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- Style : Steven Wilson

GODSTICKS - Inescapable (2020)
Par DARK BEAGLE le 29 Mai 2020          Consultée 581 fois

Trois ans après un "Faced With Rage" qui avait vu le groupe radicaliser sa musique, les Gallois de GODSTICKS nous reviennent avec leur nouvel opus, "Inescapable" et sa pochette bleue qui répond étrangement à celle de son grand frère. Autant le dire tout de suite, le groupe ne va pas changer son fusil d’épaule et va confirmer la direction prise sur l’album précédent, sans apporter de grandes nouveautés. Les musiciens vont poursuivre leur route, sans se réinventer, mais la formule fonctionne toujours très bien. Dans l’univers fermé du Metal Prog, GODSTICKS sait tirer son épingle du jeu avec ses influences moins conventionnelles. Là où leurs aînés citent volontiers RUSH ou n’importe quel autre pionner des années 70, nos Gallois vont plutôt parler de Metal Alternatif.

Pour le coup, GODSTICKS va servir une entame aux petits oignons. Ne vous attendez pas à la pièce Prog par excellence, elle est pour plus tard. Non, la formation va ouvrir sur un morceau frondeur, direct au possible et très court également, puisqu’il fait un peu moins de quatre minutes. "Denigrate", c’est le single idéal. Non pas qu’il va attirer le grand public et exploser dans les charts (à moins que les membres du groupe ont tous de très grandes familles), mais c’est un petit condensé d’énergie à l’état brut, combiné à une technicité toute en finesse plutôt qu’en grosse démonstration. Si vous voulez, chez GODSTICKS, on aime les muscles, mais pas façon concours de culturisme à la DREAM THEATER avec lesquels on a l’impression de faire à chaque album le concours de Mr Univers. Ce n’est pas un étalage de démonstration qui finit par devenir stérile tant les plans sont éculés.

Avec GODSTICKS, tout est amené avec une certaine finesse. L’influence du Grunge est assez présente, des morceaux comme "Surrender" ou "Numb" renvoient quelque peu à l’esprit qui animait SOUNDGARDEN, parallèle d’autant plus facile que la voix de Darran Charles fait un peu songer à celle de ce regretté Chris Cornell. Mais pour autant, la musique ne se fait jamais traînarde. Plus soft, plus mélodique par moments, mais elle conserve une énergie qui lui appartient et qui s’accorde parfaitement à l’unité de l’album. C’est fait avec beaucoup de finesse et c’est cela qui permet à GODSTICKS de conserver toute sa superbe, avec une section rythmique du feu de Dieu.

Parce que si l’on considère "Change" comme étant le point pivot de l’album, le morceau incontournable que l’on ne peut rater avec ses neuf minutes et quelques que l’on ne voit d’ailleurs pas passer, on a compris ce qu’est le groupe. Passé des débuts plus policés, plus abordables, GODSTICKS a évolué, s’est fait de plus en plus dur, mais sans pour autant se dénigrer, renier son passé. Un morceau comme "Change", c’est le meilleur des deux mondes, où les parties énervées se marient à des passages plus aériens, tout aussi construits d’un côté comme de l’autre. L’autre exemple qui vient directement en tête est "Time", qui laisse place à de belles déferlantes. La réussite réside dans l’équilibre entre la virulence et les passages plus calmes.

En revanche, le disque n’est peut-être pas très bien équilibré, justement. Certains titres qui semblent bien soft sont alignés comme des perles, créant une espèce de petit ventre mou, qui ne tient pas vraiment la comparaison avec la seconde moitié de l’album qui se veut plus rêche, plus enlevée. Il manque un peu de jus et c’était justement ça qui avait fait le charme de son aîné, cet aspect Heavy que l’on retrouvait tout du long, cet aspect frondeur, véritable nouveauté qui avait pris une bonne partie des fans au dépourvu, mais qui s’avérait être au final la meilleur décision à prendre. Alors, GODSTICKS aurait-il déjà perdu tous ses moyens, aurait-il déjà tout dit dans ce domaine et ne serait-il voué qu’à régresser.

Quand on affine les écoutes, ce n’est clairement pas le cas. Il y a de la nervosité sous-jacente sur chaque morceau, parfois elle n’éclate pas, elle ne donne pas l’impression d’être présente, mais pourtant, en filigrane, elle respire, tapie dans l’ombre, ne demandant qu’à surgir ("Victim", toute en tension, s’avère au final vraiment très intéressante et surtout prenante). Sans parler de faux-semblant, GODSTICKS varie les plaisirs et s’arrange pour brouiller les pistes, jouant avec les constructions des morceaux pour apporter la sécheresse d’un riff ou la colère d’un solo que l’on n’attendait pas forcément et qui devient, à ce titre, une bonne surprise. Les Gallois sont malins, ils nous entraînent exactement là où ils veulent, privilégiant la mélodie, gardant la virulence bien au chaud pour apporter l’explosivité à l’ensemble ; ils caressent dans le sens du poil pour mieux l’arracher après.

"Inescapable" est un condensé de mélodie et des passages plus furieux, qui s’alambiquent parfaitement en une farandole puissante et racée. Le groupe se trouve une vitesse de croisière, il vit clairement sur ses acquis, mais il parvient encore à donner le change. Attention toutefois à ne pas trop rester sur cette voie, à trouver des moyens de rebondir, sinon la formule va vite devenir redondante. Pour le moment, GODSTICKS livre un très bon album, peut-être moins surprenant que son prédécesseur, mais qui n’en mérite pas moins qu’on lui porte notre attention. "Inescapable" est en quelque sorte la confirmation d’un talent, qui était sous-jacent sur les premiers efforts et qui a éclaté avec "Faced With Rage". Si vous êtes déçu par les derniers DREAM THEATER, penchez-vous sur ce groupe. Je ne peux pas vous faire la promesse d’un truc franchement Heavy, mais en matière de Prog élégant et racé, les Gallois se posent là.

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- Darran Charles (chant, guitare, claviers)
- Gavin Bushell (guitare, claviers)
- Dan Nelson (basse)
- Tom Price (batterie)


1. Denigrate
2. Victim
3. Relief
4. Surrender
5. Numb
6. Change
7. Breathe
8. Time
9. Resist



             



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