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DOOM TRAD ÉPIQUE  |  STUDIO

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- Style : Candlemass, Isole, Solstice
 

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PROCESSION - To Reap Heavens Apart (2013)
Par WËN le 16 Décembre 2013          Consultée 2980 fois

De par sa musique émaillée de sonorités taillées à même la roche andine, PROCESSION avait surpris la petite communauté Doom Metal, courant 2010, avec un "Destroyers Of The Faith" ambitieux et tellurique qui revendiquait clairement ses origines sud-américaines en confrontant l’auditeur à l’immuabilité des massifs chiliens, immenses et farouches, tant implacables qu'imperturbables face aux éléments déchaînés. En bravant ainsi fièrement les rafales australes et les pluies torrentielles, le groupe nous proposait ainsi un disque honnête mais encore perfectible, baigné de cette sombre aura toute particulière au genre.

Trois ans s’écoulent et voilà que nous revient déjà, prêt à en découdre et une nouvelle offrande coincée dans le ceinturon, le plus suédois des groupes chiliens. Oui, car PROCESSION n’a jamais cherché à dissimuler son affection pour les Grands Anciens du DoomTrad’ scandinave, CANDLEMASS en tête, ou leurs récents rejetons (citons ISOLE et GRIFTEGARD). Heureusement, les influences du combo ne sauraient se limiter à une scène géographique particulière (la consanguinité n'ayant jamais été force d'évolution) mais se trouvent en réalité diffuses sur tout le vieux continent, de la perfide Albion (SOLSTICE) aux contrées septentrionales de la sévère et maternelle Russie (SCALD).

Petits accommodements pratiques oblige, Felipe Plaza (chant, guitare) a su mettre à profit ce délai pour quitter son Chili natal et s’installer en Suède, lui permettant ainsi de joindre les bouts quant à ses diverses activités musicales (un EP de Doom/Power avec le groupe VEIN). Détail qui revêt tout de même son importance, puisque la mouture 2013 de PROCESSION se voit ainsi renforcée des arrivées de Jonas Pedersen (guitare et mix) et Uno Bruniusson (batterie), comparses de jeu de Plaza au sein de VEIN et qui vont jouer un rôle radical dans la transformation du son de la formation.

Car, PROCESSION évolue, c'est un fait. Et pas juste d'un de ces petits soubresauts irréguliers que seule la nature sait tenter à tâtons, non, nous parlons réellement ici d'un bond en avant, d'un partage de bagages musicaux pour cet accouplement, réfléchi et assumé, qui n'a donc rien de contre-nature. Les influences développées (testées ?) sur "Crux Calvaria" (l'EP de VEIN) se ressentent belles et bien ici mais mariées avec la base sonore de PROCESSION, moins Heavy Metal, il en ressort une formule bien plus épique que nous ne pourrons taire plus longtemps. Certes, la saveur rugueuse, terne et poussiéreuse de son prédécesseur s'éclipse sur ce disque ; et même si musicalement le groupe demeure en terrain conquis, ce regain d'epicness dont il nous abreuve ici, le transcende, transformant ce "To Reap Heavens Apart" en véritable épopée montagnarde, qui giflera l'auditeur d'une brise fraîche en droite provenance des vallonnés alentours. Ecoutez-moi ce "Damnatio Memorae" d'introduction, toute basse dehors, et cet enchaînement sur le riff d'ouverture d'un "Conjurer" tout en retenue mais qui en évoque tant par sa lourdeur. Écoutez-moi ce chant incantatoire caractéristique sur les refrains du titre éponyme, et si nous les scandions ensemble ? Écoutez et profitez de ces parties solistes sur "Death And Judgement" et de cette basse qui ponctue admirablement les couplets (l'instrument jouera décidément un rôle primordial tout au long du skeud), ça ne vous retourne pas, ça ? Dites-vous que la quasi-totalité de ce nouveau leg, est de cet acabit : épique, Doom et puissant.

Alors que la production n'avantageait pas forcément le groupe sur l'album précédent (chant trop mis en avant), elle est cette fois-ci parfaite pour ce que veut retranscrire PROCESSION qui, d'une manière générale, se montre également moins timoré qu'auparavant et prouve qu'il maîtrise son sujet. Cela se ressent dans les compositions elles-mêmes, peu nombreuses mais relativement longues (cinq plus une introduction, dont la moitié dépassent les huit minutes), qui aiment à laisser place à des envolées instrumentales tout bonnement jouissives. Pourtant, pour être franc, il s'en est fallu d'un poil de cul de lama, pour que ce disque échappe à notre sélection hebdomadaire, la faute, suite à ce poignant "The Death Minstrel" (narré par A.A. Nemtheanga de PRIMORDIAL, sur la base d'un poème de Rainer Rilke) à cet ultime "Far From Light" qui tend à s'éterniser quelque peu, mais alors vraiment peu, et faire redescendre ainsi notre taux de testostérone. Mais avec le recul, l'effort fournit par le groupe est tel qu'il serait dommage de le blâmer pour quelques minutes de trop. Preuve en est : cela fait quelques mois que j'y reviens très régulièrement.

En somme, PROCESSION nous livre ici un disque d’une classe putassièrement phénoménale, épique et bourré de feeling, qui du long de ses 45 minutes évite de justesse le piège fatidique du morceau de trop, sachant ainsi garder l’auditeur potentiel en haleine du début à la fin de l'opus. Auditeur qui ne manquera pas, en participant tout du long, de s'époumoner plus d'une fois, signe de bonne santé mais aussi que les Suédo-Chiliens ont réussi leur pari et qu'ils ont toutes les cartes en main pour encore se surpasser sur un prochain disque.

Un 4/5 amplement mérité. Limite sévère, même.

NB : À noter une pochette magnifique n'allant pas sans évoquer l'œuvre de Turner, qui renforce encore l'élan provoqué par le groupe. En revanche, et c'est bien dommage nous regretterons le livret si difficile à lire (les 'u' et les 'v' étant interchangés, les 's' ressemblant à des 'f' …)

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- Felipe Plaza (guitare, chant)
- Jonas Pedersen (guitare)
- Claudio Botarro Neira (basse)
- Uno Bruniusson (batterie)
- A.a. Nemtheanga (invité - narration)


1. Damnatio Memorae (instrumental)
2. Conjurer
3. Death And Judgement
4. To Reap Heavens Apart
5. The Death Minstrel
6. Far From Light



             



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