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OCEANS OF SLUMBER - The Banished Heart (2018)
Par VOLTHORD le 13 Mars 2018          Consultée 931 fois

La révélation de "Winter" passée, OCEANS OF SLUMBER et sa frontwoman Cammy Gilbert (d’ores et déjà une chanteuse iconiques des 2010s) reviennent en 2018 avec un album au cœur brisé, la rancœur bien aiguisée et une volupté effacée mais toujours présente.

Le titre d’ouverture "The Decay Of Disregard" se fraye un chemin du côté du "Desiderata" de MADDER MORTEM, davantage que d’un envol aux côtés des "Nightime Birds" et "Mandylion" de The GATHERING. Rappelez-vous, je disais déjà cela d’un titre comme "Apologue" sur le précédent album : voilà que les Texans en font tout un album. De la légèreté et la fragilité de "Winter", il reste encore cette tendance à la ballade que le groupe entretient, avec un ton dramatique très nettement appuyé, comme sur son éclatant titre éponyme.

Perdu dans sa volonté d’accomplir une œuvre artistique intimiste et complexe, OCEANS OF SLUMBER semble osciller entre un Prog agressif un peu fourre-tout dans ses idées (je n’ai toujours pas pigé la logique de "At Dawn") et une émotion qui bat de l’aile. La synergie entre les deux ne semblent pourtant pas toujours fonctionner, et "The Banished Heart" devient alors un "Blackwater Park" qui ne parviendrait pas à puiser de l’émotion dans sa violence.

Même si les thèmes plus sombres auraient pu s’orienter vers plus de Doom, la batterie hyperactive de Dobber Beverly et des guitares prêtes à en découdre à tout moment ne font pas toujours bon ménage avec les parties vocales ni même avec les claviers. Cammy Gilbert, sentencieuse, se trouve souvent embarquée dans une tempête de blast beats qui semble hors de toute maîtrise. Dans "Winter", on avait eu droit à ce genre d’accélération à ce moment-clé de "Nights In White Satin" où Cammy prononçait ce "because I love you" iconique : l’effet prenait tout son sens. Là le gimmick fatigue et l’effet ne prend pas toujours, "Howl Of The Rougarou" n’a de ce point de vue aucun juste milieu et ses blasts finaux se terminent en une bien tristement queue de poisson.

Est-ce que cela empêche d’apprécier ces nouveaux titres ? Certainement pas. "The Banished Heart" se découvre progressivement, devient vite attachant.
Le quasi-final "No Color, No Light" est particulièrement incroyable : Tom Englund d’EVERGREY vient et le morceau est d’autant plus génial qu’il croit enfin à la seule puissance des voix, qui maîtrisent la danse plus qu’elles ne semblent se faire embarquer sans leur accord. Les mélodies les accompagnent, on peut enfin vivre chaque ligne prononcée.

Main de velours dans un gant de fer, ce troisième opus des Texans demande à son auditeur un investissement qui déboussole forcément après un "Winter" immédiat et accessible. Il frustre car on sent que Dobber Beverly veut nous faire parvenir un message profond, un truc difficile, une mise à nu. Mais les choix de production ne sont pas toujours adaptés à son propos et les compositions à rallonge brouillent les pistes. Parfois trop ambitieux pour son propre bien, OCEANS OF SLUMBER esquisse là des premiers pas vers un style plus dense et complexe. Ni plus (et c’est dommage), ni moins (et c’est tant mieux).

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   VOLTHORD

 
  N/A



- Keegan Kelly (basse)
- Dobber Beverly (batterie, clavier)
- Anthony Contreras (guitare)
- Sean Gary (guitare)
- Cammie Gilbert (chant)


1. The Decay Of Disregard
2. Fleeting Vigilance
3. At Dawn
4. The Banished Heart
5. The Watcher
6. Etiolation
7. A Path To Broken Stars
8. Howl Of The Rougarou
9. Her In The Distance
10. No Color, No Light
11. Wayfaring Stranger



             



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