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OCEANS OF SLUMBER - Oceans Of Slumber (2020)
Par VOLTHORD le 13 Février 2021          Consultée 665 fois

La "maturité" est parfois une bien mauvaise chose. OCEANS OF SLUMBER, après un "Winter" dont il est toujours important de rappeler l'excellence, s'est senti investi d'une mission. Faire plus sage, faire plus intelligent, faire plus important. Depuis "The Banished Heart", on sent qu'il se veut poignant à tous les étages, tout en voulant déployer des prouesses techniques pour servir son propos. Ce troisième album sobrement intitulé "Nom Du Groupe" prend la voie du piano doux et de l'océan de larmes bavard, penchant sur les tons bleutés de "Winter" pour rameuter les fans qu'il a déçus sur "The Banished Heart", mais sans pour autant se sortir de cette démarche prétentieusement emphatique qui sera sans doute désormais la norme.

D'ailleurs, un changement de 50% du line-up ramène Dobber Beverly et Cammie Gilbert comme tenants définitifs de la ligne désormais "Prog émouvant" qu'a pris le groupe. Les contradictions de "The Banished Heart" sont donc quelque part effacées, même si mon constat restera assez similaire : OCEANS OF SLUMBER veut être plus Prog et plus démonstratif, et c'est cette attitude même qui cassera son évidente volonté de nous toucher droit dans l'âme.

Les fûts trépignants de Dobber Beverly ont l'air de vouloir exploser, ses partitions hyperactives clashent avec la pachydermie mélancolique que l'aura de Cammie Gilbert et une armée de pianos larmoyants provenant du même Beverly imposent comme dogme sur la vaste majorité de l'album. Évidemment, on ne peut jeter la pierre à la chanteuse, qui joue son rôle avec éloquence mais dont les orations tirent parfois sur la geignardise. Ainsi les poussées extrêmes de "The Soundtrack To My Last Day" ou "I Mourn These Yellowed Leaves" sont rapatriées dans ce flux de larmes insolentes comme quelques vaguelettes frénétiques au bord de la falaise. Les remous incessants sont toujours invalidés par la vue d'ensemble : un tableau maritime finalement assez impassible. Exception faite d'un "Total Failure Apparatus" où enfin la violence éclate franchement, Oceans revient dans son slumber, et donne davantage l'impression de refouler ses folies plutôt que de les inviter à faire corps avec son évident désir de grandeur.

Alors tout de même, cet album a une couleur, une sorte d'homogénéité apaisante, et outre quelques instants où on ne pige rien ("The Adorned Fathomless Creation" bancal), il est plus simple de rentrer dans "Oceans Of Slumber" que dans "The Banished Heart". Inversement, il est facile d'extraire des perles assez hétérogènes du précédent opus, alors que les bons titres de cet album-ci sont ceux qui nous offrent des mélodies convenables dans les confins de l'exercice de la "ballade dramatique à explosion finale" : le tubesque "A Return To The Earth Below", le narratif "To The Sea (A Tolling Of The Bells)", et ce duo assez simple et efficace qu'est "Colors Of Grace" (avec Mick Moss d'ANTIMATTER). Des exemples où OCEANS OF SLUMBER sait se faire poignant, et même plus, bouleversant.

Mais quand on dépasse l'heure de musique en émasculant constamment les accélérations rythmiques à base de sermons déclamés à la chandelle, l'émotion s'étiole ("The Red Flower" qui traîîîîîîne sa fin au point où ça en devient pénible). Et si on ajoute deux instrumentaux en aucun cas raccordés au reste... On en finit à ne plus voir le potentiel réel de l'album.

J'ai volontairement omis l'intéressant "Pray For Fire" : quelques accords acoustiques font grandir des ombres et des fantômes pour progressivement s'électrifier, investir une tristesse d'abord naïvement éplorée puis plus inquisitrice, introduire progressivement les growls comme la manifestement d'une colère intérieure… qui finit par se transcender et se transformer en un blast final sur fond de déclamation menaçante. Un blast ralenti par la lente prosodie de Cammie, mais dont la "prière" qui lui fait face donne davantage l'impression de l'invoquer, de le maîtriser pleinement. Un blast qui n'est pas totalement capitalisé et finira échoué une nouvelle fois dans un grandiloquent final larmoyant... Mais c'est malgré tout le moment où je suis le plus apte à m'aligner avec Dobber Beverly et sa bande lorsqu'il est question de concrétiser leurs velléités extrêmes : une approche narrative plus naturellement agencée et sans esbroufe progueuse.
Une voie à creuser pour donner enfin une suite convaincante à "Winter".

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   VOLTHORD

 
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- Dobber Beverly (piano, batterie)
- Cammie Gilbert (chant)
- Mat V. Aleman (clavier)
- Semir Ozerkan (bass, backing)
- Jessie Santos (guitare)
- Alexander Lucian (guitare, backing)


1. Soundtrack To My Last Day
2. Pray For Fire
3. A Return To The Earth Below
4. Imperfect Divinity
5. The Adorned Fathomless Creation
6. To The Sea (a Tolling Of The Bells)
7. The Colors Of Grace
8. I Mourn These Yellow Leaves
9. September (those Who Come Before)
10. Total Failure Apparatus
11. The Red Flower
12. Wolf Moon



             



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