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RAM-ZET - Freaks In Wonderland (2012)
Par DARK BEAGLE le 15 Décembre 2017          Consultée 446 fois

S’attaquer à "Freaks In Wonderland" après des chefs d’œuvres comme "Intra" et surtout "Escape" s’avère délicat. Parce que forcément, au petit jeu des comparaisons, "Freaks..." va faire pâle figure. Parce qu’en terme d’esthétisme, la jaquette n’a plus rien de cette froide menace mêlée à une imagerie conceptuelle qui fonctionnaient parfaitement et qui, partant de concepts graphiques fort simples, parvenaient à dégager quelque chose de sulfureux. Parce que sans violon, RAM-ZET est comme le Joker sans Batman : une coquille presque vide, hantée par la présence de l’être absent, paradoxalement. Tel est le terrible constat que l’on peut tirer de l’écoute de ce "Freaks In Wonderland". Autopsie d’un échec artistique.

RAM-ZET, c’était, durant les trois premiers albums, un concept qui fonctionnait parfaitement bien : l’histoire d’un schizophrène qui cherchait à s’échapper de l’institut où il était enfermé, allant jusqu’à séduire une infirmière retorse pour ce faire (vous voyez la relation Joker/Harley Quinn ?). Bien sûr, il ne manquera pas de s’en débarrasser, manquant son coup de peu ("I’m Not Dead"). "Intra", dernier volet de la trilogie, racontait la fuite de ce malade avec une puissance évocatrice superbe. Seulement, Zet, leader de la formation, a décidé de mettre son histoire en suspens pour explorer d’autres voies et "Neutralized", loin d’être raté, commençait à sérieusement marquer le pas.

Alors Zet va changer sa façon de composer, va exposer son rejeton vénéneux à une plus grande ouverture, moins sombre, moins angoissante, et la pochette illustre totalement l’approche nouvelle de son géniteur avec une photo du groupe, où l’on découvre Ka, la nouvelle claviériste. En revanche, aucune trace de Sareeta, la violoniste, qui est partie. Et son absence va s’avérer terrible, elle apportait un liant aux morceaux qui manque cruellement ici. Sans elle, c’est con à dire, mais RAM-ZET revient à la portée de tous, sans que cela soit péjoratif dans le terme. Mais il n’y a plus cette marque de fabrique, ces compositions souvent alambiquées mais qui prenaient tout leur sens dans le concept entier d’un album, avec ce violon doucereux qui amenait une ligne mélodique presque dissonante dans cette violence quasi chirurgicale.

Et de ce fait, "Freaks In Wonderland" marque le pas. Bien sûr, on peut se réjouir que le groupe aille de l’avant et qu’il fasse évoluer sa formule. Certains passages méritent clairement le détour, comme ce premier morceau, "Story Without A Happy End", dont le titre pourrait résumer à lui seul l’opus, ou le plus étonnant "Madre", qui évitent à ce disque d’échapper à un lapidaire 1/5. Le problème ne réside pas dans l’évolution. Il réside dans le fait que les musiciens ne sont plus les maîtres de leurs compositions et que celles-ci partent dans tous les sens et se perdent parfois totalement, au point où quand ce tour de manège infernal s’achève, on ne sait plus ce que l’on a écouté, on ne retient que des bribes de morceaux alors que des albums comme "Escape" ou "Intra", avec leur identité très forte, s’avéraient nettement plus mémorisables.

Aussi, on retient que Zet, s’il continue à crier, s’échine à aborder certains couplets de façon plus posée, avec une voix claire qui n’est pas sans rappeler celle de Marco Hietala (TAROT, NIGHTWISH). D’ailleurs, on a parfois l’impression de se retrouver face à un NIGHTWISH plus couillu et moins sympho prout prout quand Sfinx lui donne la réplique dans ces cas de figure. Encore une fois, rien de bien déplaisant, mais il y a toujours cette perte d’identité qui reste là, pesante, comme si la formation norvégienne était en bout de course, à bout de souffle. Évidemment, il est difficile de critiquer Zet sur sa volonté d’évoluer, d’amener la formation ailleurs. RAM-ZET aurait fini par se mordre la queue à rester sur sa ligne directrice et pourtant, on peut se demander si le guitariste n’a pas volontairement fermé la porte à un éventuel retour à son concept initial à travers cet album qui résonne comme une porte qui claque violemment.

Et RAM-ZET va se montrer bien par séquences. Des moments épars qui vont nous aguicher et malheureusement, se noyer dans la masse de ces morceaux souvent trop longs (entre cinq et dix minutes en moyenne pour une durée totale de 55 minutes), trop alambiqués et sans réelle ligne directrice. Une bonne idée pouvant être annihilée dans la minute qui suit par un break peu judicieux ou une mélodie à laquelle on peine à se rattacher, le Prog de RAM-ZET devient étouffant là où l’effet désiré était de laisser respirer l’auditeur. Un cruel paradoxe en somme pour les musiciens qui sont en silence studio depuis 2012, rien ne filtrant quant à un éventuel nouvel album alors que le groupe tourne toujours.

"Freaks In Wonderland" est une déception. Inutile d’être inutilement lapidaire, ou d’en rajouter. Il y a comme un manque de cohésion qui transpire au travers de ces huit titres qui aurait pu être tellement plus définitifs, comme ce que nous avait proposé RAM-ZET jusque-là. Une page s’est donc tournée et la talentueuse formation a sombré depuis dans l’oubli, même si elle existe toujours, qu’elle reste présente sur scène, alors que son heure de gloire est passée. De temps en temps, Sareeta joue avec eux. Doit-on voir là les prémices d’un retour aux sources ? Seul l’avenir nous le dira, mais inutile de se montrer trop optimiste…

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   DARK BEAGLE

 
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- Zet (chant, guitare)
- Sfinx (chant)
- Lanius (basse)
- Küth (batterie)
- Ka (claviers, accordéon)


1. Story Without A Happy End
2. I Am
3. Mojo
4. Land Of Fury
5. Madre
6. Circle
7. The Sign
8. As The Carpet Silent Falls



             



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