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POST PUNK  |  STUDIO

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- Style : Tribe After Tribe
- Membre : Cream, Sex Pistols, Steve Vai

PUBLIC IMAGE LIMITED - Album (1986)
Par DARK BEAGLE le 9 Mai 2019          Consultée 754 fois

PUBLIC IMAGE LIMITED, mieux connu sous son acronyme de PIL n’a, à première vue, par grand-chose à faire sur un site comme Nightfall In Metal Earth. Du moins, pas dans son idée première. Seulement, chaque nouveau qui arrivait dans l’équipe apportait de nouvelles références, enrichissait le spectre musical défendu ici. Aussi, le Punk s’est grandement démocratisé sur NiME, des percées sont faites dans le Post Punk et PIL s’inscrit plus ou moins dans cette logique avec, pour le cas d’"Album", une petite particularité qui fait que ce disque s'inscrit dans la ligne directrice de notre site d'amour, avec une réelle filiation entre les genres et les artistes. Et aussi, cet "Album" a également la réputation d’être l’opus le plus typé Hard Rock justement de la part de John Lydon, plus connu sous le charmant pseudonyme de Johnny Rotten.

Enfin, de Hard Rock, il n’en est pas vraiment question, même si certains passages peuvent s’en approcher. Il a suffi que deux noms de musiciens ayant joué sur cet album finissent par être révélé pour que l’amalgame soit fait. Parce que cela n’a jamais été dit clairement dans le livret qui faisait quoi. La seule chose qui a été certaine dès le début, c’était la présence de Lydon au chant, PIL étant son bébé et sa voix étant immédiatement reconnaissable. Le disque a été voulu ainsi. Lydon a eu l’idée d’en faire un objet absolument générique : un petit logo, une fonction et une sobriété autour de l’habillage qui interpelle forcément. D’ailleurs, à l’origine, les versions compact disc et cassette étaient appelées "Compact Disc" et "Cassette", le premier extrait "Single" et la vidéo rattachée « Video ». Le concept a été poussé jusqu’au bout, au point où l’endroit où apparait généralement le nom de la maison de disque avait été remplacé par « Label ». Un choix audacieux qui s’est au final révélé être à double tranchant.

En parlant de single, le premier issu de ce disque est "Rise", qui est ce genre de titre que l’on connait sans forcément savoir que c’est tel ou tel artiste qui l’a enregistré. On l’a tous déjà entendu au moins une fois dans notre vie (sinon, vous déjouez les statistiques, toutes nos félicitations). Il s’agit très vraisemblablement d’un des morceaux les plus connus de PIL, avec "This Is Not A Love Song" ou "Religion". Mais "Rise", c’est du haut de gamme, avec une mélodie suave qui accepte de s’emballer par moments. Lydon se montre capable de moduler sa voix de bien belle façon. Bien sûr, on retrouve son chant étrange, intuitif, mais il dévoile également une facette de sa personnalité que l’on connait assez mal. Il faut savoir que ce titre lui tient particulièrement à cœur, elle évoque l’apartheid, qui était encore en vigueur en 1986. On retrouve la rage du chanteur, qui balance à travers un texte concis, jouant sur la répétition, un bras d’honneur à l’Afrique du Sud.

Ici, la guitare est menée par Steve Vai, qui va faire montre de beaucoup de sobriété. A ce moment là, la mouture de départ de PIL avait explosé depuis longtemps. Des membres historiques, il ne restait plus que John Lydon, qui refusait pourtant de naviguer en solo. Son groupe, c’est avant tout PUBLIC IMAGE LIMITED, il y croyait et se battait pour le faire vivre. Pour "Album", il n’a pas eu trop à se faire prier pour avoir avec lui des musiciens qui tiennent sacrément bien la route. Tenez, outre Steve Vai, on retrouve également le vétéran Ginger Baker (CREAM) à la batterie, Bill Laswell à la basse ou encore le Japonais Ryuichi Sakamoto aux claviers sur certains titres. Et il va y avoir une émulation qui va se créer, et tout va aller dans le bon sens.

L’apport de Vai n’aura pas d’impact quant à la direction des morceaux : le guitariste n’a écrit aucun morceau, en revanche son feeling lui permet de se fondre totalement dans l’univers musical de Lydon, sans tirer la couverture à lui. Il ne possède pas le jeu de Keith Levene, un ancien CLASH, qui avait grandement contribué à façonner le son du groupe. Vai n’aura pas cette prétention, ni cette fonction d’ailleurs. Il va tricoter autour de l’ossature, au groove imparable. Ginger Baker, qui s’est intéressé assez tôt aux rythmes africains, s’en donne à cœur joie, il dépeint un univers de percussions tribales qui donnent une couleur particulière à l’ensemble. Grosso modo, PIL peut faire songer ici à TRIBE AFTER TRIBE, les riffs Sabbathiens en moins. En plus, le fond s’en rapproche également.

Les titres des chansons se résument à un seul mot. Lydon est assez verbeux, il aime répéter des séquences entières, histoire de bien imprimer son message dans l’esprit des auditeurs. Il est engagé et il le fait savoir. Il y a de l’agressivité dans ce disque – après tout, Lydon ne s’est toujours pas calmé et sait se montrer complètement épileptique derrière le micro – qui se traduit aussi bien dans le chant qu’à travers certaines parties instrumentales. "Fishing", par exemple, va se montrer particulièrement abrasive tandis que Home va se montrer plus lancinante. Quant à "Ease", elle offre un finale épique à souhait, sur laquelle Vai livre un excellent solo qui vient parachever un album magnifique.

Seulement, le disque sera plus ou moins abandonné par le label Américain, Elektra, alors qu’il commençait à bien se vendre aux Etats Unis et cette formation de PUBLIC IMAGE LIMITED ne connaîtra malheureusement pas de lendemain. Dans son autobiographie, Lydon raconte que le label avait eu peur que PIL fasse de l’ombre à METALLICA qui était en train de décoller et que les pontes s’en sont mordus les doigts quand ils ont appris qui jouait dessus. Et ce serait ainsi qu’un grand disque n’aura pas eu la carrière qui mérite et qui rajoute encore à la réputation de poissard de Lydon.

"Album" ne sonne donc plus de façon aussi Punk que par le passé, il ne sonne pas tout à fait Hard Rock, donc. Pour vulgariser, on pourrait dire que c’est de la Pop Music. Et pourtant, cet album pourrait bien plaire à un public Metal qui trouvera dans la musique de PIL des rythmiques puissantes et une guitare incisive. Alors parfois il faut savoir sortir des carcans et se laisser guider dans des contrées qui peuvent avoir des références similaires, et qui possède une rage qui pourrait faire la nique à bon nombre de groupes du genre. "Album", comme la trilogie des premiers essais de PUBLIC IMAGE LIMITED, est parfaitement remarquable et mérite bien qu’on en parle un peu ici.

Bordelinement vôtre,

Beagle.

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   DARK BEAGLE

 
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- John Lydon (chant)
- Steve Vai (guitare)
- Nicky Skopelitis (guitare)
- Jonas Hellborg (basse)
- Bill Laswell (basse)
- Ginger Baker (batterie)
- Tony Williams (batterie)
- Ryuichi Sakamoto (claviers)
- Bernie Worrel (claviers)


1. Fff
2. Rise
3. Fishing
4. Round
5. Bags
6. Home
7. Ease



             



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