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The CROWN - Cobra Speed Venom (2018)
Par T-RAY le 16 Mars 2018          Consultée 1743 fois

De loin, vous la distinguez à peine. Elle se confond avec l’horizon, perturbant votre perception de ce qui commence à se former. Rien qu’une onde, elle ne paye pas de mine. Puis, s’approchant sans cesse, elle gonfle. Et gonfle. Et enfle encore. Elle gagne en puissance. En intensité. Vous la voyez et l’entendez, désormais, écumante, un mur en cours d'élévation, d’une hauteur inédite. Elle fond sur vous, et vous prend alors l’envie morbide de la surmonter, à vos risques et périls. Mais prenez garde, ni la flamboyance d’un Bodhi Salver, ni l'expérience et l’habileté d’un Kelly Slater ne vous suffiront pour la surfer. Cette vague, c’est Jaws faite musique. Mais le tube, ou plutôt les tubes qu’elle forme, en répétant ses assauts brutaux et pourtant harmonieux, offrent un plaisir évident, immédiat. Digne des plus beaux rides.

La déferlante "Cobra Speed Venom", nul ne la voyait venir, en effet. Ou si peu. Car si The CROWN est incontestablement régulier dans le Death Mélodique haut de gamme, il l’est tellement, en réalité, qu’il ne surprend plus. Ses albums sont toujours bons, sinon meilleurs encore, et le groupe fait la fierté de la Suède du Melodeath depuis vingt ans maintenant, étant l’un des rares à ne pas s'être vautré au cours des deux décennies écoulées. Une performance supérieure à celle de noms plus ronflants dans le genre, donc. Mais avec une prise de risque relativement minime. Un peu à la AMON AMARTH, dans l’approche… Mais en mieux. C'est mon avis, peut-être le vôtre aussi. Mais "Cobra Speed Venom" a quelque chose en plus par rapport aux trois précédents longue durée. Il offre un compromis admirable entre rudesse, puissance, mélodie, riffing de haut niveau et pouvoir d’accroche.

Cette déferlante, on ne l’entend pas venir non plus jusqu’à ce qu’elle referme ses mâchoires sur nos oreilles. La petite introduction violoneuse à "Destroyed By Madness" aura bien brouillé les pistes, malgré des sonorités rappelant, de loin, celles du thème de "Jaws" par WILLIAMS (bon, d’accord, de très loin… Et sous l’eau). Mais il ne faut pas plus de quelques secondes à ce nouvel album pour faire des ravages. Ce premier morceau est une détonation qui en annonce d’autres, en chaîne. Bien aidé par une production claire, tranchante et – n’ayons pas peur des mots – titanesque, signée Fredrik Nordström, déjà auteur de celle de l'inénarrable "Deathrace King", The CROWN dévaste tout sur son passage, dès l'ouverture des hostilités. Gonflant progressivement, telle la vague de l’artwork, "Destroyed By Madness" délaisse au bout d’une minute le martelage martial de guitares pour déferler au sens propre, à vitesse grand V, dans nos canaux auditifs.

Le riff, hargneux, simple mais efficace, de ce morceau d’ouverture en annonce d’autres. La voix de Johan Lindstrand est au cordeau, affûtée, comme souvent, et envoie du lourd, pré-chorus fédérateur à même de lancer un refrain bombastic à souhait. Avant une accalmie toute en lourdeur. Le schéma n’est pas nouveau pour le combo, il l’a déjà expérimenté par le passé, et l’applique encore sur le reste de l'album. Mais il l’aura rarement reproduit avec autant de puissance. La célérité des brûlots de ce dixième L.P. ne se dément pas par la suite. "Iron Crown", très accrocheur, d'abord punky puis riche d'un riff principal pas si loin d’un Black Brutal, voit apparaître le premier solo remarquable de l’opus. Pour son deuxième album avec la formation, Robin Sörqvist confirme qu’il n’a pas rejoint The CROWN en 2013 pour enfiler des perles, même si ses coups de patte scintillent ("World War Machine", "Where My Grave Shall Stand"...).

Passer en revue chaque assaut est presque inutile car globalement, "Cobra Speed Venom" est une tempête de riffs catchy et de refrains encore plus catchy. The CROWN se montre particulièrement tubesque ici, et peu, très, très peu de titres peuvent démontrer le contraire… À part "Rise In Blood" et les bonus tracks qui, comme leur rôle l'indiquent, sont effectivement considérés comme des bonus par le groupe lui-même. Même s’ils sont nés du travail de composition abattu par le quintette en vue de ce dixième album, ces derniers, plus passe-partout et manquant d’accroche, n’ont pas été dignes d'être considérés comme faisant partie de l’opus. Tout juste pouvons-nous accorder notre indulgence au mid-tempo heavissime "The Great Dying", qu’on garde en mémoire. Je vous engage donc à les zapper, ne comprenant même pas pourquoi la formation suédoise (et surtout son label, j’imagine) a tenu à affaiblir le disque avec eux. Stoppez votre écoute au long et plus subtil qu’il n’y paraît "The Sign Of The Scythe" et vous ne serez pas déçu. Le sourire et la pêche garantis pour le reste de votre journée !

Sans déconner, même quand The CROWN ralentit le tempo, comme au cœur du Single "We Avenge!", qui mériterait d’ailleurs un clip vidéo digne de ce nom, le groupe parvient à maintenir alerte et à faire headbanger vigoureusement. Plus lentement, certes, mais faut bien faire reposer les cervicales de temps en temps. Et grâce à la production over the top de l'éminent Nordström, l’ensemble des instruments tonne comme rarement. Mention spéciale à la basse de Magnus Olsfelt qui gronde littéralement sur le ravageur "Necrohammer" ou sur "Cobra Speed Venom", un morceau-titre qui aura rarement aussi bien été intitulé, tant il est fulgurant et mortel. Quant à son refrain... TO-NI-TRU-ANT ! Le pire, ou plutôt le meilleur, c’est que d’autres peuvent lui challenger le titre de hit absolu de l’album, en particulier l’hyper énergique et Rock'N'roll "In The Name Of Death", dont le style est peut-être celui qui se rapproche le plus de l’album précédent, "Death Is Not Dead".

Chevaucher cette vague admirable qu’est "Cobra Speed Venom", c’est s’offrir un gros kiff de Death Mélo ne reniant ni son penchant Thrash, ni ses élans Heavy. Même les amateurs de ces deux genres, Heavy Metal et Thrash Metal, peuvent trouver leur plaisir à s’enquiller les dix déferlantes écumantes de cet opus (je vous ai dit d’oublier les bonus tracks, non mais !). Même les amateurs de Metal Instrumental pourraient s’y retrouver grâce à l'élégant "Where My Grave Shall Stand", qu’on oublie facilement à la première écoute pour le redécouvrir seulement sur les suivantes, tel qu'il le mérite. Oh, il ne révolutionnera pas l'idée que vous vous faites de l’instrumental donnant du souffle à un album. Mais il est là et bien là, efficace comme il se doit de l'être pour ne pas plomber l’ensemble. Il l'aère, en vérité.

Quelle critique majeure adresser à ce dixième The CROWN, après tout ? Qu’il n’est pas original ? Certes. Elle serait bien la seule. Mais on s’en fout quand c’est bon et quand c’est bien fait. En attendant la vague de sa vie, le surfeur ne rechigne en rien à rider encore et encore les rouleaux des spots qu’il connaît le mieux. Ils ont fait de lui l’athlète qu’il est. The CROWN offre ici un Death Mélodique tel qu’on le connaît déjà, mais de haut niveau. À même de permettre à qui l'écoute de surmonter d’autres déferlantes, différentes et peut-être plus surprenantes dans le genre. Mais pas forcément aussi excitantes.

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- Johan Lindstrand (vocaux)
- Marko Tervonen (guitare rythmique)
- Robin Sörqvist (guitare lead, vocaux additionnels)
- Magnus Olsfelt (basse)
- Henrik Axelsson (batterie)


1. Destroyed By Madness
2. Iron Crown
3. In The Name Of Death
4. We Avenge!
5. Cobra Speed Venom
6. World War Machine
7. Necrohammer
8. Rise In Blood
9. Where My Grave Shall Stand
10. The Sign Of The Scythe
11. Nemesis Diamond (bonus Track)
12. The Great Dying (bonus Track)
13. Ride The Fire (bonus Track)



             



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