel SKUNK ANANSIE confirme et approfondit son style basé sur une énergie omniprésente et un grand sens mélodique mâtiné d’émotion(s). Miss Skin y est impériale, alternant entre une caresse vocale à donner la chair de poule à un eunuque et des pics de puissance semblant venir d’une autre planète. Les musiciens forment un bloc homogène, solide et cohérent donnant aux compositions ce style inimitable et accrocheur… Ce qui rapportera au groupe moult récompenses pour ce second opus. Cet album constitue également selon moi une sorte d’équilibre idéal entre la rage et le sens de la nuance / retenue d’une manière plus mature que sur "Paranoid And Sunburnt" dont il est le digne successeur.

C’est donc en super-méga pinailleur qui aime toujours la ramener face à un album de cette carrure que, mettant en avant les deux morceaux non-monstrueux de "Stoosh" additionnés aux petits passages « Reggae-Electro Pop- Trip Rock », superfétatoires, selon moi que j’inflige une note réelle de 4,5/5 en espérant que Skin vienne me lécher puis me mordre l’oreille une nuit de pleine lune…

- pour ne pas mourir idiot : "Infidelity"
- pour pogoter et pleurer de joie dans le salon : "She's My Heroine"
- c’est pas grave si t’en parles pas à tes petits enfants : "Glorious Pop Song"

A lire aussi en FUSION :


NO ONE IS INNOCENT
Propaganda (2015)
Un vent de révolte qui souffle ici !

(+ 1 kro-express)



FAITH NO MORE
Album Of The Year (1997)
Metal fusion


Marquez et partagez




 
   HAPLO

 
  N/A



- Skin - Deborah Dyer (chant)
- Ace - Martin Ivor Kent (guitare)
- Cass - Richard Keith Lewis (basse)
- Mark Richardson (batterie)


1. Yes It's Fucking Political
2. All I Want
3. She's My Heroine
4. Infidelity (only You)
5. Hedonism (just Because You Feel Good)
6. Twisted (everyday Hurts)
7. We Love Your Apathy
8. Brazen (weep)
9. Pickin On Me
10. Milk Is My Sugar
11. Glorious Pop Song



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod