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DEATH-TECH/PROG  |  STUDIO

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GOROD - Æthra (2018)
Par WËN le 8 Février 2019          Consultée 980 fois

2018 achevée, c'est avec aplomb que je peux dorénavant affirmer que cette année fut faste concernant mes styles de prédilection, le Funeral Doom et le Death Technique ("Wait… Whaaat?") ! Afin de ne pas trop pourrir l'ambiance, nous nous concentrerons ici uniquement sur ce second cas puisque concernant ce Death Metal, dans sa plus racée et chromée tradition, force est de constater la générosité de la trois-cent-soixante-cinquaine passée. Déjà, car la plupart des cadors actuels du genre y sont allés de leur galette (BEYOND CREATION, OBSCURA, PSYCROPTIC, REVOCATION, etc... À divers degrés de réussite d'ailleurs), auxquelles s'ajoutent quelques belles surprises (à la volée ARCHSPIRE, ZEALOTRY ou INFERI… voire même ALKALOID, de ses progressifs tentacules) et retours inopinés (coucou AUGURY). Bref, en tant que fier de lance des forces hexagonales en la matière, il était temps pour GOROD d'accoucher lui aussi d'un successeur à son précédent et excellent "A Maze Of Recycled Creeds" (2016, déjà), un opus éclatant et plus léché que jamais, qui voyait les Girondins mener leur Tech Death vers de tout juste envisagés sommets mélodiques.

Pas de changement de line-up cette fois-ci, l'équipe actuelle étant soudée et bien en place. De toute manière chez GOROD, on sait comment mener sa barque et la formule éprouvée depuis quelques années maintenant - à savoir Mathieu Pascal (guitare) aux compos et Julien Deyres (chant) aux textes - a fait ses preuves, nous donnant quelques dernières œuvres de belle facture sachant pertinemment où elles veulent amener l'auditeur, allant à l'essentiel sans jamais s'égarer en chemin. En ce sens, "Æthra" ne saurait déroger à la règle.

Basé sur un concept gravitant autour de la Lune, au travers de croyances et de mythes récoltés tout autour du globe et de tout temps (Grèce antique, Polynésie, ancienne Égypte, etc.), ou de notions plus universellement reconnues (source d'inspiration, bienveillance) ; c'est bien GOROD qui, quelques mois avant les sondes chinoises, fut le premier à en parcourir les désertiques plateaux basaltiques pour nous en relater les plus sombres facettes (*). N'étant que peu satisfait du travail promo fourni par Listenable pour accompagner son prédécesseur, revoilà les Bordelais, une signature toute fraîche chez OverPowered Records et un artwork signé du copain Jeff Grimal (notamment connu pour ses visuels hallucinés chez The GREAT OLD ONES dont il fut guitariste et chanteur pendant un temps) en poche, les babines retroussées et les crocs aiguisés, prêt à happer tout cuisseau charnu négligemment laissé à portée de canine.

Car musicalement, nous nous trouverons d'emblée chahutés par la puissance qui se dégage de l'œuvre. Puissance sonore déjà, puisque les dix titres composant ce sixième disque, bénéficient pour la première fois d'un mix/mastering "pro" (on parle ici de la paire Daniel Bergstrand/Lawrence Mackrory responsables de méfaits chez IN FLAMES, MESHUGGAH, SOILWORK, DARKANE ou encore pour SCARVE par chez nous), là où les anciens efforts restaient autoproduits à la maison par Mathieu. Sans remettre en cause ni les qualités ni les charmes des œuvres précédentes, rarement avions-nous en tout cas vu GOROD bénéficier d'une telle puissance de feu et d'un son si massif ! S'en suit une puissance rythmique à toute épreuve, redoutable d'efficacité, sachant aligner d'imprévus crochets en béton armé et des breaks casse-dents bien comme il faut ; une propension sans doute héritée ou en tout cas confortée par son EP Thrash sorti l'année précédente (**). Ça feinte, se déhanche et vous balance un riff à revers totalement inattendu, pour repartir pépère et sans réel temps mort vers le défouraillage suivant. Efficace qu'on vous dit ! Et enfin, cette puissance mélodique, certes considérée comme un ingrédient récurent à sa formule depuis ses débuts sous le nom de GORGASM mais qui atteint ici son paroxysme dès les titres d'entame : "Wolfsmond" et "Bekhten's Curse" (et son très chouette clip, esthétique au possible). Comment ne pas s'abandonner à ces riffs brodés à la double lead en tapping, ultra-harmonisés et à cette maîtrise, sans y aller de sa petite larme tellement tout s'agence ici parfaitement.

Par contre les gars, attention, car sous ces dehors in-your-fesse (ce n'est pas moi qui ai parlé de lune en premier, hein), il faudra plus que jamais savoir s'accrocher et peut être même persévérer pour ne pas être d'emblée semé en chemin dans les détours inattendus que ne manquera rapidement de prendre cet "Æthra" d'album, passé le quatuor de brûlots d'introduction. Enfin, "détours", façon de parler, tant GOROD tend ici à foncer en ligne droite, tête baissée, abattant tout sur son passage (la partie centrale de "A Light Unseen", "Goddess Of Dirt", quelle urgence !) et sans réel temps mort. En fait, à part deux-trois passages instrus éparts plus posés (le pont de "Chandra And The Maiden") seul le titre éponyme, plus Atmo dans l'esprit avec son relatif chant clair/éthéré et son entêtant refrain permettra de reprendre vite-fait son souffle. Car subjugués par la batterie de Karol Diers qui en fout prodigieusement partout, les Bordelais livrent ici un album réellement intense, lorgnant même quelques fois davantage vers l'Extrême Prog (l'intro de "Chandra And The Maiden", "Aethra", "Hina" sur sa partie instru) plutôt que le Death Technique pur et dur même si, vous en conviendrez, la frontière entre les deux demeure tout de même très ténue. Et c'en est même assez paradoxal, car d'un autre côté, les influences de ces BEYOND CREATION et autres OBSCURA de confrères n'ont peut-être jamais été aussi présentes qu'au sein de ce recueil de pains-dans-la-gueulatine : là un tapping prépondérant ("Bekhten's Curse"), ici un solo ("The Sentry") ou une rythmique insistante ("Hina").

Alors, ne nous y trompons pas non plus, GOROD sait garder son approche propre, mais nous la percevrons ici davantage diffuse qu'à l'accoutumée... Et nous ne sommes d'ailleurs pas loin de penser que ce son si mastoc n'y est pas étranger, favorisant sans doute la brutalité à la subtilité du rendu. Car à y regarder de plus près, ces gimmicks qu'on lui connaît et pour lesquels on l'aime aussi, comme ces passages savamment bondissants ou ce côté un peu plus 'fun' que nombre de ses collègues de scène (jugez le rendu live), sont toujours bien présents, mais encore faudra-t-il savoir les surprendre au détour d'un riff ou d'un break tonitruant ("Chandra And The Maiden", "Goddess Of Dirt") étant donné qu'ils restent cette fois beaucoup plus en retrait. À noter que la plupart des soli, très harmonisés, sont plutôt bien ficelés apportant ainsi une réelle et salvatrice brise mélodique à la densité du rendu des dix pièces proposées ici. Mais genre, vraiment. Et au final, seules "Inexorable" et "And The Moon Turned Black" me paraissent-elles un peu moins folles au milieu de ce maelstrom musical à rapprocher d'un "A Perfect Absolution" (2012) et de son aîné de "Leading Vision" (2006, en moins brutal), qui ne saurait pour autant faire l'impasse sur les dernières années écoulées.

En optant pour ce brusque virage à 90°, sans pour autant quitter les sphères rutilantes du Death Technique (bien au contraire), GOROD nous livre un album à ne surtout pas sous-estimer, malgré sa relative difficulté d'accroche. Longtemps partagé, car moins flamboyant de prime abord que son prédécesseur, pour peu que l'on veuille lui laisser sa chance, nous ne manquerons finalement pas de nous rendre à l'évidence que cet "Æthra" est solide, même si ce n'est pas tout à fait ici que nous attendions GOROD. Car désireux qu'il est de proposer un disque plus proche des canons du genre, privilégiant l'efficacité au détriment de ses petits-trucs-à-lui ; force est de constater qu'il le fait plutôt bien mais que, paradoxalement et à mon sens, le groupe rentre légèrement dans le rang, se démarquant moins de la concurrence que par le passé, ces compos ayant tendance à inextricablement s'entremêler ici, en un rendu parfois tant touffu que confus (à écouter). Et justement étant donné son concept lui permettant de piocher allègrement dans un riche vivier mythologique et géographique, peut être aurions-nous aimé un rendu moins uniforme, plus personnel et qui nous fasse dresser un peu plus les poils du cul.

Note réelle : 3,5/5.

:::

(*) Car, non, là n'est guère le sujet sur le célèbre "Dark Side Of The Moon" du FLOYD.

(**) "Kiss The Freak", one-shot de cinq titres bodybuildés à l'uranium, ingénieusement enregistré pour avoir du nouveau matériel à promouvoir lors d'une tournée commune avec HAVOK et WARBRINGER. Juste comme ça, m'voyez…

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- Julien Deyres (chant, textes)
- Mathieu Pascal (guitare, musique)
- Nicolas Alberny (guitare)
- Benoit Claus (basse)
- Karol Diers (batterie)


1. Wolfsmond
2. Bekhten's Curse
3. Aethra
4. The Sentry
5. Hina
6. And The Moon Turned Black
7. Chandra And The Maiden
8. Goddess Of Dirt
9. Inexorable
10. A Light Unseen



             



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