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AFTER THE BURIAL - Evergreen (2019)
Par SIRFRANGILL le 27 Mai 2019          Consultée 1503 fois

La nature a ça de formidable qu'elle est capable de créer à partir d'événements destructeurs et de se régénérer, quelle que soit la catastrophe ayant frappé. Un des exemples les plus représentatifs de cette destruction créatrice propre au monde physique est la chute, il y a 65 millions d'années, d'un imposant astéroïde dans l'actuelle péninsule du Yucatán, mettant ainsi fin à 170 millions d'années de règne des dinosaures sur l'ensemble de la biomasse. Si cet épisode de l'Histoire de la Terre peut sembler bien tragique, on pourra se consoler en remarquant que ce n'est que grâce à cet espace laissé soudainement vide par les sauriens géants que les mammifères ont pu prospérer et s'imposer en tant que classe dominante du vivant. AFTER THE BURIAL, une des entités constituant le réel, a elle aussi, dans une mesure plus restreinte, connu une destruction créatrice. En effet, Justin Lowe, guitariste-compositeur principal en poste depuis le début du groupe, quitte celui-ci en 2015 pour s’éteindre quelques temps après suite à une chute mortelle. ATB, déjà endommagé par la perte du talent de sa tête pensante, aurait pu être définitivement terrassé par la perte entière de sa personne, mais, à la manière des conifères judicieusement représentés sur la belle pochette de cette nouvelle offrande ("Evergreen" désigne les plantes vertes toute l'année), la formation a su traverser l'hiver sans succomber. En réalité, cette dernière œuvre témoigne davantage que de la survie de ce qui est l'un des groupes majeurs du Metal Progressif moderne.

En 2016, AFTER THE BURIAL avait déjà fait montre de sa volonté de persévérer en sortant "Dig Deep" marqué par le décès de Lowe dans ses paroles mais pas seulement : la musique proposée se délestait assez largement de la polyrythmie typique du Djent pour verser dans un Metalcore/Deathcore plus classique, ce qui ne plut pas à tout un chacun. "Evergreen", lui, résiste davantage à une classification stricte car il est le résultat d'un mélange de sonorités venant certes du Metalcore et du Deathcore mais aussi du Djent qui regagne un peu plus de place. Cela se fait au détriment du second genre cité qui ne se présente ici à nous que par l'intermédiaire de l'accordage très grave (plutôt typé Djent en réalité) insufflant une certaine lourdeur au tout et par le goût prononcé pour les breakdowns. L'album s'ouvre d'ailleurs par "Behold The Crown" proposant, suite à une courte intro en arpèges, ce qui sera le plus fameux des breakdowns du skeud, usant sans retenue des harmoniques artificielles, ce qui le rend à la fois atypique et bien violent. "Exit, Exist" se démarque lui aussi par ses riffs lourds et très rythmiques, faits de peu de notes aménagées ingénieusement, ce qui contribue à leur efficacité. Assurément les deux meilleurs titres de la galette. "In Flux" et "Quicksand" sont également agrémentés de beaux (si je puis dire) breaks utilisant le bend un peu à la manière de GOJIRA pour un effet encore plus écrasant.

Au delà des ces joyeusetés purement agressives, "Evergreen" a avant tout bénéficié d'un travail sur la mélodie l'éloignant assez des standards du Deathcore et du Djent à la MESHUGGAH. Ainsi AFTER THE BURIAL tend régulièrement la main à l'auditeur qui peut ainsi pénétrer aisément dans l’œuvre. En témoigne la présence systématiques de refrains parfois mélodiques (celui de "Respire" est particulièrement mémorable) ou garnis d'un gimmick guitaristique accrocheur ("To Challenge Existence"). Si la lourdeur est inhérente au style produit, certaines rythmiques sont compensées par un lead mélodique les accompagnant ("The Great Repeat"), le solo de "11/26" est lui carrément lumineux et porte à sourire. Pour plus encore d'aérations entre deux séances de pilonnage ont été insérés des instants d'accalmie comme l'outro aérienne aux orchestrations légères de "In Flux" ou le passage de "11/26" en guitare claire palm-mutée pouvant ramener à ANIMALS AS LEADERS mais qui moi me fait surtout penser à la musique de Sim City 4. Les accélérations quant à elles sont plutôt typées Metalcore, "Behold The Crown" et "11/26" disposent de riffs tenant autant de l'aigu que du grave soutenus par une batterie préférant la noire à la croche sur les tempos rapides.

S'il y avait matière à contrarier les fans de la Youtube Dj0nt sur "Dig Deep", ceux-ci pourront être rassurés par cette dernière offrande, qui ré-embrasse les sonorités graves et déstructurées pour lesquelles AFTER THE BURIAL est en partie connu et ce avant tout sur "To Challenge Existence", hyper saccadé et inhabituel dans son utilisation des harmoniques (naturelles cette fois), en ressort un groove tout particulier, presque funky, poussant à remuer de la tête sur sa chaise de bureau. Le justement nommé "Quicksand" témoigne du côté plus sombre du genre, lent, tortueux et vaseux, il faudra renouveler les écoutes pour se dépêtrer de son piège sournois.

"Evergreen", c'est avant tout une ode à la modernité musicale, il regroupe les trois derniers genres ayant émergé de la scène Metal emballés dans une production au poil de cul et donc très synthétique. La batterie semble avoir été particulièrement retouchée, sonnant presque Électro, ce qui octroie à l'album une puissance que je qualifierais de "Dubstep-ienne". Le chant est lui aussi 100% Hardcore moderne et reste d'ailleurs assez peu modulé au cours de l'album ce qui fait légèrement tâche à côté des efforts de Trent Hafdahl cherchant à ne pas faire de "Evergreen" un travail trop homogène. La démarche new school est même poussée jusqu'au clip de "Behold The Crown" qui se moque de l'imagerie faussement guerrière et épique aussi populaire chez les Manowarriors quinquagénaires que chez les jeunes geeks fans d'AMON AMARTH et de la série Vikings, en mettant en scène des guerriers scandinaves s'affrontant dans la taïga enneigée... À coup de boule de neige.

Après BORN OF OSIRIS et WHITECHAPEL, c'est donc au tour de AFTER THE BURIAL de poser une nouvelle pierre à l'édifice Core en 2019, qui restera à n'en pas douter la plus mémorable. Bien efficace, court, et jamais dans la démonstration malgré les capacités des musiciens (les solos ne sont pas légion et toujours justes), "Evergreen" bénéficie d'un départ canon grâce à ses deux premiers titres tout en conservant une qualité constante jusqu'à son terme et ce sans rester tout à fait immobile dans son style. Ce n'est donc pas un groupe en état de survie mais bien vivant qui se présente à nous en 2019, déjouant ainsi certains pronostics prononcés en 2015, pour notre grande satisfaction.

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   SIRFRANGILL

 
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- Anthony Notarmaso (vocaux)
- Trent Hafdahl (guitare, programmations)
- Adrian Oropeza (basse)
- Dan Carle (batterie)


1. Behold The Crown
2. Exit, Exist
3. 11/26
4. In Flux
5. Respire
6. Quicksand
7. The Great Repeat
8. To Challenge Existence
9. A Pulse Exchanged



             



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