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SMOULDER - Times Of Obscene Evil And Wild Daring (2019)
Par JEFF KANJI le 18 Décembre 2019          Consultée 1673 fois

Je me demandais bien comment SMOULDER avait pu générer autant d'intérêt dans l'underground jusqu'à ce que son premier album se retrouve à circuler sur pas mal de forums et de discussions diverses. Vu par beaucoup comme l'une des révélations de cette année, je décidai de me dévouer une nouvelle fois à la cause en partant fouiller avec ma pelle et mon seau. Autant dire que ma première approche n'a pas été des plus concluantes… Mais j'avais déjà observé l'écart abyssal qu'il semblait y avoir entre la démo "The Sword Woman" et "Times Of Obscene Evil And Wild Daring" sorti un an plus tard, au travers des deux compositions revisitées en compagnie de cinq autres pour un album de six titres, mais bien cossu, et d'une durée idéale pour que l'auditeur puisse se repaître de l'entièreté du contenu.

Ce disque c'est une aventure qui commence avec la pochette, qui rappellera les années Black Dragon chères à notre Erwin international. On nage en plein univers "sword & sorcery", pochette qui n'est pas sans évoquer celle du "King Of The Dead" de CIRITH UNGOL d'ailleurs. Mais le plus important se passe à l'intérieur, là où Sarah Ann et ses sbires vont choisir de nous livrer un Heavy Metal épique dopé aux influences Doom. Influences que l'on ressent plus intensément sur les deux morceaux les plus anciens et sur "Black Gods Kiss" (qui était déjà écrit au moment de la démo mais pas finalisé). Ce qui nous laisse un "Bastard Steel" speedé à souhait et jouissif pour tout dire, sans doute mon titre préféré de l'album, celui où l'influence de BLACK SABBATH s'éloigne un peu pour laisser parler une lead bien mieux exécutée que ce que la paire Wolf-Vincent avait réalisé sur sa démo, un "Ilian Of Garathrom" tout simplement génial et un "Shadowy Sisterhood" où le chant appuie au maximum une cohabitation du majeur avec le mineur pas évidente, créant un sentiment de malaise qui sert le propos.

La production est d'ailleurs géniale pour ma part. Pas la plus détaillée qui soit, mais c'est in your face (même si des effets sonores – cloches, tonnerre - viennent appuyer de temps en temps l'ambiance), c'est brut mais propre, il y a quatre instruments en sus du chant et on les entend tous à la perfection. Et il y a du boulot pour chacun, notamment au niveau de cette basse grognarde et bien appuyée qui appuie le groove et participe au sentiment de puissance épique qui se dégage des six titres. Elle revêt même une importance capitale sur "Voyage Of The Sunchaser" bien sûr (c'était déjà le cas sur la démo, même si le morceau a été repensé en très grande partie) où sur l'inaugural "Ilian Of Garathrom". L'engouement de Sarah, qui jouait beaucoup dans le charme (malgré tout) de "The Sword Woman" (seul titre qu'elle a coécrit jusqu'à présent, le plus gros étant l'œuvre de Shon Vincent) est également perceptible avec cette version encore plus massive et à l'interprétation plus habitée.

La force des albums de Metal Épique réside souvent dans l'ambiance que la musique parvient à installer, et je vous le donne dans le mille, on va chercher dans le multivers de l'ami Moorcock avec l'une des seules incarnations féminines du Champion Éternel pour ouvrir le bal. Sarah porte ce côté féministe avec assurance, détermination et brio, et la place qu'elle a pris (Shon chantait auparavant) derrière le micro ne laisse absolument aucun doute tant elle en impose, sans jamais trop en faire. La passion transpire par tous les pores de son interprétation, et le fait qu'elle incarne des personnages guerriers lui va à ravir sans faire d'elle une grosse bourrine. En cela la parenté de Moorcock est assez logique, l'auteur étant connu pour ses positions pro-féministes. Qui a dit que cet univers était réservé aux hommes ? Sarah est un peu l'Eowyn du Metal Épique si je puis me permettre cette comparaison.

Je ne voudrais cependant pas qu'on se méprenne ; si SMOULDER est une belle démonstration de girl power, c'est loin d'être son attrait principal, l'album s'étant fait progressivement sa place avant de tourner en boucle, le charme de ses six titres gagnant du terrain à chaque fois. De ce fait, je rejoins ainsi la cohorte d'adeptes de Heavy traditionnel à tendance épique qui ont encensé cet album. Il n'est pas un chef d'œuvre. Mais un très très bon recueil d'Epic Metal ça y a aucun doute là-dessus, et je vous encourage à suivre cette formation de près, partie d'un ADN Doom pour évoluer vers un Heavy Épique moins monolithique et tout à fait réjouissant. Une progression fulgurante et une très belle surprise !

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   JEFF KANJI

 
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- Kevin Hester (batterie)
- Collin Wolf (guitare)
- Shon Vincent (guitare)
- Sarah Ann (chant)
- Adam Blake (basse)


1. Ilian Of Garathrom
2. The Sword Woman
3. Bastard Steel
4. Voyage Of The Sunchaser
5. Shadowy Sisterhood
6. Black God's Kiss



             



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