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2016 Disir
2017 Ancestors
 

- Membre : Blood Ceremony
 

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VÖLUR - Ancestors (2017)
Par WËN le 11 Septembre 2017          Consultée 2031 fois

Et de deux ! Quel autre groupe pourrait se targuer d'avoir déjà détenu par deux fois et en un si court laps de temps les clés de notre noire citadelle afin de s'arroger notre sélection hebdomadaire pour une seconde semaine d'hégémonie ? Pas sûr qu'ils soient nombreux (*), ni que nous eûmes pensé à un quelconque moment que c'était une formation canadienne (Toronto) à la notoriété somme toute confidentielle qui raflerait la mise… Car si vous avez un tantinet suivi l'activité de NIGHTFALL ces derniers mois, le patronyme de VÖLUR ne devrait pas vous être totalement étranger, et à juste titre puisque nous avions déjà eu la chance de vous parler de ce trio alors que l'année s'entamait à peine. Alors, oui, nous y parlions de "Disir" leur premier EP de 2014, réédité pour une parution cette fois-ci plus officielle (et surtout moins discrète que les 100 K7 originelles, merci PROPHECY PRODUCTIONS) mais de fait, à considérer dorénavant comme un véritable full-length.

Une sélection qui s'avérait à notre goût totalement méritée puisque le groupe que nous y découvrions alors savait nous présenter, grâce à divers artifices dont lui seul a le secret, une musique - mieux, une approche - certes expérimentale, mais pour le moins inédite et bluffante, et par conséquent, extrêmement rafraîchissante. Et c'est là, que vous nous retrouviez heureux de vous en toucher quelques centaines de mots, cette excellente découverte ne méritant pas, à coup sûr, de passer inaperçue.

Si cette fois VÖLUR vient chahuter la sélection à ses récents détenteurs davantage orientés Hard/Heavy/Thrash c'est, avouons-le, pour de toutes autres raisons que cette simple surprise qu’il ne manque encore de provoquer et, fatalement, de notre envie d’en exposer la teneur sur nos murs. Non, l’entité canadienne, a su tirer le meilleur de sa formule expérimentale déjà enivrante mais encore balbutiante présentée sur "Disir", peaufinant son art pour nous en livrer ici une version sublimée et maîtrisée dans ses moindres arrangements, des chœurs empathiques d’introduction de "Breaker Of Silence" aux ultimes réminiscences de "Breaker Of Famine". Car, même si le maître-mot demeure inchangé (aucune guitare chez VÖLUR, rappelons-le), l’évolution musicale du combo, en seulement trois années, est incroyable.

Pas de guitare, donc ! Et n'en venez pas à croire que la recette du combo en deviendrait plan-plan à un quelconque moment, que nenni. À base de basse/contrebasse et d'un violon, saturés ou non selon l'occasion, de différentes approches vocales tant masculines que féminines (éructations de bûcherons, énigmatiques chuchotements, chœurs) et d'une batterie qui saura tisser un mur de cymbales et autres fûts au gré du tempo qu’elle forge ; jamais la musique de VÖLUR n’en viendra à marquer le pas au cours des 53 minutes d’ébahissement sonore qu’elle nous érige ici. Dorénavant moins expérimentale puisque préférant rentrer plus rapidement dans le vif du sujet, la jeune formation sait s'affranchir des structures, réfléchissant désormais davantage en terme de progression. Chacune de ces quatre pistes embarquant d’ailleurs l’auditeur pour une froide randonnée en pleine nature saura, en tenant là toutes ses promesses, lui faire découvrir d’insoupçonnées et mornes beautés, dénudées par le charme engourdi de l’hiver ambiant.

Le disque sait prendre son temps pour démarrer puisque le groupe, au gré d’une basse hypnotique toute en rondeur et d’un chœur lointain, profite de l’introductif "Breaker Of Silence" pour soigneusement y ratisser sa vaste aire de jeu, montant progressivement en puissance par un jeu d’incantations successives, jusqu’à une entêtante mélodie finale au violon, toute saturation dehors. Au contraire d’un "Breaker Of Skulls", par exemple, qui bien plus âpre dès son entame ne saura guère tarder à nous enterrer sous des couches d’immondices via son growl bilieux et son violon grinçant avec toute la malsanité lui étant permise... Pour, sitôt passé un passage Doom de bon aloi marqué de cymbales toutes tribales, partir sans prévenir, explorer quelques contrées familières aux amateurs de SKUGGSJÁ ou WARDRUNA et nous en revenir pour un ultime assaut tout en lourdeur - mais ironiquement paré des cordes les plus oniriques du disque - lors d’une dernière et viscérale envolée qui saura assurément nous prendre aux tripes.

Le panel d’ambiances développées ici est donc large. Le groupe, en sachant allier émotions et puissance ne se refuse donc rien, pas même une inattendue et dévastatrice accélération (sur "Breaker Of Famine") qui, croyez-nous, ne saura laisser indifférent. De ces passages en apesanteur les plus intimistes et contemplatifs (parfois Folk, parfois simplement éthérés), à ces confins Sludge les plus tourbés et reculés, chaque élément ne révèlera ici sa véritable saveur qu’à un auditoire averti et méritant, celui-là même qui saura prendre le temps de s’en imprégner en laissant la magie faire son œuvre. La durée des pièces, jamais inférieure aux dix minutes, s’y prête aisément en laissant suffisamment de latitude à VÖLUR pour y développer ses rebondissements, mais également à l’auditeur pour s’y laisser happer. Ce sont justement ces différentes atmosphères ainsi intelligemment alternées qui font incontestablement la force des Canadiens, mais pas seulement. Le chant, dans toutes ses variations, utilisé ici comme un instrument - lead ou d’accompagnement - est aussi l’une de ses forces. Enfin, la production, autre grande artisane de cette réussite, est parfaite. Ronde, puissante, envahissante mais également finement ciselée, celle-ci sait mettre en valeur toutes les subtilités (et elles sont nombreuses) que recèle cet "Ancestors".

VÖLUR, avec ce second jet, nous offre donc un opus riche qui, même s’il était attendu, fait littéralement voler en éclat les doutes quant à la propension de ses géniteurs à savoir se renouveler et ne pas paresser sur cette première bonne impression qu’ils avaient su donner. En évitant le commode écueil du trop-expérimental (mais tout en conservant intacte sa force hypnotique) et en frappant là où nous ne l’attendions pas forcément (cette férocité, presque insoupçonnée jusqu’à présent), le trio nous livre une musique à la fois très forte et poignante, avec ce quelque chose d'immémorial et d'imperturbable paraissant avoir traversé des âges de pierres, de bronze et de fer, pour nous parvenir ainsi, inchangée ; sa rage, mais aussi sa beauté, conservées intactes.

Je ne sais pas pour vous, mais même si 2017 s'annonce déjà comme une année faste comme nous n'en avons plus connu depuis longtemps ; il se pourrait en tout cas que l’album trônant au sommet de mon top de ce premier semestre soit celui-ci. Rien de moins. Surtout, ne le laissez pas filer !

Note réelle : 4,5/5.

(*) Évidemment, tous diptyques (à l’image du "Sirius B"/"Lemuria" de THERION) sortis en un unique packaging, ne sauraient faire référence. Ma chronique, mes règles !

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- Lucas Gadke (basse, contrebasse, clavier, chant)
- Laura Bates (violon, alto, chant)
- James Payment (batterie, percus)


1. Breaker Of Silence
2. Breaker Of Skulls
3. Breaker Of Oaths
4. Breaker Of Famine



             



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