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METAL PUNK INDUS  |  COMPILATION

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- Style : Rammstein

HAM - Dauður Hestur (1995)
Par ERWIN le 27 Décembre 2018          Consultée 507 fois

Un certain affolement a dû vous gagner en regardant la trombine de la couverture ! En effet, en lieu et place du divin cochon rougeâtre islandais, nous voici aux prises avec le joli minois d'un cheval islandais... Mais ou se trouve la bauge du cochon ? L'étal du jambon ? La charcuterie et tous les autres éléments-clefs de la vie de HAM ? Arf c'est à n'y rien comprendre quand on dispose de la grâce d'un animal comme le porc d'aller s'encombrer ainsi d'un vulgaire canasson... Même si l'album s'intitule "la mort du cheval". Comme vous le constatez, les titres sont en anglais.

L'introductive "Deathbillies On The Run" et son pendant instrumental "On The Run Again" nous plonge dans une ambiance que n'aurait pas renié Jaz Coleman et ses potos de KILLING JOKE... D'ailleurs, Jaz étant un fan absolu de l'Islande et ayant décidé d'attendre la fin du monde à Reykjavik, n'y aurait-il pas eu collusion entre les plaisantins de la blague qui tue et le cochon-roi islandais finalement, ce n'est pas si bête quand on compare les sons et l'aspect martial des compos... La guitare plaintive de "Dimitri" sonne quasiment Punk tellement elle est raw. Le titre pourrait sortir des œuvres complètes de KILLING JOKE, avec une rythmique à vide de Flosi, un peu comme celles qu'aiment à dispenser notre cher Geordie Walker. Pas mainstream pour deux ronds et colossalement crasseux, cette compo bénéficie aussi des lourds vocaux de Sigurjón, lui procurant ainsi sa dose de sophistication.

On jouxte aussi quelques sommets. Avec "Sodoma Theme" - bienvenue dans le monde des pouet -, faisant suite au film Sodoma Reykjavik, dont voici le thème central de la BO. Il s'agit d'une rythmique propre à étriper les bœufs, mais point les cochons non non ! En fait un titre quasiment psychédélique qui doit tout à son statut de rouleau-compresseur. Il y a ici autant d'éléments Punky qu'alternatifs, et finalement, assez peu de Metal, l'orgue liturgique de Johan rajoutant encore à la confusion, pour la plus grande gloire du divin cochon.

Autre grand moment, la lente descente aux enfers de "Sanity", avec la voix d'Ottar, très proche des thèmes du CELTIC FROST de Thomas Fischer, d'autant que des chœurs féminins opératiques pointent le bout du nez. C'est très lourdingue, on patauge dans la mare de boue, en bons cochonnets que nous sommes, dans une impression d'enlisement et d’étouffement. "Birth Of The Marination" sonne de la même manière, c'est sans doute moins mémorable, mais la puissance ne se dément pas. Avec "Animalia", nous sommes au croisement du destin, il y a de la rythmique pêchue, simpliste, avec des structures plus Blues qu'alternatives, même si le clavier de Johansson est très actif. On note d'ailleurs certaines réminiscences du TYPE O NEGATOVE de Josh Silver. Ottar croasse, Sigurjón tonne, on s'approche de la formule magique, voyez donc ce refrain vibrant ! Les portions instrumentales sont souvent à connotation indus, purement répétitives et crasseuses.

La voix de Sigurjón est sur "Bulldozer" bien moins grave que celle qu'elle deviendra à la fin des années 2010, mais le titre reste une référence en matière de lancinance, les rythmiques sont implacables et la section rythmique monolithique. Et lorsque Ottar prend le micro, le titre devient soudainement un standard de quasi Black puisque les tremolo-pickings sont encore de la partie, alors que nous ne sommes qu'en 95 ! Avec "Manifesto" on jouxte les territoires chers à SEPULTURA, un Metal mordoré et apocalyptique où les aspects pagan sont prépondérants et le son d'un Noisy boueux... Encore la boue, l'élément du cochon !

"Retrofire" se présente comme bien plus moderne. Certes nous restons dans la reptation et le lourdingue, la rythmique déchire, l'ambiance est au cordeau, comme souvent avec HAM. Des intermèdes vocaux fomentent une rébellion moderniste de belle allure et les claviers sont phénoménaux. Enfin, "Party Town" fait office de classique pour cette livraison, puisqu'on le retrouve aujourd'hui systématiquement dans les setlists des Islandais. Imaginez un titre compulsif mêlant le frustre du Punk à la puissance d'un Metal Psyché de très lourde facture, les vocaux très Death d'Ottar et nous y sommes, voilà qui dépote ! Notons qu'avec le temps les gars de Reykjavik ont "islandisé" le titre en "Partybaer".

Dans cette discographie absolument incompréhensible puisque prise à l'envers et s'étirant sur quatre décennies, il est difficile de tirer les enseignements les plus pragmatiques. Sur cet opus, les tentations et influences Alternativo-Punk sont légions, et comme la sophistication du son n'est pas celle de vingt ans plus tard, le résultat est beaucoup plus cru – le cochon cru normal mais on va dire « fumé » finalement ?-. Et, inexplicablement, voila donc un opus qui se trouve en parfaite adéquation avec la logique islandaise du four et du moulin, mais ça reste superbe à découvrir !

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   ERWIN

 
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- Sigurjón Kjartansson (chant-guitare)
- Óttarr Proppé (chant)
- Arnar Geir Ómarsson (batterie)
- S. Björn Blöndal (basse)
- Jóhann Jóhannsson (claviers)
- Flosi Þorgeirsson (guitare)


1. Deatbillies On The Run
2. Bulldozer
3. Party Town
4. Dimitri
5. Sodoma Theme
6. Manifesto
7. Animalia
8. On The Run Again
9. Birth Of The Marination
10. Sanity
11. Retrofire



             



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