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CELLAR DARLING - The Spell (2019)
Par DARK BEAGLE le 7 Mai 2019          Consultée 1351 fois

Deux ans après un premier album remarqué, les Suisses de CELLAR DARLING reviennent à la charge avec "The Spell", avec sa jolie pochette signée Costin Chioreanu (à qui l’on doit certains artworks de ARCH ENEMY et PRIMORDIAL entre autres). Les musiciens, avec leur premier essai, avaient prouvé qu’il y avait une vie après ELUVEITIE, en jouant un Metal teinté de Folk, mais de façon moins voyante, moins… Euh… Folk justement, si vous voyez ce que je veux dire. L’instrumentation s’insérait mieux dans le canevas musical, cela faisait moins cahier des charges à remplir impérativement. Avec une certaine élégance, la bande à Anna Murphy avait su s’affranchir des stéréotypes d’un genre qui a sérieusement tendance à se mordre la queue.

Mais avec "The Spell", le groupe va déjà s’affranchir de ce qu’il avait proposé sur "This Is The Sound", son premier opus. Ce dernier avait un côté très tubesque, avec quelques hits en puissance. Ce qu’il fallait pour ne pas sombrer dans l’anonymat le plus total. Avec "The Spell", CELLAR DARLING veut clairement passer la vitesse supérieure. Il s’agit en effet d’un concept-album où une jeune femme, lasse de voir l’humanité se déchirer, va se retrouver à vivre une espèce de quête initiatique quand elle tombera amoureuse de la Mort. Ce qui peut paraître sur le papier un brin banal, mais il semblerait que Anna Murphy se livre beaucoup à travers les textes, comme une introspection de ses idées les plus obscures.

Et forcément, la musique devient plus sombre, les refrains se font moins évidents. Il n’est pas rare de passer à des lignes de chant qui ont l’air faussement enjouées pour se retrouver face à quelque chose de plus pessimiste dans l’idée, posé et désespéré à la fois, poussé par la voix cristalline d'Anna Murphy. Elle nous narre cette histoire à la première personne, ce qui renforce encore l’impression qu’elle se met à nu, qu’elle se livre avec une certaine forme de pudeur au travers cette histoire qui se teinte rapidement de fantastique et qui n’est qu’une immense allégorie.

Et musicalement, CELLAR DARLING évolue. Grandi. Devient plus mature. L’ensemble est bien moins direct que sur le premier album, l’aspect y est bien plus Prog, à voyager dans des contrées étranges au sein d’une même chanson, en fonction de comment évolue l’histoire. C’est particulièrement vrai sur les longs morceaux, volontiers alambiqués, à l’image de "Death", "Insomnia" ou encore "Drown". Que des titres qui tiennent en un mot. Il est possible que le groupe nous y perde un peu lors des premières écoutes, le tout étant très intimement lié, mais plus ce disque tourne, plus il se révèle et ainsi, surprend. Les musiciens proposent quelque chose de joliment complexe, où chaque morceau est couplé avec celui qui le précède, pour ne pas perdre de sa dynamique ni de sa profondeur.

Le groupe va trouver un point d’équilibre assez délicat entre les élans Progressifs, les morceaux plus directs avec des effets de répétition bien maîtrisés et des ballades subtiles. Tout se répond, tout coule doucement. Si, pris seul, un morceau comme "Freezing" peut rapidement devenir agaçant, dans l’unité du disque, il est parfaitement à sa place et fait la jonction entre "Insomnia" et "Drown", aidé pour cela par le court interlude "Fall" qui rappelle le QUEEN du début des années 70. En fait, il est difficile de pointer un titre en particulier tant tout fait partie d’un ensemble indissociable. Bien sûr, "Death", "The Spell", "Burn" et son aspect horrifique avec ses voix masculines en retrait, "Sleep" ou encore "Drown" sortent grandement du lot, de par la maîtrise dont fait montre le groupe et par leurs mélodies insidieuses, qui s’avèrent entêtantes.

Et là encore, l’aspect Folk s’avère très réussi. CELLAR DARLING ne construit pas autour de ces interventions, il les intègre dans sa musique pour qu’il la serve plutôt que de s’en nourrir et créer un déséquilibre festif qui n’aurait rien à faire ici. Ici, le mariage des genres se veut harmonieux, et chaque intervention est attendue avec une certaine impatience tant elles s’inscrivent dans les mélodies, à l’image de cette flûte doucereuse qui vient apporter un relief saisissant sur "Death". La vielle à roues est toujours présente également, bien intégrée à l’ensemble, sans qu’elle ne prenne le dessus. Tout se joue sur l’équilibre et ici, il est juste.

Il convient aussi de pointer l’excellente production de Tommy Vetterli (CORONER), qui a su apporter toute son expérience sans dénaturer ce que cherchait à créer CELLAR DARLING. Et si tout n’est pas parfait, qu’il y a quelques longueurs, difficile de ne pas applaudir l’audace dont fait preuve la formation suisse ici. Les deux derniers morceaux ("Love Part II" et "Death Part II") pourraient résumer cet album, le premier représentant l’aspect Metal, le second représentant les variations plus Rock, plus atmosphériques qui éclatent ici et là. Ici, CELLAR DARLING se place à mi-chemin entre des formations comme FAIR TO MIDLAND et WITHIN TEMPTATION. Entre la technique tranquille et les envolées lyriques en quelque sorte.

L’album est également accompagné par un audiobook où Anna Murphy nous explique l’univers de "The Spell" avec quelques interventions musicales pour illustrer l’ensemble de jolie façon. Il n’y a aucune obligation de l’écouter pour apprécier l’album en lui-même, il faut plutôt le voir comme un complément utile pour ceux qui souhaitent poursuivre l’aventure proposée sur le disque, ou pénétrer un peu plus dans cet univers onirique.

CELLAR DARLING livre donc une prestation intéressante et surprenante, qui en fait une des surprises de cette année 2019. Les Suisses semblent avoir trouvé leur voie et ils prennent leur envol. "The Spell" est un bien beau disque, pas facile, qui demande à ce que l’on s’acharne un peu dessus pour en tirer toute sa substance. La formation réalise là un joli coup, qui confirme les bonnes dispositions entrevues sur "This Is The Sound". Il reste à voir si CELLAR DARLING enfoncera définitivement le clou, mais "The Spell" est déjà un très beau témoignage de leur talent. Et celui-ci, deux écoutes ne suffisent pas à le digérer.

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- Anna Murphy (chant, vielle à roue, flûte, claviers)
- Ivo Henzi (guitare, basse)
- Merlin Sutter (batterie)


1. Pain
2. Death
3. Love
4. The Spell
5. Burn
6. Hang
7. Sleep
8. Insomnia
9. Freeze
10. Fall
11. Drown
12. Love Pt Ii
13. Death Pt Ii



             



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