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BLACK METAL INDUS  |  STUDIO

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- Style : Aborym, Mysticum
- Membre : Seth
 

 Login Satan, Site Officiel De Blacklodge (201)

BLACKLODGE - Machination (2012)
Par PERE FRANSOUA le 30 Juillet 2019          Consultée 450 fois

Un homo sapiens s'avance seul dans l'obscurité de friches industrielles. Usine désaffectée, plaie de béton et d'acier jamais cicatrisée, vaste vestige lézardé d'une époque qui broyait les humains pour nourrir l'appétit vorace d'un Capital avare. Ruine et rouille. Lui, le promeneur des ténèbres urbains, voit bien que les Églises du Dieu mort sont vides, et que ce temple de l'industrie est plein de l'esprit du seul maître de ce monde ("Industrial Temple Mystica"). Qui ça, qui ça ? SataN, évidemment !

Voici une vision bien romantique du Mal. Je sais bien que la fascinante beauté des friches industrielles (ayant grandi en Lorraine j’y suis fort sensible) possède autant de force évocatrice que les forêts enneigées, les châteaux d’épouvante où les feux de l’Enfer. Le Black Metal y sera tout autant à l’aise.
Mais si dans notre monde Satan est à l’action, il est clairement du côté de ceux qui en possèdent (des actions). Si SataN a gagné, s'il a toujours gagné, c'est dans les ministères, dans l'entre-soi d'un Davos, dans les yachts titanesques, dans ‪le cœur des hommes‬ les plus riches qu'il triomphe aujourd'hui, comme autrefois dans les cours perfides des rois consanguins.
Ainsi on verra plutôt ses apôtres affublés de costards chics assis dans des conseils d’administration feutrés qu’au milieu d’une usine désaffectée en train de faire l’hélicoptère avec leurs tignasses (cf. le clip de "Vector G" issu de l’album précédent). Ça c’est un imaginaire de prolo hanté par le vide tragique laissé par la disparition de toute activité industrielle, démantelée et délocalisée par les dieux intouchables qui vivent en haut des tours de verre et qui n’ont jamais mis un pied sur ces zones de béton et d’acier.

Mais ce n’est pas tout. Il y a un complot.
Les drogues qui donnent la vision ? Offert aux hommes par LucifeR. Les organisations internationales qui permettent le contrôle à l'échelle mondiale ? Conclut avec CaesaR. La bombe H et son pouvoir de destruction totale ? Rendu possible, merci MedusA.
Une diabolique trinité, un trident, apparut à Saint Vincent, lors d'un trip chimique et chamanique, qui constitue le casting funeste qui fera triompher le Mal, et c’est ça dont parle ce disque. La splendide pochette du disque, œuvre de Saint Vincent, en est une parfaite et didactique illustration.
Autant être du côté des gagnants et prêter allégeance à SataN. Évidemment.
Ça c'était en 2012. Depuis il y aurait de quoi rajouter dans l'apocalyptique avec les GAFAs et la collapsologie.

Eh ouais cher Saint Vincent, dans tes visions funestes et enfumées, au sommet de la pyramide de lumière, derrière la loge noire de Baphomet, sur les pointes du trident, au cœur de la Matrice, t'as pas entrevu la tronche de cake luisant de Steve Besos ? Le regard de requin mort de Mark Zuckerberg ?
Ou alors peut-être pour un album qu’on espère prochain...

Le Saint Vincent que je me permets de tutoyer à plusieurs reprises ici est un charmant chevelu qui ne chaume pas. Maître absolu de ‪BLACKLODGE‬, compose-écrit-design, il chante aussi pour VORKREIST et SETH.
Et ‪BLACKLODGE‬, ça tombe bien, c'est de cela dont on parle depuis le début de la chronique, puisque son dernier album en date, un album qui d'ailleurs date, mine de rien, de 2012, portant le nom de "MachinatioN", nous révèle que SataN (tous deux avec un "N" majuscule à la fin), va accomplir son plan par le truchement du trident technologie-drogue-mondialisation. Merci bien, et tout cela en musique s'il vous plaît. Une musique à la hauteur de l’Armageddon. Qui n'est pas loin. Qui arrive, euh, bientôt, enfin j'en sais rien. Je lis trop de trucs sur l'effondrement.

Black Metal Industriel, j'écris ton nom (c'est mieux sinon vous ne pouvez pas me lire). Je t'ai longtemps cherché, et en ‪BLACKLODGE‬, je t'ai trouvé. Je vous l'ai dit, je le répète, l'hybridation Black et Techno dénommée Indus par les inventeurs du genre (MYSTICUM) trouve une de ses plus fabuleuses incarnations en France, petit vivier de Black Indus entre les vieux errements ultra sous-terrains (NEO INFERNO, HELEL) et les "succès" plus récents (l’Hindou-ritualite ALIEN DEVIENT CIRCUS ou le clubbing-New Wave PAVILLON ROUGE).
BLACKLODGE est donc groupe cher à mon cœur et dont je suis fier de pouvoir vous parler encore ici. Ce n’est pas pour rien que ma toute première Chronique sur Nightfall était celle de "Solarkult". Trois ans plus tard, je vous livre enfin celle "MachinatioN".

On y arrive pas comme ça les gars, là on parle de l’aboutissement d’année d’évolution musicale de même qu'on y atteint (enfin) le dernier stade de l’initiation spirituelle narcoleptique. Une quête commencée en 2003 avec "Login:Satan", injection de malfaisance primaire qui plaquait benoîtement des percussions Electro dur sur du Black cru. La première révélation arrivait en 2006 et son "Solarkult", illumination en pleine montée et premier coup d’éclat où le Metal et la Techno allaient main dans la main. La confirmation dès 2010, "Time", la descente étouffante dans l’enfer de l’incarnation, fusion totale du Black et de l’Electro au cœur des Ténèbres, et finalement, "MachiNation", album de la consécration, de la reconnaissance (relative), signature chez Season Of Mist, perfection de la formule et hybridation ultime, qui vient répandre sa mauvaise parole digitalo-apocalyptique sur toute la Terre.
En est-il pour autant meilleur que les autres?

Les quatre premiers titres nous feront hurler que oui, encore s’il vous plaît, c’est trop bon. C’est la parfaite maîtrise de ces deux tentacules, Metal & Electro, qui ne font plus qu’un pour un résultat accrocheur et palpitant. Les riffs archi variés n’ont pas peur de la puissance et les programmations électroniques sont riches et versatiles, digne des meilleurs tribes de Technival, qui jamais ne tombent dans les sonorités vulgaires de club à deux balles, et qui au contraire exacerbent et transcendent l’agression Métallique.
Le Black Metal Indus de BLACKLODGE est complexe, en perpétuelle mutation, les couches sonores s’entortillent, tout en gardant une cohérence bluffante et délivrent une jouissance addictive.
La déferlante "Trident" enchaîne les gifles sonores, le redoutable "Neutron Shiva", absolument irrésistible, met le monde à l’amende, l’entêtant "Neo.Black.Magic" écrase de tout son poids et "Industrial Temple Mystica" déploie son atmosphère inquiétante sur une longueur progressive.

Vous vous en doutez il y a un truc qui cloche avec la suite et vous aurez raison car la deuxième partie d’album est plus faible.
La construction devient hachée, les riffs sont parfois banalisés au profit de l’Electro, l’écriture est moins évidente pour des titres moins prenants (et je ne mentionnerais même pas le choix de faire reculer les vocaux dans le mix avec ajouts d’effets).
Saint Vincent semble se reposer sur sa formule impeccable. On les écoutera donc sans problème pour prolonger la dose mais il est clair qu’ils n’ont pas la magique perfection des quatre premiers shoots de pure kif.
Ce n’est pas un effondrement, non, juste un léger déclin qui va presque crescendo (comme celui de nos droits sociaux), d’un "Antichrist Ex Machina" envahi par une double pédale épileptique et dont on appréciera l’efficacité de ces mid-tempi martelés, jusqu’au conclusif "Culto Al Sol", cirque en roue libre qui se repose sur ces acquis (en revanche on lira avec plaisir ses textes en espagnol qui expliquent et explicitent toute la thématique du disque).
Le pas trop rapide "Order Of The Baphomet", trop syncopé, tourne un peu à vide et rappelle les titres les moins passionnants de "Solarkult".
Je ferais une exception pour "Empire’s Hymn", particulièrement étouffant avec ses attaques d’infra-basses, sa froideur industrielle et sa noirceur malsaine.

"MachinatioN", vision totale d’une catastrophe mondiale orchestrée par le Mal, fusion sensationnelle et enfin aboutie du Black Metal et de la Techno dure, une hybridation dont la mise en pratique atteint sa plénitude sur les quatre premiers titres irrésistibles. Quatre chefs d’œuvre du genre, quatre sacrées bonnes chansons. Mais quand l’inspiration baisse, l’hybridation à elle seule ne suffit pas toujours à tenir l’intérêt.
Ce sera donc un timide quatre étoiles pour cet opus qui vieillit quand même fort bien. C’est vrai qu’il commence à dater et pour l’instant aucune annonce d’un nouveau trip ne se profile.
En attendant c’est la fin du Monde qui s’annonce, la parole se repend et les consciences s’éveillent mais quand on considère la persistance et l’obstination des maîtres Picsou à accélérer la machine, on en viendrait presque à penser que l’avarice seule n’explique pas tout, que ces sornettes mystico-complotistes ne sont pas si sottes et qu’ils sont les agents de SataN, évidemment.

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   PERE FRANSOUA

 
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- Saint Vincent (vocaux, guitares, machines, programmation)
- Acidjess (basse)
- Narcotic (guitare)


1. Trident
2. Neutron Shiva (sun, Walk With Me!)
3. Neo.black.magic
4. Industrial Temple Mystica
5. Antichrist Ex Machina
6. Order Of The Baphomet
7. Empire's Hymn
8. All Seeing Eye
9. Culto Al Sol (solarkult)
10. The Other Side



             



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