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BLACK METAL INDUS  |  STUDIO

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- Style : Aborym, Mysticum
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BLACKLODGE - Solarkult (2006)
Par PERE FRANSOUA le 8 Juin 2016          Consultée 823 fois

Hanté par les paysages de ruines industrielles de ma région natale et par le noir désir de voir fusionner deux univers extrêmes chers à mon cœur, j'ai longtemps cherché une entité musicale qui saurait mêler habillement Black Metal et Techno Hardcore. Fan de Black fatigué des redites du genre à la fin des années 90 j'avais retrouvé un autre univers noir et dangereux dans les rave party clandestines données en Lorraine. Le diable semblait habiter ces hangars désaffectés, ces terrains militaires à l'abandon dans la forêt, où se jouait une musique brutale, répétitive et inhumaine, sur laquelle ses adeptes dansaient en état de transe.
Ces deux mondes qui se ressemblent tant et qui pourtant s'ignorent (ou se détestent) ont trouvé un artiste pour les gouverner tous et dans les ténèbres les lier. BLACKLODGE.

Tout y est : l'ambiance d'usine diabolique, les riffs de qualité ajustés aux rythmiques mécaniques, les basses énormes et percutantes de la gabber, la thématique mystico-satanico-informatique originale. Un groupe français qui plus est!
Comment une telle réussite pouvait être aussi dure à dénicher? Longtemps BLACKLODGE a été ignoré (au mieux) ou violemment détesté pour avoir osé mélanger le sacro saint Black Metal à la Techno. Les français ont du forger leur petite niche contre vents et marées à coup d'albums excellents.

Tout dans BLACKLODGE sort du cerveau surchauffé de Saint Vincent : musiques, textes, visuels.
Sincèrement passionné par les substances qui modifient la conscience (et qui vous défoncent la tête), il a vécu des trips mystiques lui offrant des visions qui sont à l'origine des thématiques et des textes du groupe, de même qu'ils en sont le leitmotiv. Pour peu qu'on le prenne au second degré l'univers développé par Saint Vincent est plutôt intéressant: Satan est dans la machine, dans les usines désaffectées comme dans les méandres des programmes informatiques, et sa toute puissance peut être aperçue par le chaman 2.0 à travers la prise de produits en tous genres. Un peu de Matrix, des Temps Modernes, de David Lynch (le nom "BLACKLODGE" a été choisi en partie en référence à Twin Peaks), de Las Vegas Parano ou de Castaneda. Chaque album du groupe représente une étape du parcours spirituel transcendantal, des ténèbres à l'incarnation en passant par l'illumination. C'est cette illumination solaire (nucléaire) que met en scène "Solarkult - Chamber of Illumination", à travers une musique percutante aux contours nettement définis.
Si l'électronique est omniprésente, boites à rythme, beats hardcore, samples, ce sont pourtant les guitares qui règnent. Le son est idéal, puissant, lisible tout en restant bien grésillant comme il se doit. Saint Vincent sait écrire des riffs qui tuent, particulièrement accrocheurs pour ce style, n'hésitant d'ailleurs pas à sortir de l'arsenal classique du Black (arpèges dissonants, tremolo picking ou mur de son) pour proposer des riffs rythmiques thrashisants particulièrement jouissifs. A cela s'ajoute une basse assez présente, au son lourd et gras, qui amène une très bonne dynamique à l'ensemble. Les vocaux demeurent l'élément le plus humain de l'ensemble: extrêmement variés, vecteurs d'émotions obscures et flirtant souvent avec la folie, les vociférations de Saint Vincent nous feraient presque un peu penser à ceux d'Aldrahn de DODHEIMSGARD.

Que d'éloges me direz-vous… Non, bien sûr, "Solarkult" n'est pas parfait. Il faut dire que le groupe a un peu les défauts de ses qualités: profusions d'effets, variété et versatilité des titres, radicalité de la musique (certaines déferlantes de batteries électroniques fatiguent le cerveau). A trop vouloir en faire, on se retrouve un peu épuisé par l'écoute. Beaucoup de passages sont formidables mais ils peuvent être un peu noyés dans des morceaux trop touffus, et si l'on retient assez rapidement certains titres ("Mission", "Iron Icon"), il faut faire un effort de reconnaissance pour savoir que tel passage génial arrive au cours de tel chanson et à tel moment de l'album.
Apres un premier album pas si raté, très Black underground du début des 90's mais ne réussissant que rarement à dépasser la formule de MYSTICUM ou d'ABORYM (j'aurai l'occasion lors d'autres chroniques de revenir sur les tentatives précédentes et décevantes de mélange entre Black Metal et électro/indus), la force de ce "Solarkult" est d'être la tentative la plus poussée et la plus équilibrée de fusion entre le Black Metal et la Techno Hardcore, expérimentant sans cesse pour voir comment associer tel beat à tel type de riff, sans tabou, sans limites. Et si "Solarkult" est réussi, les deux productions suivantes, en particulier "MachiNation", le seront encore plus…

Morceaux de choix :
"Mission", "Iron Icon", "Psychoactive Satan", "Lucifer Meme", "Prequel to the Cult", "Forge=Phoenix" ou le très ambiant "Angels Refinery" parfaite bande son d'une ballade dépressive
dans une usine désaffectée.


Note réelle : 3,5/5.

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   PERE FRANSOUA

 
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- Saint Vincent (chant, guitares, électronique)
- Acid Jess (basse)
- Silence (guitares)


1. Ftp://solarkult.nexus
2. Mi§§ion
3. Iron Icon
4. Psychoactive Satan
5. 11rd Eye Chemistry
6. Drugz Mysticism [#a:vision]
7. Teknoshaman_666
8. Luxifer Meme
9. Prequel To The Kult
10. Angels Refinery [c21h23no5 Mix]
11. Martyr*complex
12. Forge=phoenix
13. Templars



             



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