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EXTREME DOOM/DEATH  |  STUDIO

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ATARAXIE - L'Être Et La Nausée (2013)
Par WËN le 11 Mars 2014          Consultée 2464 fois

Vous l’aurez peut être remarqué, mais le Doom, qu’il soit Trad’, Death ou Funeral, n’est pas, et loin s’en faut, un style jouissant d’une grande popularité de par chez nous. Les grosses tournées européennes (récemment EVOKEN/OPHIS/EVADNE et prochainement ESOTERIC/PROCESSION/ISOLE) s’échinent à esquiver quasi-systématiquement nos contrées et nos dignes représentants du genre - tout du moins ceux n’ayant pas encore succombé, asphyxiés par leur propre désespoir - ne sont malheureusement pas légions ou alors se trouvent souvent cantonnés à des niches bien trop spécifiques pour fédérer en nombre les fans 'lambda' de Metal Extrême.

En ce sens, ATARAXIE, bravant les intempéries et les modes depuis plus de treize ans maintenant, fait presque figure d’exception et, s'affranchissant du joug des années, continue à nous abreuver, à son rythme, de productions sombres et torturées. Et "L’Être Et La Nausée" ne saurait déroger à cette institution. Cinq années se sont écoulées depuis "Anhédonie". Cinq années sans que les Rouennais ne soient inactifs pour autant, bossant notamment sur un split hommage à BETHLEHEM (avec IMINDAIN, 2009) et une compilation agrémentée de quelques raretés liées à leurs débuts ("Project X", 2011). Ce nouveau full-length marque donc le retour aux affaires, et en grandes pompes, de ce garant de notre patrimoine funèbre.

D'emblée, alors que s'égrènent, note à note, les funestes dissonances acoustiques de "Procession Of The Insane Ones", ATARAXIE nous emprisonne déjà, perfidement, dans son carcan musical d'une intransigeante insanité. C'est immobilisés, impuissants et résignés que nous nous laisserons emmurer vivants, coulés à même une chape sonore de misère et de folie, dès que s’abattront les guitares pachydermiques à la lourdeur de rigueur qui ne tarderont guère, sous leurs assauts répétés, à venir anéantir, un à un, tous nos repères. Assommés et asphyxiés, suffocant sous les décombres de notre lucidité passée, nous assisterons, abasourdis, au déchaînement des éléments, à une véritable tempête de riffs comme en a rarement essuyé le Funeral Doom. Et ce, à juste titre puisque ATARAXIE continue à explorer, avec assurance et véhémence, cette approche si particulière du Doom qui est la sienne. Ni pleinement Funeral, ni totalement Doom-Death, le groupe continue à nous délivrer une musique estampillée de sa griffe propre, oscillant habilement entre les deux variantes suscitées en alliant la profondeur et la puissance poisseuse du premier aux accélérations rageuses et ravageuses du second : nul besoin de se laisser labourer le visage par les sourdes accélérations de "Procession Of The Insane Ones" ou du cataclysmique "Dread The Villains" pour convenir de l'efficacité et du bien-fondé de la recette des Français.

Stylistiquement, c'est un fait, la serre de notre sombre volatile demeure immédiatement identifiable. Néanmoins ce dernier poursuit sa lente et transcendante métamorphose, se refusant à souffrir les affres de la stagnation. Il n’est d'ailleurs plus question ici d’une musique morne et peinte de différentes teintes de gris telle que celle gravée sur "Slow Transcending Agony" (2005) ou, dans une moindre mesure, sur son successeur. Non, les nuances, c'est pour les faibles, et "L'Être Et La Nausée", aux détours de sa lente mais nécessaire exploration, se révèle être une œuvre monochromatique, tissée à même le néant et fatalement brossée de noir et de jais, à l’opacité plus ou moins avérée selon les moments - les parenthèses acoustiques se substituant immuablement aux riffs accablants ("Procession Of The Insane One", "Face The Loss Of Your Sanity"). Cette nouvelle offrande ne laisse guère de place à la mélancolie. Les atmosphères développées y sont réellement suffocantes et l’auditeur, pris à parti, ne pourra en aucun cas se contenter de demeurer passif s'il souhaite sortir mentalement indemne de ces écoutes, ou ne serait-ce qu'y survivre. Bouté dans ses plus sombres retranchements, seul, isolé dans l'obscurité la plus totale, c'est en véritable acteur qu'il devra se comporter face à cette apathique et dramatique trame en cinq actes, car ici, l'abandon n'est plus une solution.

L'œuvre, soutenue par la qualité de la production, claire et d'une extrême précision, demeure néanmoins d'une édifiante densité. Tout y est sujet à suffoquer. Même "État D'Âme", le court et instrumental interlude acoustique, intervenant pourtant telle une pause salvatrice, va rapidement prendre une tournure introspective. Baisser la garde de notre vigilance ; sournoisement tapi, ATARAXIE n'attendait probablement que cela pour violemment nous propulser une nouvelle fois dans les cordes via les ruées Death Metal de "Dread The Villains". Et c'est de la même manière que nous nous ferons de nouveau malmener en plein break de "Nausée" lorsque le groupe décide de stopper net nos élucubrations en lançant, haut et fort, un riff énorme agrémenté d'un growl impartial dont lui seul a le secret. Idéal pour anéantir les derniers restes de notre humanité.

"L’Être Et La Nausée", est un album poisseux et suffocant, ce type-même de disque qui vous prend d’emblée à la gorge, pour ne plus vous lâcher. ATARAXIE ne nous livre pas là un album facile d'accès, loin s'en faut. L'apparente impression de similitude et de répétition entre les schémas (là un passage acoustique, là une accélération aux blastbeats, ici du chant francophone désespéré, etc) renforce encore le côté glauque de l'œuvre et ne se dissipera qu'avec une immersion totale dans ses méandres torturés. Cela ne sera pas nécessairement chose aisée et, par cette disposition à déstabiliser de prime abord, cette nouvelle offrande ne saura définitivement pas convenir à tout le monde. Mais pour peu que l'on sache s'y perdre, alors là…

NB : Un ultime au revoir à Sylvain qui, après treize années consacrées au groupe, a récemment annoncé son départ. Bonne continuation à lui. Aux dernières nouvelles ATARAXIE lui a trouvé deux successeurs et passe ainsi à une formule à trois guitaristes.

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- Jonathan Théry (chant, basse)
- Frédéric Patte-brasseur (guitare)
- Sylvain Estève (guitare)
- Pierre Sénécal (batterie)


1. Procession Of The Insane Ones
2. Face The Loss Of Your Sanity
3. États D'Âme (instrumental)
4. Dread The Villains
5. Nausée



             



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