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METAL PROG EXTRêME  |  STUDIO

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2000 Pure Therapy
2002 1 Escape
2005 Intra
2009 Neutralized
 

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RAM-ZET - Neutralized (2009)
Par DARK BEAGLE le 5 Octobre 2017          Consultée 240 fois

Sortir de sa zone de confort n’est pas une chose évidente, surtout quand on y a conçu, façonné et gravé un concept marquant, que l’on a fait durer sur trois albums. Un fil rouge aussi lumineux qu’une traînée d’essence enflammée. Il faut du courage et ce courage, RAM-ZET l’a trouvé au moment de boucler son quatrième album, "Neutralized". Les Norvégiens sortaient d’une série de concept albums mettant en scène un schizophrène meurtrier qui manipulait son monde pour s’enfuir d’un asile avant de nous faire vivre sa cavale. Exit donc ce voyage putride dans l’esprit humain le plus dérangé, on entre dans quelque chose de plus commun, dans un domaine de noirceur quasiment équivalent.

"Intra" était un album qui tranchait quelque peu avec "Escape". "Escape", c’était la froideur clinique quand son petit frère semblait avancer dans une fange nauséabonde. Nous vivions la fuite du malade avec une passion sans cesse grandissante. En revenant dans un monde plus normal, plus formaté, RAM-ZET fait figure d’ogre. Et sans concept, le groupe semble perdre pied. Rien de dramatique, mais il ne paraît pas tout à fait à l’aise. Un peu comme un type trop grand et trop maladroit à qui l’on confie un service en porcelaine, Zet semble un peu à côté de la plaque quant à l’angle par lequel il prend ce disque.

Il va en effet se montrer très agressif, certainement un peu trop, cela va porter un certain préjudice à la musique pratiquée, cette espèce de mélange habile de Black, de Sympho, de Neo, de Thrash et de Prog, qu’on peut résumer comme du Prog Extrême. Quand le groupe est en mode conceptuel, il se crée une espèce d’alchimie enivrante d’une précision saisissante. Les morceaux longs sont parfaitement millimétrés, les constructions, alambiquées, étaient de véritables poudrières, prêtes à exploser à la moindre étincelle. Sur "Neutralized", on se rend compte que RAM-ZET n’aurait pas pu trouver meilleur titre pour cet opus : Zet et ses sbires se neutralisent avec panache.

Avec panache, oui, parce que "Neutralized" est plutôt un bon album dans l’ensemble. Mais il n’y a pas ce savoir-faire, ou même cette excellence que l’on pouvait retrouver sur ses prédécesseurs. Prenons un morceau comme "Addict". Le chant, dessus, est une véritable merveille : Sfinx et Zet unissent leurs voix dans un déchaînement de fureur parfaitement maîtrisé, avec toujours derrière ces rythmiques brutales et froides qui soutiennent des guitares et un clavier assassin. Mais en grattant un peu, ce morceau, qui aurait pu être très grand, se contente juste d’être bon. Et cela commence par un violon beaucoup plus diffus, moins prenant, moins intéressant dans la façon dont il est exploité. On n’ira pas jusqu’à dire que Sareeta a été sacrifiée, mais le fait est que son instrument est celui qui est devenu le moins intéressant alors que sur "Intra", il était l’un des points forts (souvenez-vous de "Ballet").

Et surtout, ce titre s’éternise et sa fin n’est plus qu’une longue agonie où un piano égraine quelques notes amères et désabusées. Et là, on se dit qu’il y a une espèce de mal qui s’est insinué au sein du groupe. Les morceaux longs (et il y en a beaucoup !) souffrent de parties superflues ou mal agencées, comme si les musiciens ne savaient plus comment les terminer, ou s’ils ne savaient plus proposer des progressions logiques ou inventives à leurs compositions. Et c’est là que réside l’échec de ce disque : tout ce qui a été fait précédemment, toute la construction musicale, est ici spolié. Certes, les mots sont rudes et ne reflètent pas l’entière vérité, mais plutôt une déception personnelle. Mais il est vrai que l’on ne retrouve pas cette fluidité au milieu de tout ce chaos, qu’il manque la magie qui permettait aux trois premiers de très bien se tenir.

Après, comme il l’a été précisé, "Neutralized" est plutôt un bon album. Rares sont les groupes qui parviennent à se montrer aussi fous dans leurs compositions, à mêler extrême et nuances plus Prog et touches de symphonique pas bling-bling pour un sou. C’est très épileptique dans l’approche et l’univers musical reste très vertigineux. C’est une expérience à faire et à vivre, au moins une fois et commencer par cet album est peut-être la meilleure porte d’entrée : imparfait dans ses développements, dans ses enchaînements et dans l’écriture également, il possède toutefois des qualités qui sont propres à ses grands frères, ce côté malsain, cette dualité vocale assourdissante et puissante, le réel point fort de ce "Neutralized".

RAM-ZET marque donc le pas. Quelque part, on est dans la logique, vu qu’après avoir signé une trilogie initiale de très haut niveau, il aurait été difficile, voire impossible, de tenir un tel niveau de composition, surtout qu’il s’écoule toujours beaucoup de temps entre deux disques du groupe. Ici, quatre ans se sont écoulés depuis "Intra" et le fossé est perceptible. Malheureusement pour les Norvégiens, ce premier faux-pas (qui n’en est pas franchement un au final, juste un coup de mou) n’est que le premier, la formation se compromettra bien plus sur l’opus suivant, "Freaks In Wonderland"…

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   DARK BEAGLE

 
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- Zet (guitare, chant, programmations)
- Sfinx (chant)
- Lanius (basse)
- Kürth (batterie)
- Sareeta (violon)
- Ka (claviers)


1. Infamia
2. I Am Dirt
3. 222
4. Addict
5. God Don't Forgive
6. Beautiful Pain
7. To Ashes
8. Requiem



             



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