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2005 Themata
 

- Style : Teramaze, Shattered Skies, Klone, Valis Ablaze, Hyvmine

KARNIVOOL - Themata (2005)
Par HAPLO le 18 Janvier 2020          Consultée 352 fois

KARNIVOOL est australien...

Seulement, moins on connaît un sujet, plus on a tendance à fonctionner avec des clichés ! Exemple avec les groupes australiens œuvrant dans la nébuleuse urticante du Metal/Pop Rock alternatif ou autre Neo Grunge : je les imagine immanquablement en train de balancer des riffs comme des sauvages en plein désert, inondés de soleil et de sueur (mais avec des Ray-Ban !), ou bien toujours aussi furieux, toujours en plein désert mais lors d’un coucher de soleil avec du vent dans les cheveux et avec un bon vieux feu de camp au premier plan (je vous épargnerai l’aborigène qui vient lancer des poudres magiques sur les flammes)… Bref, des clichés quoi !

Second handicap à mon niveau : attaquer un groupe comme KARNIVOOL en ayant en tête l’objet d’une récente chronique (ainsi qu’un petit coup de cœur à la clé !) en l’espèce le combo The BUTTERFLY EFFECT issu du même continent et auquel, tant au niveau des dates d’émergence que de l’énergie développée, les kids de Perth se trouvent souvent comparés. Or, même si ces deux formations ont des points communs, notamment un chanteur hors-pair, leurs manières d’attaquer et de vivre la musique sont toutes différentes. Il ne faudrait pas louper le coche pour de (mauvaises) raisons de clichés et de juxtaposition hasardeuse ! KARNIVOOL est unique, et ce qui le caractérise de prime abord c’est, me semble t’il, le fait d’avoir de la suite dans les idées !

Né vers 1997 d’un groupe de potes lycéens fantasques d’où il tire son nom (littéralement « bande de clowns »), KARNIVOOL va vite tomber sous la mainmise de son chanteur charismatique Mister Ian Kenny, celui-ci modifiant rapidement le line-up pour finalement s’attacher les services du guitariste multi-instrumentiste & compositeur Andrew « Drew » Goddard ; le tout formant un duo qui va insuffler sa direction primordiale à la formation. C’est encore l’ère des rotations de personnels , ce qui n’empêche pas le groupe de sortir un premier EP "Karnivool" fort de quatre titres en 1999 suivi d’un second EP "Persona" en 2001. Les années passant, le combo stabilise enfin sa ligne de front et envisage alors l’enregistrement d’un premier opus studio dont l’ensemble des douze compositions sera issue de l’écriture du seul Drew Goddard qui s’occupe également de toutes les parties batterie (à l’exception notable d’un titre sur lequel, le batteur encore officiel de l’époque, Mister Ray Hawkins viendra tenir les baguettes.. Le torchon brûle on dirait…).

Sorti en 2005 sur la zone Asie-Pacifique, "Themata" mettra pourtant deux longues années à venir irradier les oreilles des metalleux européens : histoires d’éloignement géographique peut-être, de maisons de disque et de labels sûrement ; bref, c’est seulement en 2007 que les foyers occidentaux découvrent ce tsunami musical fait de sauvagerie (mais pas que…), de mélodie (mais pas que…) et de richesse instrumentale (que) !

"Themata" est un album de jeunesse… Dans lequel les idées sont un tantinet balancées dans le désordre et avec toute la fougue d’une première vraie création ; mais ce n’est pas pour autant un mauvais album… Bien au contraire !
Portés par la voix claire, mélodique, à la fois délicieusement douce et écorchée de Kenny, les musiciens nous offrent avec le contenu de "Themata", une belle excursion au sein d’un Rock sauvage (que certains catégorisent dans la jolie rubrique de « Metal Alternatif ») où des riffs puissants et rythmés côtoient des lignes de claviers / orchestrations et des passages plus aériens qui offrent ainsi des respirations en réponse à la tension vocale et électrique qui demeure l’orientation principale de l’album (ah, folle jeunesse !).
Mais là où KARNIVOOL parvient à enrhumer son monde, c’est que contrairement à une formation rockeuse basique « made in Australia », il propose au-delà d’une énergie que tout le monde est content de trouver là, une complexité ainsi qu’une profondeur qui marquent réellement son originalité : voix capable de modulations extrêmes, lignes rythmiques élaborées où les guitares sont intelligemment complémentaires, soli embryonnaires mais présents, science de l’alternance entre moments hyper pêchus et passages aériens et respirants… Bref, une bien belle recette !
Et celle-ci fonctionne à plein régime, il faut le reconnaître, sur des morceaux qui demeurent aujourd’hui de belles pièces à conviction de ce qui a fait le brio de KARNIVOOL : qu’il s’agisse du puissant "Themata" avec ses lignes rythmiques appuyées par des orchestrations intelligentes, du swingant et brillant "Roquefort" avec son couplet super accrocheur ou encore du très sympathique "Synops" dont la structure en crescendo parvient à captiver malgré un chant (volontairement ?) un tantinet monocorde…

Fort de cette fausse simplicité et d’une réelle richesse musicale, l’album délivre, ceci pour le plus grand bonheur des auditeurs exigeants, des morceaux variés, énergiques, aux structures serpentines et dont la variété, tout en restant cohérente avec le style primaire de "Themata", offre un beau moment d’énergie et d’évasion… Jeunes peut-être, mais talentueux, sûrement !
Ce charme concerne des titres, qui, s'ils ne sont pas des « locomotives » comme ceux déjà évoqué, forgent pourtant en profondeur ce qui fait toute la patte de KARNIVOOL : "C.O.T.E." et ses nuances surprenantes, "Shutter Speed" à la linéarité efficace, ou le très puissant "L1fel1ke".

Mais, c’est encore tout émoustillé par cette chaleur métallique que je dois maintenant aborder ce qui me semble constituer la ch’tite erreur de jeunesse propre à "Themata", justifiant ainsi ma remarque initiale de balancement dans le désordre : KARNIVOOL faisant ici preuve d’une jolie capacité artistique, mêle pourtant à ces beaux ingrédients des morceaux dont on peut légitimement remettre en cause le bien fondé de la présence sur cet album. En effet, que penser du décoratif instrumental "Scarabs" à la structure trop courte et quelconque ; de la balade, certes sympathique, mais cruellement anecdotique "Sewn And Silent" ou encore de l’inefficace "Mauseum" dont les lignes rythmiques trop en avant, gomment les nuances qui feraient l’intérêt du morceau… Bref, pas mal de questions en somme.

Un petit sentiment de chute qui se trouve confirmé ; car après nous avoir gâté avec des pièces aussi accrocheuses que diversifiées, force est de constater que le combo de Perth persiste et signe en clôturant cette première vraie livraison studio avec des titres aussi énigmatiques que peuvent l’être l’atmosphérique et incomplet "Change Part 1" sans même évoquer le silencieux "Omitted For Clarity" d’une longueur totale de 20 secondes (mon lecteur déconne ?)...

En dehors de ces quelques réserves sans doute nourries au lait de l’inexpérience de nos jeunes et fougueux australiens (ainsi qu’à la possible contrepartie d’une source unique de composition, celle du sieur Drew Goddard…), "Themata" reste, il faut le dire, un album très recommandable pour faire la connaissance de KARNIVOOL et se frotter à l’énergie ainsi qu’à la variété musicale de cette brillante formation qui balance, avec ce tout premier opus studio, un beau pavé plombé dans la mare !
Les affreux jojos de KARNIVOOL, dont le line-up sera désormais stabilisé avec l’arrivée du batteur Steve Judd, confirmeront d’ailleurs ultérieurement les ressources entraperçues avec "Themata" en composant un second opus studio "Sound Awake" (2010), album globalement jugé plus équilibré que son grand frère (et chroniqué sur NIME svp !).

C’est donc au volant de mon immense 4X4 Grand Cherokee que j’emprunte la piste poussiéreuse jusqu’au bivouac de KARNIVOOL sur lequel crépite un joli feu de camp… à la lumière duquel je trace sur le sol sablonneux un 3/5 pour ce premier cri qu’est "Themata"… Ce qui fait marrer mon vieux pote aborigène…

- pour ne pas mourir idiot : "Roquefort",
- pour faire court et efficace : "Shutter Speed"
- pourquoi ? "Omitted For Clarity"

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   HAPLO

 
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- Ian Kenny (chant)
- Andrew « Drew » Goddard (guitares / batterie)
- Mark Hosking (guitares)
- Jon Stockman (basse)
- Additionnels:
- Ray Hawkins (drums on track 6)


1. C.o.t.e.
2. Themata
3. Shutter Speed
4. Fear Of The Sky
5. Roquefort
6. L1fel1ke
7. Scarabs
8. Sewn And Silent
9. Mauseum
10. Synops
11. Omitted For Clarity
12. Change (part 1)



             



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