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DEATH PROGRESSIF  |  STUDIO

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ALKALOID - Liquid Anatomy (2018)
Par MEFISTO le 4 Juin 2018          Consultée 2071 fois

Un corps humain est constitué en moyenne entre 55% et 60% d'eau. Le supergroupe allemand allait-il baser sa deuxième œuvre d'art progressive sur ce constat scientifique vieux comme le monde ? Serait-ce cela, la formule gagnante, empirique ou non, pour triompher en Metal complexe ? Simplifier l'idée de départ pour ensuite étirer l'élastique au maximum ?

Bof, je vous laisse débattre, vous êtes d'un ennui… Je ne m'attarderai pas plus longuement à m'obstiner, surtout que le maestro lui-même, Hannes Grossmann, a avoué lors de diverses entrevues que chaque morceau de ce second effort est indépendant des autres, quoiqu'il amène l'eau au moulin à sa manière pour faire de cet imposant album un mélange bigarré s'étendant de Lovecraft aux poulpes ou étoiles les plus éloignées. Allez savoir avec ces types, ils ont passé la majeure partie de leur carrière à nous bluffer avec leurs différentes formations déstabiliso-brillantes.

Toujours selon Grossman, ALKALOID n'a pas besoin ni envie de s'emprisonner dans un carcan. Les cinq musiciens ont essayé tellement de trucs qu'ils en sont, pour notre plus grand plaisir, à une époque de leur vie où il n'existe absolument aucune limite. De là l'absence cette fois d'un concept, plus ou moins flou, au profit d'un album à tiroirs qui, sans surprise, est parfaitement structuré. Car pour l'équilibre ou le dosage, on repassera, ALKALOID n'est vraiment pas le genre de groupe qui vous prend par la main à la fête foraine. Égarez-vous, ne cherchez pas votre chemin et absorbez les vibrations du plus hallucinant manège de votre existence !

Le poulain le plus original du catalogue de Seasons Of Mist vous attend donc à la barrière d'entrée avec une seule directive : ne vous attendez à rien. En bon français : laissez-vous impressionner. Je traduis par dessus : ne bronchez jamais. Surtout pas quand le growl ténébreux laisse sa place au classique chant clair vaporeux robotique…

… Pas plus quand la Heavy Mélo "Kernel Panic" lance les hostilités de drôle, voire dérangeante manière, pas quand les lourdaudes et archi entortillées "As Decreed By Laws Unwritten" et "Chaos Theory And Practice" déversent leur fiel, pas quand "Aza(g)thoth" tamponne un point d'interrogation dans le front de tout le monde en tirant du calibre 22 parfumé partout, pas quand la pièce-titre amène un moment de clarté indélébile dans ce tourment, pas quand "In Turmoil's Swirling Reaches" et "Interstellar Boredom" s'amusent coup sur coup à nous perdre dans leur labyrinthe, surtout pas quand la clôture "Rise Of The Cephalopods" (tous aux armes, les poulpes attaquent pour reprendre leur légitime place !!!) nous fait sourciller pendant 19:41 minutes. Ouf, c'est long s'extasier pendant presque 20 minutes…

Bon, oubliez tous ces descriptifs ennuyants et obligés un instant… Ce qui rend "Liquid Anatomy" absolument incontournable, et ALKALOID plus grand que nature, est l'absence de codes, de références avouées et de ligne créative définie. Vous plongez ou vous mourez. Vous sautez en compagnie du quintette de génie ou vous vous privez de ce que le Metal intelligent représente en 2018. Vous levez le nez sur ce caviar sonore et vous perdez l'opportunité de saisir les subtilités qui ont contribué à forger la façade moderne du quartier général métallique. Vous évacuez la folie créative, la liberté autoproclamée et l'édifiante audace qui sépare les adultes des enfants.

ALKALOID et son Metal compliqué, assumé, scientifique, organique, émotif et universel, arrive à combler le fossé entre les illuminés, les stoïques et les éternels insatisfaits. Qu'il officie dans un registre pesant ou clair, rustre ou gentleman, accueillant ou déstabilisant, allons jusqu'à dire frustrant-prétentieux, il livre la marchandise avec fracas. Sans sombrer dans la violence exagérée.

Et, surtout, il fait réfléchir. Il nous force à nous soumettre à son génie de composition, qui, en trois ans et deux mois, aura réussi à lancer sur la cruelle et géante place publique un successeur digne du colosse "Malkuth Grimoire" de 2013. Un album plus grand que nature, bourré, fourré de plus de riffs, mélodies et mesures de drum prohibées pour rendre le plus avisés des amateurs complètement fou.

Et le plus beau, visage ironique, dans tout ça, est que le résultat agresse rarement l'oreille avertie, coule de fine source et passionne à un degré rarement atteint. Nonobstant les lignes plus claires et soft de son bousin, ALKALOID a réussi à tailler un talisman extrême d'une virtuosité exceptionnelle. En fusionnant ses talents, ce combo a prouvé que l'efficacité peut naître de la longue expérience.

Je vous souhaite la plus merveilleuse des aventures.

Note : 4,5/5. Il s'en est fallu vraiment de peu, une ventouse de céphalopode...

Podium : (or) "Chaos Theory And Practice", (argent) "As Decreed By Laws Unwritten", (bronze) "Azagthoth".

Indice de violence : 3/5.

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   MEFISTO

 
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- Morean (guitare, chant)
- Christian Münzner (guitare)
- Danny Tunker (guitare)
- Hannes Grossmann (batterie)
- Linus Klausenitzer (basse)


1. Kernel Panic
2. As Decreed By Laws Unwritten
3. Azagthoth
4. Liquid Anatomy
5. In Turmoil's Swirling Reaches
6. Interstellar Boredom
7. Chaos Theory And Practice
8. Rise Of The Cephalopods



             



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