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KLONE - Le Grand Voyage (2019)
Par NEURO6 le 2 Décembre 2019          Consultée 1564 fois

Novembre 2019, derrière la fenêtre, un ciel morne et gris, et de la pluie. J’en profite pour rattraper mon retard estival et écouter les sorties 2019. Je me suis mis de côté un album en particulier, celui d’un groupe français au parcours singulier. Et la pluie, c’est justement ce que l’on entend lorsque l’on lance Le Grand Voyage, le nouvel opus de KLONE. Une entrée en matière mélancolique et méditative. En parallèle, je lis les interviews du groupe, qui jouit d’une popularité croissante dans la presse spécialisée, mais aussi dans la presse généraliste. Dans un entretien récent pour La Grosse Radio, Guillaume Bernard, guitariste et compositeur du groupe poitevin, assume le caractère très énigmatique des paroles de Yann Ligner, chanteur de KLONE depuis 2004 : cela permet à l’auditeur de les interpréter comme il le souhaite, de se les approprier. L’écoute d’un album peut être en effet un acte très personnel et immersif. Interrogé sur le clip de "Yonder", dont le scénario est aussi de Yann Ligner, Guillaume Bernard évoque aussi la culture cinématographique du groupe, sans toutefois entrer dans les détails.

Novembre 2019, c’est aussi le mois durant lequel se déroule l’intrigue de Blade Runner (1982), que j’ai revu à l’occasion de cette date « anniversaire ». Cet automne pluvieux offre une ambiance qui ne quittera jamais l’écran. Ce film sombre et complexe, au rythme lent, offre aux personnages de Rick Deckard et Roy Batty un rôle composite, entre violence et passivité face à la dure réalité de leur existence. La société imaginée par Philip K. Dick et adaptée par Ridley Scott pour le scénario du film est dystopique ; les habitants de la Terre émigrent en masse et partent s’installer ailleurs. Un grand voyage.

À l’écoute du dernier album de KLONE, je ne peux m’empêcher de faire le lien entre ce film et "Le Grand Voyage". Dès le premier titre, les paroles collent bien à l’intrigue et au dénouement de ce film visionnaire et intemporel. Le personnage énigmatique mis en scène dans le clip de "Yonder" pourrait être l’un de ces androïdes en quête d’émancipation, lui-même errant dans le désert et finissant son éphémère existence dans un panache de fumée noire. C’est surprenant, mais les paroles des autres titres, évoquant le voyage et plus spécifiquement l’envie d’ailleurs, la recherche de l’idéal, les cycles de la vie, rappellent métaphoriquement le destin de ces réplicants, mi robots mi clones, en particulier celui de Roy Batty.
La pochette, lumineuse et stratosphérique, illustre de manière allégorique les rayons C brillant dans l'obscurité près de la Porte de Tannhäuser, évoqués dans son monologue final. De même, le solo de saxo du multi-instrumentiste Matthieu Metzger présent sur "Indelebile" constitue un énième clin d’œil involontaire au film de Ridley Scott. Cet aparté musical, certes bref, apporte de la chaleur à l’album.
Mélancolique et calme durant trois quarts d’heure, l’album dégage pourtant une émotion positive, semblant nourri d’espoirs, à l’instar du film de Ridley Scott où les réplicants, bien que conscients de la finitude de leur existence, s’efforcent de repousser cette échéance. Sur l’album, le travail de composition et d’assemblage de différentes « couches » y est pour beaucoup dans cette ambiance singulière. La musique remplit l’espace et nous enveloppe (écoutez en particulier la très progressive "Keystone"), notamment grâce à la subtile association entre la batterie et la voix (comme sur "Hidden Passenger") et à la réverbération omniprésente. En réalité, on découvre de nouveaux détails à chaque écoute, alors que l’album peut se révéler au premier abord assez homogène, voire monotone pour les non-initiés. Au cœur de l’averse, "The Great Oblivion" s’avère être l’expression de l’orage, avec sa composition plus abrupte sur laquelle Yann Ligner vient délicatement poser sa voix charnelle. Et pour refermer son grand voyage, c’est un travail d’orfèvre, un origami complexe que nous propose KLONE avec "Silver Gate", qui fait traîner l’album dans une certaine immuabilité. N’est-ce pas le propre, encore une fois, de la scène finale de Blade Runner ?

Célébrant ses vingt ans d’existence en 2019 (même si son antériorité remonte à 1995 avec la fondation du groupe SOWAT), KLONE a également fêté cette même année sa signature chez KScope, qui produit ANATHEMA ou encore KATATONIA. De quoi présager de futures productions des plus réussies ? En tout, cas, l’objectif est de mieux faire connaître le groupe à l’étranger.
Si le Groove des débuts a peu à peu disparu, et le growl avec, KLONE s’est glissé vers des compositions plus progressives (sans pour autant tirer en longueur), plus atmosphériques et, finalement, plus Rock. Avec "Le Grand Voyage", KLONE poursuit son exploration de ces sous-genres, dans la lignée de leur album "Unplugged" de 2017, mais surtout en étroite filiation avec "Here Comes The Sun" (à tel point que "Yonder" reprend quelques idées à "The Last Experience" présent sur l’album de 2015, qui demeure au passage un très grand moment de Post Metal). Les deux tableaux se complètent et se renforcent. Adouci, le groupe s’est surtout ancré dans un registre plus personnel, semblant certain de sa direction artistique et réussissant à imprimer sa patte dès les premières notes. KLONE propose ainsi un univers dans lequel il faut entrer corps et âme, où il est nécessaire de se laisser porter par la sensibilité et la subtilité de sa musique. Mettez votre casque, et laissez-vous partir. Rêverez-vous de moutons électriques ?

"Tous ces moments se perdront dans l'oubli. Comme les larmes dans la pluie. Il est temps de mourir."

Note : 4,5/5.

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- Guillaume Bernard (guitare)
- Yann Ligner (chant)
- Aldrick Guadagnino (guitare)
- Jean-Étienne Maillard (basse)
- Matthieu Metzger (saxophone/clavier)
- Morgan Berthet (batterie)


1. Yonder
2. Breach
3. Sealed
4. Indelible
5. Keystone
6. Hidden Passenger
7. The Great Oblivion
8. Sad And Slow
9. Silver Gate



             



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