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MYSTICUM - Never Stop The Madness - The Roadburn Inferno (2018)
Par PERE FRANSOUA le 5 Février 2019          Consultée 487 fois

MYSTICUM est le plus culte des groupes cultes. Deux albums en vingt ans, des racines de l’inner circle norvégien jusqu’aux meilleurs festivals du monde, inventeurs de son propre style, il est revenu dans le game avec un spectacle à sa mesure c’est-à-dire sans commune mesure.
Voilà ce dont ce combo CD + DVD témoigne.

Le dispositif proposé pour cette nouvelle ère du groupe est unique aussi bien que stupéfiant. La scénographie est un écrin idéal qui restitue et accompagne parfaitement la musique. Mieux il la révèle, il la transcende.
Les trois musiciens sont postés chacun sur trois promontoires cubiques et monolithiques dont ils ne bougeront pas. Des images stroboscopiques sont projetées sur les piliers et le fond, gros pixels blancs sur fond noir (damiers défilants, pentagrammes, mots, logo du groupe, etc.) et leur propre dispositif lumineux mitraille l'audience, le tout pour une expérience sensorielle radicale qui fait l'effet d'une très forte prise de drogue techno-diabolique.

La prestation donnée le soir du 22 avril 2017 au désormais mythique festival néerlandais Roadburn est de fort bonne tenue. Il est impressionnant de voir et surtout d'entendre comment les musiciens exécutent leur devoir avec la même précision chirurgicale que la boîte à rythmes. Les vocaux apparaissent dans une version plus dépouillée que sur disque. Cerastes a le bon goût de les restituer dans leurs diversités, des cris de gargouilles sur les extraits de "In The Streams Of Inferno", la vocifération punkisante ("Fist Of Satan") ou les beuglements de dingos (le reste.) Les vocaux de Svartravn, l'autre guitariste, se cantonnent à un grave growl. Le tout est bien efficace, en particulier lorsque les deux s'associent ("All Must End").

Le choix des titres correspond à ce que le groupe décide d’offrir à son public aussi bien en festival qu’en tournée, c’est-à-dire une surreprésentation de son dernier album "Planet Satan". Seuls deux titres viendront d’ailleurs, les célèbres "Kingdom Comes" et "Crypt Of Fear", issus du premier album. C’est bien maigre et l’on déplorera l’absence d’autres vieux brûlots tels "Where Ravens Fly" ou "The Rest".

"Planet Satan" sera donc joué dans sa quasi-intégralité (il manquera juste l’outro "Disolve Into Impiety") et l’on ne peut que constater son efficacité en live. Plus puissants et plus radicaux, les morceaux flagellent nos esprits et s’imposent par la violence.
Ce que le live révèle et amplifie c’est la force de frappe inouïe dont "Planet Satan" dispose grâce à ses titres rendre-dedans porté par des percussions électroniques particulièrement cinglantes et dévastatrices. Le mariage entre l'essai de guitares bourdonnantes et la boîte à rythmes est assassin, musique live électrique et Electro programmée cohabitant parfaitement.

La captation de cet événement nous est donc proposée par Peaceville sous la forme d'un digipack, avec quelques chouettes photos dans le livret. Le menu du DVD en service minimum, on a le droit à une galerie photos (ça c’est très old school) et il n'y a malheureusement aucun bonus.

On lance le concert.
Ça commence mal avec trente secondes de noir total avec seulement le bruit de fond Ambiant et les cris de la foule. Ça fait un peu cheap. Et d'un seul coup le show jaillit ex nihilo, sans ambages ni intro, avec un "Far" tonitruant. Au niveau sonore c'est plus que satisfaisant. Le son accompagnant les images (DVD) est absolument parfait et trouve l'équilibre idéal entre le mur de guitares grésillantes et le pilonnage Electro épileptique. La version uniquement sonore (CD) est satisfaisante mais je la trouve moins percutante avec des guitares qui paraissent en retrait par rapport aux percussions.

C'est sur la partie vidéo qu'il y aura matière à reproche. Leur spectacle est de toute manière plutôt difficile à filmer, mais aussi à regarder, à cause des puissants rayons de lumière projetés du fond de scène directement dans la tronche des spectateurs et des caméras. On est éblouis par ces lights qui se calent sur les beats, véritables lasers de Decepticons qui nous mitraillent. Attention aux crises d’épilepsie! À cause de ce light-show uniquement venu de la scène les images sont saturées de lumières blanchâtres, les noirs sont trop clairs et l'ensemble manque de contraste.
Beaucoup d’images sont prises de loin (deux caméras frontales et deux latérales, qui laissent voir le public et les installations) ce qui offre un bon aperçu de la scénographie. On a grosso modo un angle de caméra par musicien, toujours le même, permettant un gros plan en contre-plongée. On peut ainsi les voir suer de très près durant quelques instants.

Le montage - crucial pour une restitution - fait dans le simple et classique. Le changement entre les caméras n’est pas trop rapide - on a le temps de profiter des images - mais il semble presque convenu, avec toujours les mêmes enchaînements. Des fois ça marche, comme le début de "The Ether" proposant un bon rendu brut avec ces barres de lumières en avant-scène qui cisaillent et découpent l’image en balayant la salle. Mais ça manque généralement de dynamisme et d’inventivité. C’est vrai que ce qui se passe sur scène est extrêmement figé, à l’exception des lumières et des images projetées sur les promontoires et le fond, car les trois musiciens restent au même endroit, juchés sur leurs perchoirs.
Du coup on a une captation honnête mais qui n’arrive pas suffisamment à retranscrire et transmettre ni la puissance visuelle ni l’ambiance.
Peut-être aurait-il mieux valu faire un montage plus nerveux, calé sur la musique. Sans doute quelques prises de vues en mouvement auraient aidé à créer du dynamisme, à l’aide de caméras sur rails ou sur bras. De même des prises de vues latérales (genre depuis le côté des coulisses) auraient pu nous faire sentir du côté du groupe.
Si l’on veut se faire une idée de ce que cela aurait pu donner, il suffit de regarder cette version de "Fist Of Satan" extraite du Inferno Festival en 2016 (utilisé comme clip vidéo promotionnel) délivré dans un magnifique noir et blanc expressionniste. Tout y est plus efficace, les contrastes plus nets, la scénographie plus visible. À voir ici
https://m.youtube.com/watch?v=mZlT209XXEk&feature=youtu.be

Malgré toutes ces critiques reconnaissons qu’il s’en passe suffisamment pour se prendre une bonne dose de la folie totalitaire de leur mise en scène et l’on retrouvera, ou découvrira, ce qui constitue pour moi l’autre attraction de MYSTICUM sur scène : Cerastes. Le chanteur-guitariste planté à gauche de la scène est totalement flippant. Plus qu’investit il est possédé. Avec son physique génial de troll meurtrier, ses énormes paluches d’étrangleur, sa tête de méchant de dessin animé, et surtout ce regard de fou furieux, yeux ronds juchés dans leurs orbites noirs genre Fétide Adams en pleine montée et jouissant de sa propre diablerie. Impossible d’arrêter de le regarder.

J’ai beaucoup pinaillé car je pense que MYSTICUM avait un énorme coup à faire avec cette sortie. Leur nouvelle incarnation live est unique, radicale et géniale. C’est très bien de pouvoir en profiter en son et en images mais c’est frustrant de voir qu’on n'est pas passé loin de la réussite totale. Un petit docu sur le DVD, une captation plus immersive, un montage plus nerveux, des images moins blanchâtres et l’on aurait eu une sortie grandiose. Il n'en demeure pas moins que c'est une sortie à ne pas rater, qui vous procurera une sacrée expérience et qui vous accompagnera longtemps.
J'ai pu les voir en concert en décembre dernier lors de leur passage parisien. Malgré le fait que la taille de la salle ne permettait pas d'avoir les trois piliers-promontoires, le show était excellent et le public déchaîné. Les inventeurs du Black Metal Industriel sont plus forts que jamais.

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   PERE FRANSOUA

 
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- Dr. Best (bass, programmations)
- Svartravn/prime Evil (guitare, vocaux)
- Herr General Cerastes (guitare, vocaux)


1. Far
2. Fist Of Satan
3. Lsd
4. The Ether
5. Kingdom Comes
6. Crypt Of Fear
7. Annihilation
8. Cosmic Gun
9. All Must End



             



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