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- Style : Rammstein

HAM - Söngvar Um Helvíti Mannana (2017)
Par ERWIN le 2 Avril 2018          Consultée 3171 fois

Aujourd'hui les enfants, nous ouvrons le grand livre du cochon. Mais oui, du lard, du bacon du jambon du gras dans tous les sens et toutes les parties. C'est énorme, c'est lourd, c'est dense et ventru, souvent alternatif, parfois Doom ou Industriel, toujours original, un truc comme on n'en rencontre pas souvent dans sa vie. Bien sûr, je suis moi-même au début de la découverte de ce qui semble être un truc de dingue comme disent les djeuns d'aujourd'hui. Je vous ferai l'historique en temps et lieux, contentez-vous de savoir que HAM a été dans les années 80 le premier dynamiteur du Rock islandais avec les SUGARCUBES, et que la scène Metal islandaise – SÓLSTAFIR et SKÁLMÖLD les premiers - dans son ensemble lui voue un véritable culte. La bien nommée BJÖRK Guðmundsdóttir a été de l'aventure dans les eighties ainsi que le regretté Johan Johannson, et l'ancien maire – normal - de Reykjavik, Jon Gnarr. C'est bien simple, en Islande, tout le monde connaît HAM, le parrain du Rock Viking.

Il faut aussi dire que les deux membres principaux du groupe forment un improbable duo. À ma droite, Óttarr Proppé, actuel élu au parlement islandais de l'Althing et ex-ministre de la santé. Toujours fringué de manière déconcertante, l'énergumène éructe tel un diable et semble avoir pavé la route vers le growl et les screams, puisqu'il officiait déjà dans le genre au début des eighties. À ma gauche, le géant Sigurjón Kjartansson à la guitare rythmique, véritable colosse et compositeur du groupe. Il occupe le micro d'une voix de basse étonnante qu'il module pour former des lignes mélodiques très épiques qui se rapprochent souvent de RAMMSTEIN et sonnent viking... Mais pas toujours... Non, ce serait trop simple. Sigurjón est aujourd'hui le principal producteur des séries TV islandaises et travaille au quotidien avec le réalisateur Baltasar Kormakur, vous connaissez "Trapped" ? C'est lui ! En Islande, c'est comme ça, tout le monde est à la fois au four et au moulin.... Le lard et le cochon ! Bjorn à la basse et Arnar à la batterie sont des métronomes qui headbanguent tels des possédés en concert et Flosi Forstein tire des lignes d'accompagnement fort simples mais toujours judicieuses de son Explorer.

Bref, nous y reviendrons, mais c'est inclassable... Totalement inclassable. Un mélange de Cold Wave Gothique à la FIELDS OF NEPHILIM avec des rythmes martiaux à la RAMMSTEIN, des voix tantôt écorchées et dégénérées, tantôt amples et graves. Un Ovni je vous dis ! Le précédent album paru en 2011 – kro à venir - était une merveille absolue, et nous voici face au sixième - ou septième c'est compliqué vous allez voir, la carrière s'étale sur quatre décennies avec des stops partout ! - opus du groupe, ce « Chansons pour les hommes de l'enfer ».

Et pour comprendre rapidement de quoi je cause et que, non, je ne sucre pas encore les fraises, je vous propose de fourrer dans vos petites cages à miel "Brekka". Vous allez être immédiatement saisi à la gorge, ce titre est éminemment symbolique du rouleau compresseur qu'est le groupe. Les deux chanteurs contribuant à créer une atmosphère superbe en se complétant de manière étonnante, la puissance dégagée est juste géniale. Je vous encourage vivement à son écoute, le titre est jouissif, et les petites digressions guitaristiques, toutes simples, sont à se damner. Un autre morceau majeur est le fantastique "Eg Senn Dey" ou vous retrouverez encore tous les éléments chers au Jambon, du viking dans le texte avec des bridges absolument dantesques.

La violence latente de "Þú Lýgur" n'est pas feinte une seule seconde... Voyez la vidéo psychiatrique de ce « Tu mens » qui sonne comme un réquisitoire, dans une ambiance qui prend en concert une ampleur démentielle. Sans appartenir à aucun genre extrême, il est évident que le combo de Reykjavik dépasse allègrement ce qui existe dans les autres musiques en termes de débauche énergétique... C'est sans concession aucune, les gars n'ont d'ailleurs aucun besoin de vendre leur musique, ce qui en fait des purs de durs. On poursuit cette même analyse avec l'atmosphère oppressante de l'inexorable "Skuggi". Plus loin, "Þú Fórst Hvurt" est aussi linéaire qu'un titre d'AC/DC en mode martial, la violence est contenue, mais la puissance emporte à nouveau tout sur son passage.

Les vocalises de "Morðingjar", en mode lalalala, sonnent... Viking ? Mais oui. C'est Doom à souhait, et servi par la voix grave de Sigurjon, passé le premier haussement de sourcil, on en vient à headbanguer comme il se doit sur cette ode à l'amitié. On retrouve à nouveau l'identité viking sur la monumentale "Synir Sà". La simplicité de l'introductive "Eldur", avec un chant mélodique et ample de Sigurjon, pose remarquablement les bases de l'ensemble et on note un Ottar déchaîné sur le refrain ! Un riff simplissime mais à l'efficacité maximale !

Et donc RAMMSTEIN, je vous dis, mais un RAMMSTEIN expurgé de ses éléments mainstream, d'ailleurs l'explosive "Vestur Berlin" évoque la capitale allemande, y'a pas de hasard ! Un improbable mélange Alternatif Indus et de rythmiques cinglantes qui ne sont pas si éloignées que ça des structures du Black Metal – voyez le trémolo picking sur "Gamli Maðurinn Og Asninn" -, c'est d'une densité implacable... Impossible pour autant de rattacher ça à un genre, HAM fait du jambon, point final ! Ham Metal ? Ma foi, je serai prêt à créer ce sous-genre ! RAMMSTEIN est sans doute la comparaison la plus évidente, tout en retirant certains aspects putassiers propres au groupe teuton. Tout ici respire le vrai, le souffre... D'ailleurs même l'eau sent le souffre là-bas, et donc c'est sûr, le jambon aussi...

Voilà une énigme ! Le groupe jouit certes d'un statut unique dans son Islande natale, mais compte tenu de la puissance de la scène Metal de la terre de glace et de feu, comment se fait-il que HAM ne soit pas parvenu aux oreilles des graisseux de l'Hexagone ou d'ailleurs ? Il faut rétablir la justice. Ruez-vous sur les sites spécialisés pour découvrir cette merveille les gars, et commandez les albums, vous pourriez fort bien tomber raides dingues de ces fous furieux ! L'album est une excellente introduction à leur musique, on est proche de la jouissance permanente. Le monument national du Rock islandais !

Ísland að eilífu !

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   ERWIN

 
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- Sigurjón Kjartansson (chant-guitare)
- Óttarr Proppé (chant)
- Arnar Geir Ómarsson (batterie)
- S. Björn Blöndal (basse)
- Jóhann Jóhannsson (claviers)
- Flosi Þorgeirsson (guitare)


1. Eldur
2. Þú Lýgur
3. Synir Sa
4. Skuggi
5. Gamli Maðurinn Og Asninn
6. Vestur Berlin
7. Þú Fórst Hvurt
8. Morðingjar
9. Eg Senn Dey
10. Brekka



             



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