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- Style : Cirith Ungol

SLOUGH FEG - New Organon (2019)
Par CITIZEN le 4 Août 2019          Consultée 421 fois

WOW ! Première fois que je m’intéresse à SLOUGH FEG au moment historique de la sortie d’un de ses albums, chose d’autant plus rare que les sorties semblent s’espacer de plus ! Cet album était hypé depuis un bon moment maintenant et voilà que le groupe le droppe l’air de rien, avec tout son flegme caractéristique.

Ce qu’on remarquera en premier lieu, c’est que le groupe récupère la première partie de son nom - appel du pied peu subtil à des fans qui se lassaient de l’évolution du groupe, depuis l’assez mal reçu "Digital Resistance" pour certains, mais aussi depuis pas mal de temps pour beaucoup. Mesure aussi symbolique que ce que le gouvernement fait en termes d’environnement certes, d’autant plus que cerner un style qui incarnerait le SLOUGH FEG grande époque est une tâche ardue, tant le groupe a su varier les éléments qui ont fait la réussite de beaucoup de ses albums. Regardez à tel point les chroniqueurs échouent à cerner le style du groupe, recyclant encore et encore les mêmes descripteurs génériques pour des albums très variés ! Tel et tel sont Heavy, un autre est Folk, celui-ci est Prog… Des termes qui se mélangent et s’échangent à volonté sans pour autant réduire le mystère de la musique de SLOUGH FEG.

Difficile ainsi de faire en deux mots le digest de cet album pour le fan qui a ingurgité toute la discographie et cherche à cerner l’essence de cette nouvelle livraison par rapport aux ingrédients de base d’un SLOUGH FEG. Pour les nouveaux venus, savoir que le groupe fait un Heavy traditionnel racé faisant amplement référence à THIN LIZZY et à des influences celtiques occasionnelles sera amplement suffisant. On procédera ainsi avec les petits éléments connexes qui font l’identité d’un album : ainsi cette pochette, au concept classe et à l’exécution minimaliste très Doom qu’on peut aimer aussi bien qu’on peut la détester, ces titres de chansons qui slaloment entre l’intriguant ("Sword Of Machiavelli", "Coming Of Age In The Milky Way", "Exegesis/Tragic Hooligan" et le morceau-titre) et le prétentieux et chiant  ("Discourse On Equality", "Being And Nothingness", NON). Faut dire que les paroles et les thèmes de SLOUGH FEG peuvent être particulièrement imbitables, et quand en plus c’est un concept-album qui cherche à retracer toute l’histoire de la philosophie on sait d’avance qu’il faudra s’accrocher, je sais même pas le calvaire que les anglophones doivent subir.

Invitons le plus tôt possible la critique récurrente que le groupe se prend dans la gueule : Scalzi est un mauvais chanteur, le pire de tous pour certains. Force est de constater qu’il est ici tout simplement insupportable par moments, et je dis ça alors qu’il ne me dérange pas particulièrement d’habitude ! Des aigus foireux couplés à des refrains parfois fadasses ça n’aide pas. Et quand on comprend ce qu’il raconte, faut avouer qu’assez souvent on s’en fout complètement.

L’album est de plus particulièrement foutraque. L’album précédent expérimentait beaucoup et partait dans tous les sens, divergeant de l’approche Heavy Metal directe et entraînante qui donnait une écoute fluide des autres albums ; ici l’album tergiverse, recycle (dès le début, certains plans donnent l’impression de s’être gouré et d’avoir mis un album plus ancien mais en, wait for it, moins bien), hésite, mais sans jamais livrer autre chose que des morceaux extrêmement classiques. Il chipote beaucoup pour rien autrement dit, et ne sait jamais sur quel pied danser entre morceaux rapides généralement réussis et morceaux plus tordus qui n’aboutissent pas forcément, mais surtout le son lui-même est imprévisible, de même que la personne qui tient le micro (première fois que j’entends chanter d’autres musiciens permanents du groupe que Scalzi)… Et le pire c’est que le bassiste s’avère beaucoup moins imbitable que Scalzi à ce qu’on peut entendre de sa courte prestation ("Uncanny") ! Les lignes vocales vont vous coller une sacrée migraine sur les premiers morceaux, ou des cris tellement grotesques se glissent, tellement qu’on ne sait pas comment ils ont gardé la prise. En plus l’album commence par une reprise d’un morceau de démo et on ne se rend compte que l’album a vraiment commencé que deux morceaux plus tard lorsque le groupe ne se décide à envoyer un vrai morceau qui speede, "Being And Nothingness" qui rappelle méchamment "Laser Enforcer" dans sa manière d’assurer sans complexe.

Heureusement, les deux gratteux maniaques Scalzi/Tringali ont encore quelques tours et faut avouer que malgré le caractère "SLOUGH FEG générique/pot-pourri" certains des morceaux directs sont pas mal. “Being And Nothingness" est, je l’ai déjà dit mais c’est l’un des deux seuls morceaux vraiment mémorables donc autant le répéter, le tube de l’album avec la force de riffs assénés avec la poigne requise, dommage que ce soit le seul morceau vraiment headbangant. Les choses s’améliorent à partir de "Sword Of Machiavelli" / "Uncanny" avant de replonger dans "Coming Of Age In The Milky Way“, morceau tranquille qui me laisse perplexe entre son kitsch intolérable et son aspect chaleureux indéniable. "Exegesis/Tragic Hooligan" est réussi, surtout c’est un morceau où Scalzi ne pousse pas trop sa voix donc c’est déjà un élément positif. Je dirais que c’est tout simplement un bon morceau, en tout cas celui qui me touche le plus par ses vocaux simples et qui font enfin un peu sérieux et mélancoliques, avec ses touches de guitares sèches aussi. Un moment fort quoique en finesse, il était temps, c’est déjà l’avant-dernier morceau ! "The Cynic" boucle l’album également fort tranquillement et fort élégamment, même si on certains reprocheront à ces deux derniers morceaux le fait qu’ils sont totalement dans la lignée de l’album précédent (j’ai l’impression que la première moitié de "Exegesis/Tragic Hooligan" est une reprise de "Magic Hooligan" mais j’en suis pas certain). Insistons sur le fait que ces deux derniers morceaux n'ont rien de Metal hormis leur soli qui s'échauffent, et le groupe semble justement au top seulement lorsqu'il laisse de côté les démonstrations guitaristiques pour des titres plus intimistes et plus relax.

Une fois qu’on s’est extirpé du foutoir que sont les premiers morceaux et que le groupe remet un peu de sérieux dans ses compos, l’album n’est pas trop mal, et se sont finalement les morceaux les plus Heavy qui sonnent le plus quelconques et souffrent surtout des vocalises intolérables de Scalzi lorsqu’il essaye de faire des aigus, le monsieur ayant lui-même avoué avoir beaucoup galéré pour enregistrer ses parties, tu m’étonnes mon gars !
Bref, comme je le disais c’est la première fois que je couvre un SLOUGH FEG en tant que nouveauté et je dois dire que maintenant je comprends l’état de stress des fans qui découvrent les nouvelles cargaisons du combo tant celles-ci sont imprévisibles et effectivement peut-être bien, à embrasser toute leur discographie d’un regard large et majestueux, impartial quoique sévère (comme il est requis de tout chroniqueur de Nightfall digne de ce nom), sur la douce pente descendante. Bon d’un autre côté comme ils ont pas trop de fans en France on s’en fout, mais allez c’est dommage quand même. À ce stade le groupe devrait assumer que ses beaux jours dans le registre 100% Heavy sont derrière lui et continuer sur sa ligne plus Prog et Rock commencée sur "Digital Resistance" puisqu'à mon sens ce sont les morceaux les plus réussis, en tout cas les moins caricaturaux.

Citizen, qui voit qu’il est 14h24 et qu’il doit tout de même se remettre à bosser, sortant donc le tampon certifié Nightfall : *bim* hop trois étoiles pour toi mon gaillard, mais si la prochaine fois c’est mieux ben c’est quand même mieux. 

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- Mike Scalzi (guitare, chant)
- Adrian Maestas (basse)
- Angelo Tringali (guitare)
- Jeff Griffin (batterie)


1. Headhunter
2. Discourse On Equality
3. The Apology
4. Being And Nothingness
5. New Organon
6. Sword Of Machiavelli
7. Uncanny
8. Coming Of Age In The Milky Way
9. Exegesis/tragic Hooligan
10. The Cynic



             



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